‹ Traité pratique d'auscultation, suivi d'un précis de percussion [electronic resource]Chapitre 73 sur 81 · ORGANES PROFONDS · texte numérisé non relu

ORGANES PROFONDS

On peut quelquefois soupçonner le cancer du pancréas quand la main, déprimant profondément la paroi épigastrique, arrive à sentir, presque au niveau de la colonne vertébrale, une tension obscure, une rénitence mal limitée, et une douleur sourde à la pression, et surtout lorsque Ton constate simultanément de la dyspepsie chronique et des selles graisseuses, une dépression notaiile des forces, des douleurs névralgiques continues dans la région rénale et aux attaches du diaphragme, symplômes ordinaires de celte maladie. La présomption se changera en certitude si on voil, à un moment donné, se produire un ictère avec décoloration des matières fécales sans aucune altération dans le volume et la consistance du foie.

La tuberculose des ganglions méscntérlques (le carreau des anciens auteurs), affection commune dans le premier âge, se présente sous deux aspects différents, et dans l'un et l'autre cas, la palpation est très utile au diagnostic. Le plus souvent il y a complication de péritonite chronique, c'est-à-dire formalion de néomembranes avec adhérences plus ou moins généralisées et formation simultanée de granulations ou de matière caséeuse dans ces néomembranes, dans les glandes mésentériques et même dans les organes abdominaux. En appliquant avec précaution, à cause de la douleur, les mains sur le ventre qui est développé et bosselé, on sent une masse volumineuse, peu mobile, à rénitence ^;énérale, à indurations partielles. On croit reconnaître ici des plaques, des gâteaux, de largeur et d'épaisseur inégales, là des tumeurs irrégulièrement arrondies, qui sont composées, comme les plaques, d'un mélange, d'un amas de pseudo-membranes et de tubercules. — Beaucoup moins souvent, la tuber-

PALPATION

culose est simple, sans péritonite, et alors, par un& pression du ventre graduelle, forte et profonde, on arrive à sentir, surtout vers l'ombilic et, dans les lianes, le long des vaisseaux iliaques, des tumeursmarronnées, dures, indolentes: ce sont les ganglions mésentériques tuberculeux, isolés ou en groupes,, que le doigt découvre cachés parmi les anses intestinales. Parfois, dans ce dernier cas, il y a coïncidence d'ascite que l'on reconnaît à la fluctuation perçue au moj^en du palper abdominal.

GHAI\ II. — PALPATION DU TOOR.W.

§ I. — Règles particulières.

La position du malade doit varier selon le but qu'on se propose: s'agit-il de rechercher les déformations de la cage thoracique, il sera mieux debout et d'aplomb sur ses jambes, ou tout au moins assis dans son lit, et dans une position qui assure l'équihbre parfait du tronc, sans tension musculaire ni inflexion à droite ou à gauche. Veut-on explorer les vibrations pulmonaires, on fera asseoir le malade, afin que les régions antérieures et postérieures soient également accessibles. Pour palper le cœur et l'aorte, on le fera coucher, le buste légèrement incliné, la lèle appuyée, la poitrine découverte.

L'observateur se placera du côté qui lui conviendra le mieux et se conformera aux règles générales qui oui été données plus haut. Les manœuvresauxquelles il doit se livrer varieront du reste selon qu'il voudra explorer la charpente osseuse et musculaire de la poitrine, les poumons et leur enveloppe séreuse, ou le cœur et les gros vaisseaux qui en parlent.

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