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MALADIES DE L'INTESTIN, DU FOIE

manifeste parfois dans un point limité de l'intestin, surtout dans la fosse iliaque; c'est une espèce de gargouillement plus ou moins distinct, qui d'ailleurs est perçu à la fois par l'oreille à distance, et par la main qui le développe. Ce phénomène indique la présence simultanée de liquides et de gaz intestinaux, et quand il est manifeste dans le cœcum, il peut concourir, avec d'autres signes, au diagnostic de la fièvre typhoïde.

L'auscultation pourra encore servir, dans les cas de hernie^ à déterminer la nature des parties déplacées; si par exemple, dans une tumeur herniaire, il se produisait sous la pression des doigts un gargouillement perceptible à l'oreille, ce serait un signe certain d'entérocèle.

Chez une malade observée par nous à l'hôpital de la Charité, et qui était affectée d'un cancer du côlon descendant, l'auscultation permit de préciser la nature d'une petite tumeur développée tout à coup dans l'aine gauche et s'étendant, an-dessous de l'arcade crurale, à la partie supérieure et interne de la cuisse : cette tumeur, sonore à la percussion, donnait à la main une crépitation manifeste, et, en la comprimant avec le stéthoscope, on y déterminait des craquements plus évidents, une espèce de gargouillement et un bruit particulier annonçant le passage de gaz intestinaux h travers un

orifice étroit. Il fut facile de diagnostiquer, d'après ces signes physiques, Texistence d'une perforation intestinale que démontra la nécropsie.

Foie et vésicule biliaire. — « Je pense, disait Laennec, que le stéthoscope pourra faire reconnaître les abcès du foie, et les kystes hydatiques formés dans ce viscère, lorsqu'ils viendront à s'ouvrir, soit dans l'estomac ou les intestins, soit dans le poumon, comme on en a vu quelques exemples (l).

(1) Le professeur Williams a rapporté l'observatiou intéressante d'un malade qui avaitprésenté, pendant la vie, une tumeur située au-dessous des fausses côtes droites, tumeur d'abord solide, puis molle, élastique, sonore à la percussion, donnant à l'oreille un bruit de gargouillement, et nième un tintement métallique par les secousses de la toux ou par une percussion plus forte; à l'ouverture de cette tumeur , il s'échappa une matière brunâtre mêlée de pus et de gaz fétides. A l'autopsie, ou constata l'existence d'un vaste abcès formé aux dépens du foie, à la face antéro-supérieure de sou lobe droit, et dans le fond de la poche purulente ou découvrit le côlon qui communiquait avec elle par deux perforations ulcéreuses {London med. Gaz. décembre 1845, et Arcli. gén. de méd., 1846, t. X, p. 211).

Le docteur Spaerer a rapporté pareillement l'observation d'un jeune homme de dix-neuf ans, atteint de douleurs lombaires, avec tension de tout le liane droit, expectoration de pus, ûèvre hectique, etc., chez lequel une profonde inspiration déterminait, au niveau de 3'hypochontlre, un râle analogue au garyouillcmenl. A l'aiitopsie on trouva le rein droit profondément altéré et converti eu une poche remplie de pus communiquant avec le foie au moyeu d'un canal qui le travcr-

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« Dans les deux premiers cas, en pressant l'abdomen dans la portion molle de l'hypochondre droit, on obtiendra probablement un gargouillement manifeste, dû à l'introduction des gaz intestinaux dans l'excavation du foie. Dans le dernier, c'est-à-dire dans le cas de communication fistuleuse de l'abcès du foie avec les bronches, je ne doute pas que l'on n'obtiennela toux et la respiration caverneuses, le râlede même nature, peut-être même la transmission de la voix à travers le tube du cj'lindre, et, si l'excavation était très vaste, le tintement métallique. >>

L'observation clinique a démont-ré la justesse de ces prévisions, et plus d'une fois il a été donné de reconnaître par les signes stéthoscopiques précités l'existence d'une communication anomale établie entre le foie (ou même d'autres organes contenus dans l'abdomen) et les voies respiratoires (1).

Mais ce n'est pas seulement à cette période avancée des affections du foie que l'auscullation peut être utile : elle servira quelquefois au diagnostic de tumeurs diverses de la région hépatique, qui n'auraient aucune communica-

sait en totalité et qui, pénétrant (i travers le diaphragme, s'ouvrait dans une bronche du lobe inférleui^ <lu poumon (Arch. gén. de mécL, mai 1842, p. !)7). (t) Voir la note 3 do la page 180.

lion soit avec les cavités digeslives, soit avec les voies aériennes : c'est ainsi qu'elle pourrait contribuer à révéler l'existence d'un bjsle Ivjdalique, en faisant percevoir (avec l'oreille aussi bien qu'avec la main) une espèce de fré- Diùsement particulier produit par la collision des hydalides. L'intensité du bruit, son degré de proximité, indiqueraient si le kyste est près ou loin de la surface convexe du foie, et conséquemment éclaireraient sur la possibilité de l'attaquer par la ponction avec des cbances suffisantes de succès.

L'auscultation concourra également à faire reconnaître de simples changements dans le volume du foie, en permettant de préciser avec exactitude les limites qui le séparent des organes Ihoraciques. En effet, si, en l'absence de signes de lésions pulmonaires ou pleurales, et sans déplacement de bas en haut du bord hépatique inférieur, on constatait au bas de la poitrine, à droite, le silence du murmure respiratoire jusqu'à un niveau plus élevé qu'à l'ordinaire, on devrait en conclure que le foie est hypertrophié (I).

(I) Dans uu travail récent {Berl. klin. Wochenscln:, 188G), M. le professeur Erb, découvrant à nouveau le frollemcnt périlonénl de Després et de Spittnl, a appelé i'atteulion sur certains cas dans lesquels la conslatation de ce phénomène au niveau du foie a permis de diagnosliqucr une pcri/iépalite, qui saus cela aurait pu

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Dans certains cas de calculs biliaires, on plaçant le stéthoscope (en même temps qu'on exerce de légères pressions) sur la région correspondante à la vésicule, il sera possible d'entendre de la crépitation, produite par le frottement réciproque des concrétions calculeuses. Lisfranc, qui le premier signala ce fait (1), a réussi à déterminer ce bruit de collision chez un sujet dont le foie débordait les fausses côtes et chez lequel, après la mort, on trouva plusieurs calculs dans la vésicule biliaire.

Sur un malade, dont Martin-Solon a publié l'histoire (2), la région de la vésicule médiatement auscultée communiquait à l'oreille, pendant les fortes expirations, une crépitation résultant du choc de calculs multiples, et ce choc était en outre sensible à. la main; cinq calculs furent rejetés par les selles, et à une exploration répétée quelques jours après, il fui impossible de retrouver, soit avec les doigts, soit avec le stéthoscope, la sensation du froissement qui avait été distinctement appréciée.

être coufouduB avec une. cirrhose. Sans nier l'utilité du signe en cinestion dans certaines circonstances, nous croyons qu'on aura hicu rarement l'occasion d'y recourir: la périhépatite est une affection peu commune, et les cas où elle a pu déterminer les symptômes d'une cirrhose sont tout à fait exceptionnels.

(t) Mémoire sur de nouvelles applicalions du stéthoscope, août 1823.

(2) bulletin de thérapeutique, 1849, t. XXXVI, p. :]00.

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Rate. — L'auscullalion n'a, jusqu'à ce jour, appris que peu de chose sur les affections d& ce viscère. Selon M. le docteur Rœser (1), « dans le plus grand nombre des cas avancés d'engorgement de la rate, on entend un bruit de souffle de l'artère splénique bien distinct d'un souffle qui aurait son siège dans l'aorte ; on trouve plus rarement un bruit continu, veineux. — Dans les cas où ce bruit de souffle manque, il faudrait en attribuer l'absence à la situation profonde de l'artère splénique, masquée par la rate ellemême. — Ce bruit de souffle sert comme signe diagnostique, s'il s'agit d'une tumeur douteuse avec laquelle l'hypertrophie de la rate pourrait être confondue (2). »

Reins. — L'auscultation servira-t-elle au diagnostic de quelques affections des reins? On peut supposer que dans un cas de calculs multiples en contact dans l'un des bassinets, une pression exercée par la main sur la région lombaire correspondante ferait entendre un frottement dû aux rugosités de ces concrétions;

(I) Bulletin de l'Accut. de méd., t. XXVIH, p. 18.

(r2) Dans im travail récent, le prolesscur Bouchard ai fait connaître cinq observations personnelles de souffle splénique, dont trois imputables à une tuméfaction de la rate par cirrhose du foie, le quatrième à une grosso rate d'apparence leucémique et le cinquième a de la congestion splénique en relation avec un gros foie chez un obèse. (Cm//, delà Soc. clin, de Paris, i. XII.)

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