‹ Traité pratique d'auscultation, suivi d'un précis de percussion [electronic resource]Chapitre 24 sur 81 · FLUCTUATION THORACIQUE · texte numérisé non relu

FLUCTUATION THORACIQUE

peut lircr de la succussion bippocralique.

Pour obtenir le bruit de fluctuation tboracique, on pourrait suivre exactement le procédé indiqué par Hippocrate; mais souvent il suffira défaire mettre le malade sur son séant et de l'engager à remuer lui-même le tronc brusquement tandis qu'on ausculte; ou bien, pendant que l'oreille est appliquée au thorax, on place les deux mains sur les épaules du sujet, et on lui donne de légères secousses.

Caractères. — Dans l'état phj'^siologique, la succussion ne manifeste aucun bruit dans la poitrine ; mais, dans certaines circonstances pathologiques, on entend un cliquetis produit par le choc d'un liquide, et parfaitement semblable au bruit que l'on détermine en agitant par des secousses brusques une carafe à moitié remplie d'eau. — Ce phénomène tout particulier offre d'ailleurs des degrés variables d'intensité et de timbre, suivant les proportions respectives du liquide et de l'air contenus dans la cavité où il se produit, et suivant la force des secousses communiquées au tronc. Souvent il se manifeste pendant les mouvements spontanés des malades; il est quelquefois assez bruyant pour être perçu à distance : il peut être senti et entendu par le malade lui-même. Laennec tenait du chirurgien Boyer l'histoire d'un jeune homme qui, lorsqu'il descendait un

escalier, entendait d'une manière très distincte dans sa poitrine un bruit de (lot. Nous avons observé nous-mêmes plusieurs malades qui disaient sentir évidemment les mouvements d'un liquide dans leur poitrine.

Diagnostic différentiel. — Chez quelques individus dont l'estomac est dilaté par des gaz et des liquides, surtout chez les malades atteints de rétrécissement du pylore, on entend parfois, lorsqu'ils se remuent, ou qu'on donne des secousses au tronc, un gros gargouillement plus ou moins sonore. On pourrait, faute d'attention, confondre ce bruit avec celui de la fluctuation tlioracique; mais l'erreur sera facile à éviter, en auscultant alternativement sur le thorax et sur la région de l'estomac. On s'assurera, par ce moyen, que le point de départ du bruit est différent dans les deux cas, et que le phénomène se lie à des conditions matérielles analogues, il est vrai, mais dont le siège et la valeur diffèrent essentiellement.

Cause p/iy:>ique. — Pour que le phénomène dont il s'agit se produise, il f-aut qu'il existe dans la poitrine une vaste cavité contenant ;i la fois du liquide et du gaz; el le bruit de llol est dù aux vibiations sonores que délerniinoul le choc du liquide et la collision de ses molécules. La présence d'une nolable quantité d'air est une condition essentielle : le bruit n'a point lien si lacavilé rcnfernu- exclusivement du

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