INTRODUCTION. XVII
efforts doivent toujours tendre à arracher le plus possible de victimes à la souffrance et à la mort.
En un mot , apprécier dans l'étude du cancer tous les caractères qui s'offrent à l'observation , tâcher d'en séparer toutes les maladies curables qui ont été confondues jusqu'ici avec cette affection , et chercher les moyens capables de les guérir, tel est le but de cet ouvrage. Mais pour y parvenir, il ne suffisait pas de partir d'un principe philosophique général et d'avoir le désir d'être utile. 11 fallait , avant d'affronter la publicité, répondre jusque dans les moindres détails aux exigences d'un tel programme. Loin de nous la prétention d'y avoir complètement réussi ; mais on se convaincra , nous l'espérons du moins , que nous avons fait tous nos efforts pour n'être pas trop au-dessous de la tâche que nous nous sommes imposée.
Il fallait, en ce qui concerne la partie anatomique, faire avant tout des dissections bien plus minutieuses qu'on ne l'avait fait jusqu'à ce jour. Pour distinguer, par exemple , le cancroïde de la peau d'avec le cancer du même organe, il ne suffisait pas de faire l'examen de l'ensemble et des éléments microscopiques dans les deux affections; il fallait suivre, dans l'étude des changements morbides, les rapports de toutes les parties qui entrent, à l'état normal , dans la composition du derme , afin de pouvoir établir que , tandis que le cancroïde réside dans ces éléments normaux eux-mêmes , il y a dans le cancer substitution d'un élément nouveau et étranger à l'organe compromis. Et telle est la supériorité de cette méthode, qu'après avoir observé sur le col utérin, parmi les tumeurs jusque-là confondues avec le cancer, que plusieurs d'entre elles étaient composées de papilles , nous avons été , par cela même , convaincu qu'il devait y avoir des papilles à l'état normal à la surface du col de la matrice; c'est , en effet , ce que nous ont parfaitement démontré des recherches ultérieures.
Comment aurait-on pu arriver, autrement que par de nombreuses dissections attentives, à déterminer de quelle façon s'opère dans le cancer l'infection des divers organes et de toute l'économie , et à distinguer le cancer par propagation de la tumeur secondaire l
On avait déjà fait bien des recherches microscopiques sur les tumeurs cancéreuses; mais il était devenu nécessaire d'apporter dans ces études une bien plus grande précision qu'on ne l'avait généralement fait. 11 fallait d'abord aller jusqu'à la dernière limite de nos ressources optiques actuelles ; car pour des objets d'un volume aussi minime , les différences ressortent d'autant plus aisément que