CONDUCTIBILITÉ CALORIFIQUE DES LIQUIDES
liste représentent également, à très peu près, les coefficients de conductibilité électrique de ces métaux.
2° Les substances organiques, comme le son, la paille, la laine, le coton, conduisent mal la chaleur. De la Rive (de Genève) a fait voir que la conductibilité du bois est beaucoup plus grande dans le sens des fibres que transversalement, et que les bois les plus denses sont les meilleurs conducteurs.
776. Conductibilité des liquides. — La conductibilité des liquides est extrêmement faible : le mercure seul, qui est un métal, fait exception (sa conductibilité serait, d'après Gripon, égale aux ^ de celle du plomb). Rumford admettait môme que la conductibilité des liquides était nulle. Cependant Murray fit voir qu'en chauffant un liquide par la couche superficielle, les couches inférieures s'échauffaient peu à peu, même dans un vase fait de glace à zéro, et dont les parois ne conduisaient pas la chaleur.
Expériences de Despretz. — Despretz, ayant repris cette expérience, démontraque la chaleur se propage réellement par conductibilité dans les liquides.
Son appareil consistait en un tonneau de 1"\50 de hauteur, rempli d'eau et fermé à sa partie supérieure par un vase de cuivre A (fig. 778). Le long d'une
Fig. 778.
même douve du tonneau sont percés des trous dans lesquels sont fixés des thermomètres. Un courant d'eau, chauffée à 100°, arrive lentement dans le vase A par un tuyau C, et s'en écoule par un second tuyau D. Le vase étant ainsi maintenu à une température constante, la couche d'eau qui est en con-
tact avec lui s'échauffe la première, puis la couche immédiatement inférieure, et ainsi de suite jusqu'à une certaine profondeur : c'est ce qu'indiquent les thermomètres; leur température devenait et restait stationnaire pendant les Z6 heures environ que durait chaque expérience. Despretz trouva que la chaleur se propage dans les liquides suivant la même loi que dans les barres métalliques, mais que leur conductibilité est incomparablement plus faible.
777. Conductibilité des gaz. — On ne peut apprécier directement la conductibilité des gaz, à cause de leur grand pouvoir diathermane (799) et de l'extrême mobilité de leurs molécules ; mais lorsqu'ils sont gênés dans leurs mouvements, leur conductibilité paraît être à peu près nulle. On remarque, en effet, que toutes les substances filamenteuses qui emprisonnent une certaine quantité d'air stationnaire, offrent une grande résistance à la propagation de la chaleur; telles sont la paille, le coton, l'édredon, les fourrures. Quand une masse gazeuse s'échauffe au contact d'un corps chaud, c'est par suite de courants ascendants et descendants qui transportent la chaleur en tous ses points.
778. Expériences de Magnus. — Magnus a étudié la conductibilité propre à chaque gaz. 11 remplissait un tube de verre fermé par un robinet et disposé verticalement. Au bas du tube, et à l'intérieur, était un thermomètre qu'on observait à travers le verre, tandis que l'extrémité supérieure était maintenue à 100°. Il expérimentait sur ce tube successivement vide, puis rempli de différents gaz plus ou moins condensés. Il a obtenu les résultats suivants :
1° La température du thermomètre s'élève plus vite dans l'hydrogène que dans tous les autres gaz.
2° Elle est plus élevée dans l'hydrogène que dans le vide, et d'autant plus que ce gaz est plus condensé.
5° Dans les autres gaz, la température est moins élevée que dans le vide, et d'autant moins que les gaz sont plus condensés.
Conductibilité de l'hydrogène. — Il résulte de ces expériences que les autres gaz opposent à la transmission de la chaleur par conductibilité une résistance sensible qui augmente avec la pression, tandis que c'est tout le contraire pour l'hydrogène. Cela permet d'attribuer à ce gaz une conductibilité propre pour la chaleur, comparable à celle des métaux. Nous verrons plus tard qu'il possède aussi cette conductibilité pour l'électricité. Ces faits confirment l'opinion émise par plusieurs chimistes que l'hydrogène est un métal.
779. Convection. — Il y a lieu de distinguer, pour les liquides et pour les gaz, un deuxième mode de propagation de la chaleur par conductibilité, différent de celui des solides. En effet, tandis que dans les premiers la chaleur se transmet uniquement par une sorte de radiation intérieure de molécule à molécule, dans les liquides et dans les gaz elle se propage en outre parle déplacement même des molécules, par des courants intérieurs, comme