UTÉRUS
Pour cela on inlroduil l'index de la main droile dans le vagin, jusqu'au contact de l'utérus, et on appuie fortement l'autre main sur la région suspubienne, en la portant à la rencontre de la première. Selon l'espace qui sépare les deux mains, selon la résistance au ballottement, selon la facilité avec laquelle on atteint le fond de l'utérus, on apprécie assez nettement les modifications de volume de cet organe, les déplacements qu'il a pu subir, le degré de relâchement de ses ligaments.
C'est ainsi que les flexions et versions utérines se reconnaissent à la situation respective du corps et du col; que la métrite dans ses diverses formes se traduit par l'augmentation du volume de l'utérus, par la consistance pâteuse et en quelque sorte œdémateuse de son tissu, par la sensibilité quelquefois excessive au toucher et surtout au ballottement; que le 'phlegmon ■péri-ulôrin détermine la fixité du segment inférieur de la mati'ice, encastrée en quelque sorte au milieu des exsudats inflammatoires dont la rénitence est quelfiuefois appréciable au palper dans la partie inférieure et interne des fosses iliaques ; ([ue les corps fibreux ou myomes utérins font ordinairement saillie soit vers l'orifice du col sous forme de polypes, soit vers le fond de l'utérus sous forme de tumeurs dures, indolentes et bosselées, dont le volume peut atteindre et môme dépasser celui de la tète d'un fœtus à terme.
Dans la rjrossesse à partir du troisième mois, le fond de l'utérus dépasse le détroit supérieur et le palper abdominal suffit à reconnaître la présence et les caractères du globe ulérin; néanmoins il est rarement prati(pié seul et on lui associe le toucher vaginal. Sans parler des renseignements précieux que fournit le doigt sur l'état du col utérin, sur sa
PALPATION
longueur, sa mollesse et sa dilalabilité, l'opposition des deux mains aux deux pôles delà matrice permet de distinguer beaucoup plus aisément et les mouvements actifs du fœtus, et les mouvements passifs provoqués en le faisant ballotter dans la cavité utérine. Cette méthode, qui convient à toutes les périodes de la grossesse, qui est d'une application simple et facile, qui peut être employée avec autant d'avantage la malade étant couchée ou debout, celte méthode est certainement la meilleure et elle ne saurait être remplacée par aucune autre.
Mais, si le palper abdominal proprement dit n'est pas généralement usité dans le diagnostic de la grossesse, il est aujourd'hui considéré comme le mode le plus sûr pour établir la présentation et la position du fœtus dans le dernier mois de la gestation et avant le début du travail. Il y a déjà quarante ans que Chailly et Devilliers, frappés de l'insuffisance de l'auscultation obstétricale dans certains cas, ont proposé de lui associer le palper et ont montré qu'il était possible de reconnaître directement, à travers les parois utérines, la situation des différentes parties du fœtus. Mais cette idée, promptement adoptée à l'étranger, avait eu peu de succès en France, et la plupart des médecins continuaient à se servir exclusivement de la méthode de Depaul, jusqu'au moment où M. Pinard, s'inspirant des travaux de ses maîtres MM. Tarnier et Guyon, s'est fait le vulgarisateur du palper abdominal, et en a tracé les règles dans un très intéressant ouvrage (1).
Voici en résumé, d'après cet auteur, comment il
(1) l'iuard. Traité du palper abdominal et de la version par manœuvres externes, Paris, 1886.