ESTOMAC
certain degré de sensibililé à la pression dans la région épigastrique; très obtuse dans le catarrhe simple, celte sensibilité devient extrêmement vive en cas d'ulcération des parois : un point douloureux net, bien localisé, au voisinage de l'appendice xiphoïde et en arriére, au niveau de la dixième vertèbre dorsale, est le signe habituel d\mulcé)-e simple de l'estomac; la douleur à la pression est-elle très superficielle et assez aiguë pour que le moindre contact arrache des cris au malade, on soupçonnera un certain degré péritonite en rapport avec l'ulcération.
Quand il existe une dilatation de Vestomac avec tlaccidité des parois et rétention de liquides et de gaz, une pression brusque et alternative des deux mains, pratiquée à gauche et au-dessus de la région ombilicale, manifeste un bruit de flot à timbre métallique. Si l'ectasie est considérable, on détermine facilement ce même bruit en secouant le malade avec les mains apposées aux crêtes iliaques et en communiquant ainsi au tronc de courtes oscillations.
La recherche des tumeurs dont l'estomac peut être le siègi; otTre souvent de grandes diflicultés. C'est ici surtout qu'il faut se garder des erreurs oii pourrait induire une contraction partielle des muscles droits. On procédera avec lenteur : commençant par le creux de l'épigastre qui correspond au pylore et à la petite tubérosité, on porte ensuite les mains à gauche et un peu eu bas, dans la direction présumée de la grande courbure; et par de petits coups secs on s'assure du degré de souplesse des parties profondes. Quand on a la sensation d'une résistance, on s'arrête et, déprimant les parois avec plus de force, on tâche de saisir la
tumeur entre les doigts de chaque main, afin d'en délimiter la forme, le volume, les inégalités. 11 faut se demander si elle n'appartient ni au foie, ni à l'épiploon, ni au côlon transverse. Eniin on s'etforce d'en déterminer la nature, et surtout d'établir s'il s'agit d'un cancer, point sur lequel on sera éclairé par les antécédents du malade et par la marche des symptômes (1).
B. Intestin grêle. — Dans la plupart des cas, la palpalion de l'intestin grêle se confond avec celle de l'abdomen en général et les modifications de volume, de forme, de tension du ventre, sont dues principalement à l'état de cette portion du tube digestif. 11 existe pourtant un certain nombre d'affections locales de l'intestin qui ne se traduisent point par des phénomènes extérieurs bien évidents et qui peuvent être décelées par la palpalion.
Dans Venléritc simple ou hiherculeuî^c, les anses intestinales présentent au lieu de leur élaslicilé ordinaire, une certaine flaccidité pâteuse avec sensibilité sourde à la pression. Si le contact des doigts éveille des douleurs plus vives en certains points, toujours les mêmes, on devra soupçonner des ulcérations dont la nature sera révélée par l'élat général du malade.
(1) Rappelons que. dans des cas e.vceptiouucls, l;i présence d'un corps étranger volumineux dans la cavité de l'estomac a pu se manifester par luie saillie appréciable ;ï la palpation. Il en ét;iit ainsi dans le l'ait, cité par Lascgue, d'un individu qui avait avalé une fourchette. Celle-ci pouvait être non seulement sentie à travers les parois abdominales, mais encore saisie entre les doigts « comme une noix dans un sac ". ce qui permit de procéder presque sans hésitation à la gastrotomie.