‹ Traité pratique des maladies cancéreuses et des affections curables confondues avec le cancer [electronic resource]Chapitre 9 sur 116 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

traire les formes variées d'une seule et même altération. Dans ce cas , on ne peut plus déterminer la valeur pathologique des tissus morbides ; et il arrive aussi que l'étude clinique et le diagnostic souffrent de cette confusion.

Aussi avons-nous salué avec une profonde sympathie les premières tentatives qui furent faites , il y a quinze ans à peine , dans le but d'appliquer le microscope perfectionné à l'étude de la structure intime des lésions pathologiques. Plusieurs hommes éminents ont travaillé simultanément dans cette nouvelle direction , mais c'est surtout M. J. Millier, professeur de physiologie à Berlin , qui doit être placé à la tête de ce progrès scientifique.

Les recherches de Schwann et de Schleiden (1) sur l'existence de cellules dans la plupart des tissus animaux et végétaux, soit à l'état naissant, soit à l'état de complet développement, ont été le point de départ des premières études sur la structure intime des produits morbides. En même temps le grand essor qu'avait pris la chimie physiologique, grâce aux travaux de Liebig, faisait examiner concurremment la structure morphologique et la composition chimique de ces tissus. En un mot, cette nouvelle direction a eu le grand mérite de dériver entièrement de l'étude de la physiologie et de l'application de ses méthodes. Miïller, comme ceux qui ont travaillé dans le même sens, a signalé l'existence générale de cellules variées dans toute espèce de tumeurs. Quant à l'analyse chimique , le physiologiste de Berlin a démontré qu'il y avait trois grands groupes d'éléments constituants formant la base essentielle des produits accidentels , savoir les corps gras , la gélatine avec ses diverses variétés et les corps albuminoïdes. C'est à ce dernier groupe de tumeurs de composition essentiellement albumineuse qu'appartient d'après lui le cancer. Cet auteur a aussi fort bien analysé la différence qui existe entre le cancer et les produits de l'inflammation , sujet que l'école de Broussais avait enveloppé d'une si grande obscurité. Il sépare également du cancer le sarcome albuminoïde qui répond à notre groupe des tumeurs fibro-plastiques.

Le cystosarcome , que Mùller distingue aussi du cancer et qui se rencontre principalement dans la mamelle, n'est autre chose que l'hypertrophie partielle de cette glande, que nous avons déjà décrite et dont nous ferons de nouveau ressortir les caractères anatomiques et pathologiques , ainsi que le traitement.

(1) Mùller, Mcuiuel de physiologie , t. I, p. 4 17 ; t. II, p. 744.

Page 1