INTRODUCTION. XXIII
été établie jusqu'à ce jour par l'observation et l'analyse des faits. Nous avons tâché de combler cette lacune en traçant la pathologie du cancer utérin d'une manière aussi rigoureuse que possible. Dans le traitement , nous avons énuraéré les principaux moyens aujourd'hui en usage contre les maladies utérines , et nous avons cherché à en apprécier la valeur par rapport au cancer de cet organe.
Le cancer de la glande mammaire est dès longtemps un des sujets de prédilection de nos études. Nous espérons avoir établi dans cette section des différences anatomiques et cliniques entre le cancer du sein et son hypertrophie partielle, d'une manière suffisante, pour que dorénavant la distinction soit facile à faire, même avant l'opération, dans la majorité des cas. Nous n'avons pas craint de montrer, dans son véritable jour, la désespérante constance des récidives et de la terminaison fatale du vrai cancer. Nous ne rejetons pourtant point pour cela l'opération , qui est capable de prolonger la vie des ma* lades , point capital dans la pratique , et dont la théorie fait généralement trop bon marché. D'un autre coté, nous l'avouons, c'est pour nous une des plus vives jouissances de notre vie médicale, d'avoir pu dans un certain nombre de cas d'hypertrophie partielle de la mamelle, dissiper irrévocablement la terreur de malades qui se croyaient et qu'on croyait atteintes d'un cancer du sein. Nous avons pu garantir une innocuité parfaite à des femmes atteintes de semblables tumeurs, pour lesquelles l'opération ne nous avait point paru nécessaire , et prédire une guérison durable à d'autres qui ont dû subir l'extirpation. Tout praticien éclairé et instruit pourra en faire autant aujourd'hui.
En terminant cette section, nous avons dû jeter un coup d'œil rétrospectif sur la célèbre discussion qui a eu lieu à l'Académie de médecine, en 1844 , au sujet des tumeurs du sein (1), et nous avons regretté que les hommes distingués qui ont pris part à ces débats aient plutôt appuyé leurs opinions sur les impressions et les souvenirs de leur expérience que sur des documents et des preuves.
Le cancer du testicule a été étudié avec soin ; mais il y avait moins de choses neuves à signaler que pour les autres organes. Nous avons cependant analysé le beau travail de M. Jarjavay sur le fongus bénin du testicule, travail dont nous avons pu nous-même confirmer la rigoureuse exactitude.
Le second chapitre roule sur le cancer des organes de la digestion
[\) Bulletin de l'Académie de médecine , t. IX, p. 330 et suiv.