Réflexion apparente du
froid. — Si l'on dispose deux réflecteurs en regard l'un de l'autre (fig. 788), et qu'au lien de charbons incandescents on place au foyer du miroir M une masse de glace ou un mélange réfrigérant, l'air ambiant étant à 12 ou 15°, un thermomètre différentiel placé au foyer de l'autre réflecteur s'abaisse de cette température.
Ce phénomène était attribué jadis à des rayons frigorifiques émis parla glace et réfléchis par les miroirs. Mais cette réflexion apparente du froid, comme on l'appelait, s'explique naturellement par l'hypothèse de l'équilibre mobile de température En effet,
Fig. 789.
plusieurs degrés au-dessous de
dans cette expérience, comme dans celle de l'inflammation de l'amadou, le miroir devant lequel est la masse de glace se substitue à une portion de l'enceinte. Par suite, les rayons de chaleur que celle-ci envoie vers le thermomètre sont interceptés par ]e miroir et remplacés par ceux qui, partis de la glace, tombent sur le premier miroir, s'y réfléchissent vers le second, et de là tombent enfin sur la boule du thermomètre. Or ces rayons ne compensent pas l'effet des rayons interceptés par le miroir, car leur température est plus basse ; de là le refroidissement marqué par le thermomètre.
C'est ainsi qu'il faut expliquer le froid qu'on ressent près des murailles de plâtre, de pierre, et de loute masse dont la température est inférieure à celle de notre corps.
791 . Réflexion irrégulière, Oll Diffusion de la chaleur rayonnante. — Dans les expériences précédentes où la chaleur se réfléchit sur une surface bien polie, on a admis que la réflexion ne se produit que dans une seule direction : c'est la réflexion régulière, ou réflexion spécu/aire. Or la chaleur qui tombe à la surface d'un corps ne se réfléchit pas tout entière suivant les lois de la réflexion régulière; une partie se réfléchit irrégulièrement, c'est-àdire dans toutes les directions autour du point d'incidence : c'est le phénomène qu'on désigne, comme pour la lumière, sous le nom de réflexion irrégulière, ou diffusion.
La réflexion régulière se produit sur les surfaces polies; la réflexion irrégulière sur les surfaces rugueuses, telles que les plaques dépolies de verre ou de métal.
La diffusion de la chaleur a été découverte par Melloni. On met le phénomène en évidence au moyen du thermomultiplicaleur. On reçoit, sur une surface métallique mate ou recouverte de blanc de céruse, un faisceau de chaleur; or, sous quelque inclinaison ou de quelque côté qu'on dirige la pile du thermomultiplicateur vers le point d'incidence, l'aiguille du galvanomètre est plus ou moins déviée dès que les rayons calorifiques rencontrent la surface réfléchissante : ce qui fait voir qu'il y a de la chaleur réfléchie dans toutes les directions et sous toutes les inclinaisons.
792. Pouvoir réflecteur. — I. Définitions. — Le pouvoir réflecteur d'une substance est sa propriété de réfléchir une proportion plus ou moins grande de la chaleur incidente.
On mesure le pouvoir réflecteur par le rapport de la quantité de chaleur réfléchie à la quantité de chaleur incidente. C'est à ce rapport qu'on donne le plus souvent le nom de pouvoir réflecteur.
II. Détermination expérimentale. — 1° Expériences de Leslie. — Leslie appelait pouvoir réfléchissant le rapport entre la quantité de chaleur réfléchie par