‹ Traité pratique d'auscultation, suivi d'un précis de percussion [electronic resource]Chapitre 78 sur 81 · TÊTE · texte numérisé non relu

TÊTE

héréditaire. — De même encore chez les adolescents épileptiques et idiots, pour la constatation de Vasymétrie crânienne, à laquelle Lasègue attribue une notable influence sur l'étiologie du mal comilial. Pour apprécier cette malformation, qui porte surtout sur la base du crâne, il faut, comme l'a montré Lasègue, appliquer les pouces en dedans des pommettes, au niveau de l'extrémité supérieure de l'apophyse montanta du maxillaire, et chercher avec l'index le point le plus saillant de l'apophyse mastoïde. Si la distance, ainsi mesurée à l'aide de ce compas naturel, est inégale des deux côtés, on en peut conclure qu'il existe une asymétrie proportionnelle à cette inégalité.

Chez les adultes, la palpation est d'un faible avantage pour le diagnostic des fractures du crâne, à moins qu'il n'y ait un enfoncement considérable de la table externe; mais elle rend de grands services en permettant de distinguer les diverses tumeurs, notamment les périostoses de la syphilis tertiaire, si fréquentes en cette région, dont la constatation jette parfois sur des cas obscurs une vive et soudaine lumière. Quant à l'élude des bosses phrénologiques, elle est justement abandonnée depuis qu'on a reconnu que la table externe et la table interne des os du crâne n'avaient point les mêmes courbures, en raison de l'inégale épaisseur du diploé, et qu'en conséquence les saillies et dépressions localisées de la boite osseuse ne répondaient en aucune façon aux saillies et aux dépressions des circonvolutions cérébrales.

Les applications du palper aux régions de la face et aux organes contenus dans ses cavités ne sont ni moins nombreuses ni moins importantes; et, quelle que soit l'all'eclion locale dont on soupçonne l'exis- Bartii et RooEii, 12' édit. 46

PALPATION

tence, on fera bien de l'ortifier l'examen visuel par ce mode d'exploration qui donne quelquefois des rt'sullats inallendus.

C'est ainsi qu'en portant le doigt sur la région oculaire, on peut aisément sentir la tension douloureuse d'un phlegmon de l'orbite, la dureté particulière d'un glaucome, les battements profonds d'un anévnjsme de Varlére ophlhalmique. — De même, au toucher du pavillon de l'oreille, on reconnaît les dcpôls tophacés de la goutte et Vhématomc de la paralysie générale, etc. — De même, pour la région sous-maxillaire, en pratiquant avec soin la palpation, on ne s'exposera pas à confondre un addnophlegmon avec une p&riosUle, une fluxion dentaire avec les oreillons. — De même encore pour la langue, le doigt porté à sa surface sentira l'induration rénitenle d'une gomme syphilitique ou le noyau ferme et douloureux d'un épilhéUome commençant.

L'exploration par le toucber de la cavité buccale est certainement des plus utiles et n'offre point de difficultés : elle fournit le moyen de rectifier les illusions de la vue, si fréquentes dans une région malaisée à éclairer convenablement. Le doigt mouillé d'eau froide et introduit doucement le long, de l'arcade dentaire atteint facilement l'amygdale, juge de sa consistance et de son volume; remontant vers la base du voile du palais il en apprécie les déformations, les épaississements, ainsi que les lésions coïncidentes de la voûte osseuse, et cellesdelà paroi postérieure du pharynx, de Tépiglolte et des ligaments aryténo-épiglottiques (œdème, abcès, polypes réiro-pharyngiens). Cette roclierclie pratiquée avec douceur et en plusieurs temps par une main exercée n'est pas trop incommode pour le ma-

MEMBRES

lade, et elle provoque rarement des efforts de vomissement, des crises de dyspnée et de suffocation, accidents dont la crainte fait trop souvent différer un examen nécessaire.

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