RÉFLEXION ET DIFFUSION
788. Miroirs ardents. — En raison de la haute température qu'on peut obtenir aux loyers des miroirs concaves, on leur a donné le nom de miroirs ardents. On rapporte qu'Archimède incendia les vaisseaux romains devant Syracuse au moyen de semblables miroirs.
Buffon construisit des miroirs ardents dont la puissance prouvait la possibilité du fait attribué à Archimède. Ces miroirs étaient formés de l'assemblage d'un grand nombre de glaces planes et étamées, longues dec22 centimètres sur 16 de large. Elles pouvaient être tournées indépendamment l'une de l'autre dans telle ou telle direction, de manière que les rayons réfléchis sur chacune d'elles vinssent concourir en un même point. Avec un système de 128 glaces, par un ardent soleil d'été, Buffon enflamma ainsi une planche de bois goudronnée, à 68 mètres de distance.
En recevant les rayons solaires sur un miroir de laiton écroui, de 1 mètre de hauteur et d'un rayon de courbure de 2 mètres, on obtient au foyer une chaleur tellement intense, que la silice, la pierre ponce, le cuivre, l'argent, y fondent en quelques minutes.
789. Réflexion dans le vide. — La chaleur se réfléchit dans le vide comme dans l'air.
On peut démontrer ce fait par une expérience analogue à la précédente, due à Davy.
Sous le récipient de la machine pneumatique, on dispose deux petits réflecteurs en regard l'un de l'autre (fig. 789). Au foyer de l'un est un thermomètre très sensible, au foyer de l'autre une source de chaleur électrique consistant en un lil de platine qu'on rend incandescent en y faisant passer le courant d'une pile. Le vide étant fait, le thermomètre monte de plusieurs degrés aussitôt que le courant passe, phénomène qui est bien dû à la chaleur réfléchie, car le thermomètre n'accuse plus la même élévation de température s'il n'est pas exactement au foyer du second réflecteur.