‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 11 sur 116 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

Parmi les publications faites à peu près en même temps que l'ouvrage de Millier, nous devons citer celles de Gluge , de Vogel , de Valentin , de Hannover, de Virchow , de Sédillot, de Kuess , et enfin celle de Bennett, dont l'ouvrage, de date plus récente et d'un esprit fort avancé, respire généralement de saines doctrines. Le mémoire de Virchow sur le cancer est remarquable par une observation judicieuse , par des études chimiques intéressantes , par un esprit pathologique très élevé et par des efforts louables appliqués à l'étude du cancer dans ses diverses phases de développement. Nous regardons, sans hésiter, M. Virchow, professeur à Wùrzbourg, comme le premier anatomo-pathologiste actuel d'Allemagne.

Avant d'aller plus loin , qu'il nous suffise de dire deux mots du livre de Wâîshe, œuvre qui est sans contredit une des monographies les plus complètes sur le cancer. Ce travail est surtout bien fait sous le point de vue clinique ; mais l'anatomie pathologique et l'étude de la composition intime n'y offrent rien de nouveau. La lecture de ce livre montre aussi que l'auteur, bien qu'il ait fait un travail consciencieux et érudit, n'avait pas une assez grande expérience propre pour pouvoir aborder avec un esprit de critique sévère toutes les nombreuses questions que soulève l'étude du cancer.

Nous avons passé en revue les diverses phases des doctrines relatives au cancer ; nous arrivons à celle dont nous cherchons à instituer les bases plutôt qu'à en apprécier les résultats. Deux idées fondamentales nous ont dirigé dans ces efforts. La première est la supériorité que nous reconnaissons à la méthode employée en histoire naturelle et à la nécessité de son application à toute science d'observation, et, par conséquent, à la médecine. Dans cette méthode, il s'agit non seulement de constater rigoureusement chaque phénomène, mais d'en apprécier la valeur d'après ses rapports avec d'autres phénomènes , d'arriver à des généralités par la comparaison bien plutôt que par les vues de l'esprit , et de les établir par l'analyse et la coordination de tous les caractères bien plutôt que par des principes trop absolus et trop théoriques , ce qui arrive lorsqu'on ne prend qu'un seul caractère comme point de départ d'une classification. La seconde idée fondamentale qui nous a guidé dans nos recherches est l'obligation , imposée pour ainsi dire à tout vrai médecin , de chercher autant que possible l'application utile et pratique dans ses investigations scientifiques. Les problèmes que nous avons tous les jours à résoudre n'ont pas seulement pour objet de satisfaire une vaine curiosité. En face d'une maladie cruelle et implacable, nos

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