RÂLES SONORES
soit à des mucosités amassées dans ces conduits, soit plutôt à un gonflement de la muqueuse.
Mais si cette tuméfaction était la cause habituelle du phénomène, celui-ci devrait être constant comme la lésion elle-même, qui ne peut changer d'un moment à l'autre. Or, Texpérience démontre que le râle est sujet à de fréquentes intermittences et qu'il varie à chaque inslant de siège, de force ou de caractère. Il nous semble donc plus naturel d'en attribuer surtout la cause aux sécrétions morbides de la membrane muqueuse, lesquelles peuvent se déplacer et disparaître comme le phénomène, et présentent de grandes variétés sous le rapport de leur quantité et de leur nature. Ces mucosités, quand elles sont peu abondantes et visqueuses, forment, dans les tuyaux bronchiques, des obstacles qui font vibrer l'air au moment de l'inspiration et de l'expiration, de manière à donner lieu aux nuances multiples du râle sonore; ces différences de timbre et de ton paraissent d'ailleurs dépendre des différences de diamètre des canaux où le phénomène se produit.
Ajoutons que, dans certaines circonstances, l'intensité des râles sonores, du sibilant surtout, est tellement prononcée, que l'on est conduit à faire intervenir, comme cause adjuvante, un spasme des bronches dû à la contraction des fibres musculaires qui entrent dans la texture de leurs parois.
Signification pathologique. — Le râle sonore peut être entendu dans plusieurs maladies de l'appareil respiratoire : ce sont les phlegmasies
BRUITS ANOMAUX.
OU les catarrhes des bronches, soil aigus, soit chroniques, lorsque la sécrétion morbide de la membrane muqueuse est peu abondante ou n'est point encore établie. C'est souvent aussi V emphysème pulmonaire, et, dans des cas très rares, la compression des conduits aérifères par des tumeurs situées sur leur trajet. Ces états pathologiques différents ont un élément commun, savoir le rétrécissement momentané ou permanent dans tel ou tel point des voies aériennes, et il en résulte un phénomène unique au fond, mais qui oflVe des variétés en rapport avec ces diverses maladies.
Diagnostic raisonné. — Dans la bronchite aiguë, le râle se montre le plus souvent avec les principaux caractères que nous avons énoncés. Entendu dans l'expiration et dans l'inspiration, il est plus prolongé dans celle-ci, qui a conservé sa longueur normale. D'abord très musical, dans certaines formes spasmodiques surtout, il diminue graduellement d'intensité, et, la membrane muqueuse des bronches s'humectant de plus en plus de liquides, il finit par se mélanger de rhonchus sous-crépitant qui le remplace ensuite tout à fait. Il retentit presque toujours dans tous les points de la poitrine, local seulement dans les bronchites très circonscrites. Il suit assez régulièrement la marche de la phlegmasie, dont il marque jusqu'à