XXII INTRODUCTION
des raisons de l'extrême malignité du cancer gît dans les troubles qu'il apporte à la nutrition. Par conséquent, le but incessant du médecin doit être de maintenir celle-ci le plus longtemps possible en bon état. Or l'hygiène seule est capable de soutenir cette lutte et de réparer pendant un certain temps encore les brèches que fait continuellement cet ennemi envahissant. C'est, à nos yeux, le plus grand mérite d'Abernethy, dont on a beaucoup vanté à tort la classification des tumeurs, d'avoir fortement insisté dans tous ses écrits sur la nécessité d'un régime très soigneusement approprié à l'état du malade dans les affections chirurgicales.
En pesant la valeur des remèdes vantés comme spécifiques contre le cancer, nous montrons tout le néant d'une pareille prétention ; nous arrivons ainsi à n'admettre que le traitement palliatif, soit chirurgical, soit médical. Animé du désir d'éviter toute exagération, nous ne regardons pas , il est vrai , l'opération du cancer comme capable de guérir, mais nous nous gardons bien de la rejeter absolument. Tant que le cancer est strictement localisé et qu'il peut être enlevé en totalité , il est de la saine pratique de le faire disparaître. On ôte ainsi à la diathèse générale, à la cause incessante du mal , son principal auxiliaire pour la propagation générale de l'agent cancéreux. Ce précepte s'applique à la première opération aussi bien qu'aux récidives. Dans le vrai cancer, nous préférons comme règle générale l'extirpation à toute autre méthode ; les caustiques ne conviennent que dans des cas exceptionnels. Nous cherchons à démontrer que la compression, tant vantée par M. Récamier, perd presque toute sa valeur lorsqu'on a analysé les observations sur lesquelles cet auteur se fonde pour l'ériger en méthode. Nous passons ensuite en revue toutes les ressources thérapeutiques du traitement symptomatologique. Nous ne parlons pas spécialement du cancroïde et des maladies confondues avec le cancer en général , parce que nous avons réservé ces détails pour des chapitres spéciaux.
La seconde partie de cet ouvrage traite de l'histoire spéciale du cancer et de ses diverses localisations. Nous avons commencé par le cancer des organes de la génération : de l'utérus , des ovaires , des testicules et celui de la glande mammaire, organes qui, dans leur ensemble , sont incontestablement le plus souvent atteints de cette maladie. Pour l'utérus , nous avons vu confondre avec le carcinome deux affections tout à fait différentes, l'ulcère rongeant et les tumeurs papillaires , capables d'acquérir des dimensions considérables. La symptomatologie du cancer de la matrice n'avait point