DEPLACEMENT DES COURANTS PAR LES COURANTS
1055. Lois des courants parallèles. — 1° Deux courants parallèles de même sens s'attirent.
2° Deux courants parallèles de sens contraires se repoussent.
Ces lois se démontrent expérimentalement à l'aide d'un appareil dû à Ampère, modifié ensuite par Ponillet. et enfin par Obéi- Manne.
Description rie V appareil. — Il se compose de deux colonnes de laiton A et D, entre lesquelles il y en a une plus petite c. La colonne D porte un cadre en
Fig. 957.
bois M, dit multiplicateur (fig-. 957), qu'on peut fixer à différentes hauteurs au moyen dune vis de pression : c'est un cadre de bois sur lequel le fil conducteur du courant a été enroulé 20 fois, ce qui augmente beaucoup l'action du courant. Ce multiplicateur est maintenu par deux articulations qui permettent, l'une de le renverser sur lui-même (fig. 990), l'autre de le placer horizontalement (fig. 963). La petite colonne est creuse, et dans son intérieur glisse un tube de laiton terminé par un godet c, plein de mercure, qu'on peut élever plus ou moins. La colonne A supporte un godet a, rempli égaleganot. 7g
nient de mercure, et représenté en coupe et en vraie grandeur dans la ligure 959. Il est percé, en dessous, d'un trou capillaire dans lequel s'engage la pointe d'une aiguille à coudre fixée à une petite boule de laiton. Cette pointe se prolonge jusqu'au mercure et tourne librement dans le trou. Quant au circuit mobile, il se compose d'un fil de cuivre rouge partant de la boule de laiton et se contournant, dans le sens des hèches, du godet a au godet c (fig. 957). Ses deux branches inférieures sont fixées à une mince planchette de
Fig. 958. Fig. 959.
bois, et tout le système est lesté par deux petites boules de laiton suspendues aux extrémités.
Vérification des lois. — Le courant d'une pile de A ou 5 couples de Bunsen est amené à l'appareil par la colonne A (fig. 957) : il monte jusqu'au godet a, parcourt le circuit BC, gagne le godet c, descend par la colonne centrale, et de là se rend par un fil P au multiplicateur MN, d'où il revient enfin à la pile par le fil Q. Or si, avant de faire passer le courant, on dispose le circuit mobile dans le plan du multiplicateur, de manière que les branches B et M soient en présence et parallèles, on observe qu'aussitôt que le courant passe, la branche B est repoussée : cela démontre la deuxième loi; car dans les branches B et M les courants, marchant dans le sens des flèches, sont parallèles et de sens contraires.
Pour démontrer la première loi, on renverse le multiplicateur (fig. 960). Les courants sont alors parallèles et de même sens, et si l'on a écarté la branche B avant le passage, elle est attirée dès que le courant passe, ce qui vérifie la première loi.
Remarques. — 1° Dans l'appareil d'Obellianne les deux godets ne sont pas disposés comme dans la figure 957, mais réunis en un godet à deux compartiments concentriques isolés l'un de l'autre (fig. 958). Une des extrémités du circuit plonge dans le compartiment central a, l'autre dans le compartimenta. Avec cette disposition, la rotation s'opère sans résistance dans le compartiment central ; mais, dans le second, la pointe fixée à la boule c ne peut tourner qu'en déplaçant le mercure, d'où résulte une résistance assez grande, surtout si le mercure n'est pas bien pur. Avec le godet représenté dans la figure 959 cette résistance disparaît.