I. — Bruits aortiques
Dans les maladies de l'aorte, l'auscultation révèle tantôt un bruit unique, constitué, soit par un bruit de souffle, de riqoeoade scie, soit par un bruissement plus ou moins prolongé ; tantôt un bruit double analogue à celui du cœur, ou bien un souffle double, ou bien enfin un claquement précédé ou suint d'un souffle. — De ces bruits divers, les uns ne sont que la transmission de ceux qui se passent dans le cœur; les autres sont des bruits intrinsèques.
En général, les bruits morbides sont doubles sur l'aorte thoracique, et simples sur l'aorte abdominale. Ils peuvent signaler des lésions nombreuses, soit de l'orifice même de l'aorte, telles que des rétrécissements ou des insuffisances, soitde l'intérieur •du vaisseau, telles que des dépôts pseudo-membra- •neux, cartilagineux, des incrustations calcaii es, ossiformes, des érosions de la tunique interne, des rétrécissements, des dilatations, des anévrysmes en poche ou des anévrysmes variqueux.
Les signes des rétrécissements et des insuffisances de l'orifice aortique ayant été exposés plus haut, rappelons seulement ici les phénomènes propres aux maladies du vaisseau lui-même.
Un souffie rude ou bruit de râpe perçu exclusivement sur le trajet de l'aorte, dans une grande étendue, révèle l'existence, à la surface interne du
058 RÉSUMÉ DES SIGNES STÉTllOSCOPIQUES.
vaisseau, de rugosités qui dépendent de concrétions fiijrineuses récentes, s'il y a fièvre, et de plaques cartilagineuses ou calcaires, s'il y a coïncidence d'apyrexie, surtout cliez un vieillard dont l'artère radiale paraît indurée. — Un souffle doux, perceptible sur tout le trajet de l'aorte pectorale, serait plutôt un signe de chloro-aïunnic, s'il coïncidait avec un bruit analogue dans les vaisseaux du cou. — Un souffle aortique, borné à une petite étendue, pourrait faire soupçonner un rétrécissement local du vaisseau, surtout si l'on constatait simultanément des pulsations énergiques des artères nées au-dessus de la portion rétrécie.
Un bruit de souffle ou de râpe perçu au premier temps, derrière le sternum, avec malité dans le même point et frémissement cataire (sans tumeur), serait l'indice d'une dilatation de l'aorte oseendante ; et si ce bruit était suivi d'un souffle au second temps, on pourrait en induire qu'il y a en outre insuffisance des valvules aorliques.
Un souffle systolique et un bruissement diastolique, indépendants des bruils du cœurresiés naturels, rendraient probable l'existence d'une por/ic anévrysmale dans laquelle le sang entre, et d'où il sort avec bruit. Le diagnostic sera plus certain si aux phénomènes stétboscopiques se joigneni* de la matité, du frémissement vibratoire, de l'impulsion ; et il ne restera plus aucun doute si l'on voit apparaître dans le même point une tumeur pulsatile.
Un claquement double, analogue au double bruit du cœur, ayant son maximum d'intensité au niveau d'une tumeur agitée de mouvements d'expansion moins manifestes, ferait penserqu'il s'agit d'un Srtc nnvvrysmal rempli de vaillolii sanguins strulifu's. —