‹ Traité pratique d'auscultation, suivi d'un précis de percussion [electronic resource]Chapitre 69 sur 81 · VESSIE · texte numérisé non relu

VESSIE

Ainsi Yhydronéphrose se manifeste sous la forme d'une tumeur ovoïde, à grand axe longitudinal, à surface irrégulière el bosselée, à consistance tantôt ferme et rénitenle, tanlôl nettement fluctuante. Le sarcome du rein constitue également une masse volumineuse, bosselée, rénitenle, avec une élasticité qui simule la fluctuation. Dans l'un et l'autre cas, la tumeur est croisée par un gros cordon élastique, lequel n'est autre que le côlon soulevé et refoulé en <ivanl. Mais l'bydronépbrose se montre de préférence dans l'âge moyen, elle est ordinairement précédée des symptômes de la lithiase urinaire, sa marche est lente et son retentissement sur la santé générale assez tardif; le cancer encéphaloïde, au ■contraire, est surtout fréquent aux deux extrémités ■de la vie, il n'est précédé d'aucun signe de maladie des voies urinaire s, sa marche est rapide et progressive, et il aboutit vite à la cachexie. Sauf dans quelques cas très obscurs, ces différences empêchent toute méprise.

G. Vessie. — La palpation du réservoir urinaire a pour but unique de reconnaître le degré de réplétion de ce réservoir. Pour cela, il suffit d'appliquer la main à plat sur l'hypogastre, le bord cubital tourné vers l'ombilic, el d'exécuter quelques pressions obliques en refoulant les parties vers le bassin.

Par ce moyen, on sent aisément la vessie dilatée •sous forme d'un globe sphérique, occupant symétriquement juste le centre de l'hypogasti'e, et reniontanl plus ou moins haut, du pubis à l'ombilic. Celle sphère, d'une régularité parfaite, ofl^rc une consistance élastique, ou plutôt rénitenle, el, quand la distension n'est pas excessive, une fluctuation ■évidente; la pression éveille, avec une douleur sourde, un besoin irrésistible d'uriner. La manifes-

PALPATION

tation facile de ce dernier symptôme, quand le malade n'est pas dans le coma, emprchera de confondre (comme ont pu le faire des praticiens distraits) la rétention d'urine avec le phlegmon de la cavité de Retzius, ou même avec la gestation. Le calhélérisme suffit d'ailleurs à lever tous les doutes el il n'y a qu'avantage à l'employer sans retard.

H. Utérus. — La palpalion de l'utérus diffère dans son mode comme dans ses résultats selon que cet oi'gane est à l'état de vacuité ou qu'il contient le produit de la conception.

Lhitéras vide, profondément caché dans le bassin, est difficile à atteindre par le palper; il faut donc se placer dans les meilleures conditions. Le rectum el la vessie ayant été préalablement évacués, on fera coucher la femme sur le dos, le siège un peu élevé, et les jambes fléchies, de manière que les muscles abdominaux soient dans le relâchement. Il est nécessaire, ainsi que nous l'avons dit, d'écarter les vêtements gênants et en particulier le corset qui, par la constriction exercée sur la région diaphragniatique, maintient les viscères dans un état de tension artificielle ; le ventre sera recouvert seulement de la chemise. Ces précautions prises, on porte les deux mains sur la région hypogastrique, les poignets tournés vers les aines, et on déprime les parois par une série de pressions, d'abord légères, puis plus fortes, afin de pénétrer progressivement dans la cavité pelvienne. On note ainsi le degré de sensibilité de l'utérus et de ses annexes, les indurations et les rénitences anomales qui existent à son niveau. Mais pour obtenir des sensations tout à fait précises, il est indispensable d'associer à la palpation le toucher vaginal, el de faire concourir les résultats des deux méthodes.

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