‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 5 sur 116 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

Celse (1) conseille , d'une manière plus exclusive encore , de n'opposer au cancer que des moyens de traitement purement palliatifs. On voit qu'il a déjà mieux connu que ses prédécesseurs les diverses localisations du cancer, qu'il désigne sous le nom de carcinome, tiré de celui de carcinos (xapccva;) employé par Hippocrate. La surface inégale des tumeurs cancéreuses l'avait frappé. Il insiste aussi sur les deux variétés de tumeurs dures et molles avant l'ulcération ; il compare enfin certains cancers au mal désigné par les Grecs sous le nom de condylome; ce qui rappelle le cancroïde papillaire, que nous décrirons avec détail dans le courant de cet ouvrage.

En résumé , nous trouvons dans l'antiquité des remarques cliniques assez justes sur le cancer , mais des notions tellement vagues et incomplètes sur sa nature et sur son étiologie , qu'elles devaient être tout à fait insuffisantes pour comprendre la délimitation pathologique de ce groupe naturel de maladies.

Nous ne rencontrons à peu près rien de nouveau , pour les doctrines relatives au cancer, dans la médecine des Arabes, ces hommes laborieux , mais trop esclaves de la tradition pour jouer un autre rôle que celui de médiateurs fidèles entre l'antiquité et la renaissance.

Au moyen âge, l'inamovibilité dés institutions, du pouvoir et des doctrines ne permettait pas de réaliser de grands progrès dans les sciences médicales. Le respect aveugle pour l'autorité d'Aristote en philosophie, et de Galien en médecine, qu'il était difficile d'attaquer, devait susciter au libre arbitre mille entraves. Pourtant si l'origine de la chirurgie française prend date des œuvres et de l'enseignement d'Ambroise Paré, n'oublions pas de payer le tribut de nos hommages à plusieurs des grands chirurgiens du moyen âge , tels que Guillaume de Salicet (de Plaisance), son illustre élève Lanfranc, et Guy de Chauliac, cet homme qui jeta tant d'éclat sur l'école de Montpellier dans le xive siècle; chirurgiens dont M. Malgaigne a fait si bien ressortir le mérite dans sa belle et érudite introduction aux œuvres d'Ambroise Paré (2).

Ce dernier chirurgien , quoique bien en avant de son siècle pour beaucoup de questions de science et de pratique, professait cependant des opinions fort peu rationnelles sur le cancer. Le cancer est pour lui une tumeur faite « de mélancholie. » Voici sa classification des diverses espèces de cancer : « Or il y a quatre différences des tu-

(1) G>rn. Cclsi mcdicinœ , lib. V, cap xxvin.

(2) OE livre s d'Ambroise Paré, édition Malgaigne. Paris, 1840 , t. I .

p. LXV.

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