‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 7 sur 116 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

la science et à la pratique : ce sont ces guérisons par la pâte du frère Corne qui ont fondé irrévocablement les doctrines sur le cancroïde.

Nous arrivons ainsi à l'ancienne Académie de chirurgie, dont les mémoires passeront comme un monument de la perfectibilité de l'art par la science. Le travail le plus étendu que renferme ce recueil sur le cancer , est celui de Ledran (1) , qui représente assez fidèlement les opinions de son époque sur le cancer. A côté de doctrines peu en harmonie avec nos notions actuelles, nous trouvons plusieurs progrès essentiels à signaler. Le programme de ce travail en est peut-être la partie la moins satisfaisante ; mais dès qu'il entre en matière , l'auteur se montre observateur perspicace et praticien consommé. Dans la première partie , et dans ses conclusions surtout , Ledran professe nettement la nature purement locale d'un grand nombre de cancers de la peau et de la face surtout ; il donne sur l'emploi des caustiques, dans ces cas, des préceptes qui, aujourd'hui encore, peuvent servir de règle de conduite au chirurgien. La lecture de la seconde partie prouve que Ledran pressentait l'innocuité de certaines tumeurs du sein confondues avec le cancer. Nous trouvons dans la quinzième observation l'histoire d'une dame qui, dès l'âge de dixhuit ans , portait une tumeur dans le sein , et qui mourut d'une maladie aiguë à trente-six ans, sans que sa tumeur l'eût fait souffrir. La seizième observation , dans laquelle il est question d'une dame de trente- cinq ans, atteinte d'une tumeur du sein qui , sous l'influence du régime lacté, diminua de moitié dans l'espace de deux ans, redevint indolente et laissa la santé générale intacte , a probablement aussi rapport à une tumeur non cancéreuse ; il doit en être de même d'une tumeur de la mamelle, opérée avec plein succès et sans rechute, chez une religieuse âgée de dix-neuf ans. Les conclusions de cette seconde partie du mémoire de Ledran résument nettement ses opinions sur la nature curable de plusieurs espèces de tumeurs de la glande mammaire.

Les notions sur le cancer des organes internes étaient fort incomplètes encore à cette époque. Nous en excepterons toutefois le fongus de la dure -mère, sur lequel Louis (2) , l'illustre secrétaire de la savante compagnie, a le premier appelé l'attention des pathologistes. Bien qu'aujourd'hui il soit reconnu que souvent ces tumeurs ne sont

(1) Mémoires de V Académie royale de chirurgie. Paris, 1757, t. III, p. 1-57.

(2) Op. cit., t V, p. 4-59.

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