‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 13 sur 116 · XVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVIII INTRODUCTION

le grossissement est plus considérable. Jamais on n'aurait dû omettre de prendre de nombreuses mesures micrométriques de toutes les cellules qui se présentaient à l'observation , et c'est cependant ce que négligent encore beaucoup trop aujourd'hui ceux même qui se livrent aux études microscopiques avec le plus d'assiduité. C'est de cette façon-là seulement qu'on pouvait arriver à déterminer la grandeur moyenne des cellules, des noyaux , des nucléoles dans les divers globules et corpuscules des produits morbides. Il fallait enfin prolonger l'étude approfondie de chaque tumeur, et faire un grand nombre de préparations pour distinguer les éléments essentiels de ceux d'une valeur secondaire.

Les études cliniques sur le cancer n'avaient point été faites , en général, d'après une observation et une analyse rigoureuses des faits. Sauf quelques rares exceptions , on s'en était bien plutôt tenu à des impressions pratiques ou à des déductions théoriques appuyées sur un nombre insuffisant d'observations. Il était donc essentiel, sous ce rapport encore , de recueillir , pendant un certain nombre d'années , l'histoire détaillée de beaucoup de malades , et de n'aborder l'analyse qu'après de longues études cliniques. Dans les généralités qui peuvent découler de l'observation , il fallait encore à chaque pas se rappeler que l'écrivain , au lieu de courir après une vaine gloire par la fondation d'une théorie ou de doctrines nouvelles , doit constamment rester l'interprète fidèle et exact de la nature.

Après avoir exprimé ainsi en quelques mots les principes qui m'ont guidé dans cet ouvrage , je vais en esquisser le plan d'une manière succincte et rapide.

La première partie a trait à l'histoire générale du cancer. Elle est divisée en quatre chapitres. Le premier s'occupe , après la définition de la maladie, de l'exposé des caractères physiques, chimiques et microscopiques du carcinome. Je cherche à y démontrer que déjà à l'œil nu on peut distinguer, dans la grande majorité des cas, le tissu cancéreux de tout autre tissu pathologique. Dans la description des cellules du cancer, j'ai insisté sur trois ordres de différences : le premier résultant des variétés de forme , le second des phases de développement, le troisième des modes divers d'altération de ces cellules. Je crois avoir classé de cette façon, d'une manière physiologique, les formes différentes dans lesquelles l'observation brute n'aurait vu que multiplicité et confusion. Je me suis bien gardé de dire que ces cellules avaient des caractères chimiques , physiques ou autres , tels qu'on ne pourrait les rencontrer nulle part dans la nature ailleurs

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