‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 14 sur 116 · INTRODUCTION. XIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XIX

que dans le cancer. Loin de mon esprit cette étrange hyperbole ! Mais ce que je puis dire et affirmer, et je ne saurais trop le répéter, c'est qu'un produit morbide étant donné , le pathologiste clinicien suffisamment versé dans les études microscopiques peut , dans la grande majorité des cas , déterminer , d'après l'examen au microscope, s'il s'agit d'un cancer ou non. Je n'ai jamais prétendu autre chose, et plus de dix ans d'études continuelles sur cette question m'ont donné à ce sujet une conviction inébranlable. J'ai cherché dans ce chapitre à être aussi complet que possible dans l'exposé de l'état actuel de nos connaissances chimiques sur le cancer. Malheureusement cette partie de la science est encore bien peu avancée.

Dans le second chapitre, j'insiste avant tout sur l'unité du cancer. Que l'on prenne le squirrhe, l'encéphaloïde , le cancer hématode , mélanique ou colloïde, on a toujours affaire à une seule et même maladie. Celui qui voudrait y établir des genres et des espèces , comme en histoire naturelle , méconnaîtrait l'unité de l'organisme et la nature fondamentale des changements physiologiques qui s'y opèrent et que l'on appelle des maladies. Je passe ensuite au développement du cancer, et je retrouve en partie , sur une plus grande échelle, les changements signalés dans les cellules du cancer. Bien des points cependant restaient à éclaircir. Le cancer, en possession d'une circulation artérioso-veineuse, devait nécessairement subir les modifications qu'entraînent les divers états de la circulation. Tels sont : l'accroissement régulier, les troubles circulatoires , qui produisent l'inflammation , l'ulcération , la gangrène , les épanchements apoplectiformes , l'atrophie et même la disparition locale de ce mal , tant atrophique que cicatricielle. Je n'admets plus, comme autrefois, le ramollissement comme phase de développement. De même que la gangrène, il peut survenir, mais il n'est point nécessairement lié à l'existence du cancer. Pénétré de la lecture des travaux récents sur la matière , j'ai pu constater les divers modes d'altération qui ont fait établir le cancer rétrograde comme une phase d'évolution , mais je n'ai pas pu voir dans ces changements une tendance curative ; car l'altération , la destruction même d'une portion du tissu cancéreux n'implique malheureusement point la cessation , pas même la diminution constante ou fréquente de la disposition cancéreuse générale de l'économie.

En parlant, dans ce chapitre, de l'extension du cancer, j'ai eu soin de distinguer la propagation locale et la généralisation , le cancer primitif propagé , et le cancer successif, secondaire. Frappé de

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