‹ Traité pratique d'auscultation, suivi d'un précis de percussion [electronic resource]Chapitre 19 sur 81 · CRAQUEMENTS, FROISSEMENTS · texte numérisé non relu

CRAQUEMENTS, FROISSEMENTS

lants, fugilifg, s'entendant par intervalles, puis disparaissant après une secousse de toux ou par toute autre cause, pour se reproduire un peu plus tard avec les mêmes caractères ou diversement modifiés.

Ils ont leur siège habituel au sommet de la poitrine et se rattachent aux phases avancées de la tuberculisation pulmonaire.

Le bruit de froissement semble produit par le frottement des fausses membranes épaisses qui coifTent si souvent le sommet des poumons tuberculeux.

Les cris, les gémissements ] paraissent dus à l'expansion et au retrait de cavités à parois élastiques où l'air pénètre et d'où il s'échappe avec bruit par un orifice étroit, et ils se rencontrent d'ordinaire concurremment avec d'autres signes évidents de cavernes tuberculeuses (râle et souffle caverneux, pectoriloquie)-

Le bruit de soupape, qui se produit avec un peu plus de constance que les ans, semble avoir pour cause la soudaine irruption d'une colonne d'air dans une excavation du poumon, avec brusque déplacement d'un obstacle qui bouchait l'orifice de la cavité morbide, comme ferait un fragment de tissu pulmonaire en grande partie détaché par un travail ulcératif et tenant encore aux parois de l'excavation par un mince pédicule.

184 BRUITS ANOMAUX.

Quoi qu'il en soit de ces diverses inlerprélations, que nous ne formulons du reste qu'avec réserve, il résulte pour nous d'une longue expérience que le bruit de soupape, comme les cris plaintifs perçus au sommet de la poitrine, indiquent l'existence d'excavations tuberculeuses, sans que, d'ailleurs, on doive conclure de l'absence du phénomène à l'absence de la lésion anatomique.

Quant au bruit de tremblotement, de cl7'apeau, il ressemble, comme nous l'avons dit, à celui que produirait un voile mobile et il paraît se lier à la présence, dans les grosses bronches et la trachée, de lambeaux pseudo-membraneux détachés en partie de la muqueuse et agités dans ces conduits par l'entrée et la sortie de l'air. Il pourrait, dans les cas tout à fait exceptionnels où il se manifeste, indiquer l'existence (ïuno'oiip trachéo-bronchique (1).

Reste un autre bruit anomal signalé plus haut, et qui, par sa fréquence plus grande, ses caractères mieux tranchés, et son importance majeure pour le diagnostic, mérite une description spéciale : c'est le bruit désigné sous le nom de craquements pulmonaires.

(1) Voy. Auscultation du larynx.

Page 1