FOIE
La palpalion de la région postérieure du foie, rendue difficile par l'épaisseur de la paroi loniboabdorainale, et par les fausses côtes, donne peu de résultais : cependant on arrive parfois à reconnaître une voussure plus ou moins marquée, avec tension et plénitude de l'hypochondre, qui indique l'augmentation de volume du gros lobe; dans quelques cas même où il y a, dans ce lobe, une lésion limitée, un kyste ou un abcès par exemple, on peut découvrir une saillie circonscrite, avec élargissement d'un ou de plusieurs espaces intercostaux et sensibilité à la pression; mais l'apparition de ces signes est ordinairement tardive.
Dans les déplacements du foie, sans altération propreraeiit dite, l'intégrité du tissu hépatique se révèle par le genre de douleur que la pression fait naître, douleur sourde, toute particulière, un peu angoissante, comme celle que détermine le palper du rein ou du testicule'. Il en est ainsi quand le foie €st abaissé par le fait d'un épanchement abondant de la plèvre droite; il en est de même dans les déformations consécutives à \ai conslriction prolongée du cornet et caractérisées par l'élongation de la partie antérieure du lobe droit, sous forme d'une lame mince, en spatule, qui peut descendre jusque dans la fosse iliaque droite, et qui, par sa mobilité,- est parfois confondue avec un rein flottanl.
La congestion aiguë du foie détermine un accroissement de volume uniforme avec sensibilité sourde .à la pression, douleur dans l'épaule et le long du nerf [)hréiii(iue. — Y a-t-il hépalUe suppurce, on constate une rénitence ordinairement limitée à'i'uii des lobes et plus souvent au lobe droit, avec tension de l'hypochondre, voussure des derniers espaces intercostaux, douleur fixe, exaspérée par la pression
PALPATION
sur le point le plus saillant; quelquefois il exisl& au même point un léger œdème de la paroi, et une palpation attentive des deux mains permet de reconnaître une fluctuation profonde.
La cirrhose hypertrophiqiie donne la sensation d'un bloc dur, peu mobile, à surface ordinairement lisse; son bord inférieur, tranchant, ferme et résistant comme du cuir, présente nettement la scissure qui correspond à l'insertion du ligament falciforme, et plus à droite la fossette moins profonde où est logée la vésicule biliaire; il est fortement abaissé et atteint parfois le niveau de l'ombilic. — Dans ïhépatile syphilitique\e foie est déformé; souvent on a peine à distinguer l'un ou l'autre lobe, et sur les portions accessibles on sent des dépressions, des cicatrices anfractueuses. — Le foie cardiaque est arrondi, légulier et comme globuleux, un peu sensible à la pression; sa surface est lisse et rénitente; lorsqu'd existe une insuffisance tricuspide avec régurgitation veineuse, les mains fortement appliquées au-dessous de l'arcade des fausses côtes sont soulevées par des pulsations très nettes (battements hépatiques), isochrones aux battements du cœur. — Le foie gras est volumineux et flasque; sa face antérieure lisse s'étend jusqu'à l'ombilic et parfois le dépasse ; son bord inférieur mousse n'ofïre aucune inégalité, aucune Assure et semble amolli el tuméfié comme le reste de l'organe.
Les tumeurs du foie ne deviennent appréciables que lorsqu'elles ont pris un développement assez grand pour le déformer notablement : c'est ce qm arrive dans le cancer hépalique et surtout dans le cancer secondaire, caractérisé par des nodos.les d'abord isolées, puis cohérentes, qui viennent fane saillie à la surface de la glande, sous lornie de lu-