TÉLÉPHONIE
puient alors sur deux ressorts R et S de raaion ; mais dès qu'on les enlève, pour les porter
Fig. 1086.
aux oreilles, les deux ressorts se relèvent et le circuit dérivé de la sonnerie est ouvert.
1163. Applications des téléphones à pile. — 1° Correspondances verbales. — La principale application des téléphones à pile, c'est l'établissement des communications verbales entre les particuliers, par l'intermédiaire de bureaux téléphoniques. A Paris, où l'on est fort en retard sur ce point sur les villes d'Amérique, il y a déjà un bureau téléphonique central et dix bureaux de quartier qui fonctionnent régulièrement et desservaient en 1885 plus de 4000 lignes téléphoniques particulières.
Chaque abonné possède une station téléphonique complète, composée d'un transmetteur, de deux récepteurs et d'une sonnerie d'appel; un double fil de ligne relie l'appareil, non pas à un autre abonné, mais au bureau central. Lorsqu'on veut correspondre, on presse le bouton de la sonnerie, tout en laissant les récepteurs en place. On produit ainsi un signal au bureau central, et là un petit électro-aimant spécial devient actif et attire une petite plaque, qui, tombant alors avec un bruit sec, découvre un numéro, correspondant à l'abonné. Un employé accroche alors son récepteur aux deux bouts du fil de ligne de l'abonné, lui renvoie d'abord un appel de sonnerie, puis communique avec lui, pour lui demander ses ordres (fig. 1087). Dès qu'on lui a répondu en donnant le nom et l'adresse du correspondant, il envoie un appel à ce dernier, puis établit directement la communication entre les deux abonnés, au moyeu d'un lil qui réunit leurs deux lignes.
2° Auditions théâtrales. — Parmi les applications les plus intéressantes du téléphone microphonique, il faut citer les auditions théâtrales qu'on avait installées, en 1881, à l'Exposition d'Électricité de Paris. Une douzaine do transmetteurs Ader étaient disposés sur la scène de l'Opéra, tout le long de la rampe, de part et d'autre du trou du souffleur (fig. 1088). Des fils de ligne souterrains reliaient chacun des transmetteurs à quatre paires de récepteurs Ader, disposés le long des murs, dans une salle du Palais de l'Industrie, une distance de 2 kilomètres. M. Ader avait établi les communications de telle manière que le téléphone droit de chaque récepteur fût relié à un transmetteur
place du côte droit de la scène et le téléphone gauche à un transmetteur de
Fig. 1087.
gauche. Grâce à cette ingénieuse disposition, non seulement l'auditeur perce-
Fig. 1088.
vait les sons avec une fidélité surprenante, mais il pouvait suivre aisément,