PRÉVISION DU TEMPS
La hauteur moyenne mensuelle s'obtient en additionnant les hauteurs moyennes diurnes pendant un mois, et en divisant la somme par 30.
Enfin, la hauteur moyenne de Vannée se détermine en ajoutant les hauteurs moyennes de chaque jour pendant un an, et en divisant la somme par 365.
On a découvert qu'en chaque lieu la moyenne annuelle est constante, mais qu'elle varie d'un lieu à un autre. Si l'on réduit au niveau de la mer ces moyennes annuelles, on met en évidence une variation exclusivement due à la latitude. Sous l'équateur, la moyenne annuelle, au niveau des mers, est 0m,758. Elle croit à partir de l'équateur, et atteint, entre les latitudes de 50 à 40 degrés, un maximum de 0"\763. Elle décroît dans les latitudes plus élevées, et à Paris elle n'est que de 0m,7568.
La hauteur moyenne générale, au niveau des mers, est de 0m,761.
Les moyennes mensuelles ne sont pas constantes en un même lieu; elles sont plus fortes en hiver qu'en été. Gela est une conséquence du refroidissement de l'atmosphère.
Quant aux observations barométriques faites dans une même journée, elles offrent deux sortes de variations : 1° les variations accidentelles, qui n'ont aucune régularité dans leur marche, et qui dépendent des saisons, de la direction des vents et de la position géographique : ce sont celles qu'on observe, principalement et presque exclusivement, dans les climats tempérés; 2° les variations diurnes, qui se produisent périodiquement à certaines heures de la journée.
A l'équateur et dans les régions intertropicales, on n'observe pas de variations accidentelles; mais les variations diurnes s'y produisent avec une telle régularité, qu'un baromètre y peut servir d'horloge. D'après Humboldt, le baromètre baisse depuis midi jusqu'à environ quatre heures : il atteint alors un minimum, puis remonte et atteint un maximum vers dix heures du soir; puis il baisse de nouveau jusqu'à un second minimum, qu'il atteint vers quatre heures du matin; enfin il remonte et atteint un second maximum vers dix heures. L'amplitude de l'oscillation de nuit est de 0"m,84, tandis que celle du jour est beaucoup plus grande : elle va jusqu'à 2mm,55.
Dans les zones tempérées, il y a aussi des variations diurnes; mais elles sont plus difficiles à constater qu'à l'équateur, parce qu'elles sont continuellement masquées par les variations accidentelles. Cependant on les a mises nettement en évidence en comparant un grand nombre de moyennes d'observations faites aux différentes heures de la journée.
Les heures des maxima et des minima des variations diurnes paraissent être les mêmes dans tous les pays, quelle que soit la latitude; seulement elles varient un peu avec les saisons.
2° Application des indications barométriques. — On a déjà vu la relation qui existe entre la hauteur du mercure dans le baromètre et le beau ou le mauvais temps (203), relation qui fait du baromètre l'instrument le plus précieux pour les pronostics du temps; car la hausse ou la baisse n'a pas lieu au moment des changements de temps, mais les précède de 48 heures et plus.
Pour tirer du baromètre tout le parti qu'il peut rendre, on doit tenir compte de l'altitude du lieu où l'on observe, puisque sa hauteur moyenne, qui est de 761 millimètres au niveau de l'Océan, diminue à mesure qu'on s'élève. En outre, il faut tenir compte du mouvement ascendant ou descendant du mercure. En effet, si on lit, par exemple, la hauteur de 750 millimètres, elle n'a pas la même signification suivant qu'elle succède à 745 ou à 755 : dans le premier cas, le baromètre marche vers le beau temps, dans le second vers le mauvais temps.
La vitesse et la direction du vent ont aussi une grande influence sur la hauteur du baromètre. Sous l'équateur, où l'air est anfrné d'un mouvement ascendant, la pression est faible ; sous les tropiques, où le courant d'air est descenganot. 88
dant, sa vitesse acquise, refoulant le mercure, le fait monter. Enfin les mouvements tournants étudiés ci-dessus sous le nom de tourbillons sont toujours précédés et suivis d'une forte hausse, tandis qu'en leur partie centrale on observe une baisse d'autant plus prononcée que le mouvement tournant est plus rapide et embrasse une plus grande étendue de pays.
Outre les variations de pression atmosphérique qui résultent des variations de température, la hauteur du baromètre est donc soumise à de nombreuses causes accidentelles. Quoi qu'il en soit, une forte baisse est toujours le pronostic d'une grave perturbation dans V atmosphère . Cependant le beau temps et le calme s'observent encore quand le baromètre est bas, mais alors ils sont de courte durée.
Le baromètre peut être haut par tous les vents; mais c'est par le vent du nord qu'on observe les plus grandes hauteurs moyennes, et par le vent du sud les plus faibles. Enfin, toutes les variations brusques du baromètre, dans un sens ou dans l'autre, sont de courte durée, et annoncent, en général, le mauvais temps.
L'observation du baromètre n'est pas utile seulement aux marins, elle l'est aussi aux cultivateurs. Pour les premiers, ce qu'il importe de prévoir, c'est la direction et la force du vent, pour les seconds c'est l'état du ciel, c'est-à-dire la probabilité de pluie ou de sécheresse. Il est donc à désirer que l'usage du baromètre pénètre dans nos campagnes. « Un jour viendra, dit M. Marié-Davy, où chaque village aura son baromètre communal comme il a son horloge, et où le cultivateur le consultera chaque jour à la rentrée des champs, ou avant d'entreprendre son travail. »
1210. Pronostics tirés du thermomètre et de l'hygromètre. — Les pronostics tirés de ces instruments sont loin de valoir ceux qu'on tire du baromètre et des girouettes. Cependant leurs indications ne sont pas à négliger. Par exemple, l'hiver, le vent soufflant entre le nord et l'est, si le thermomètre est un peu au-dessous de zéro, et si l'hygromètre marque l'humidité, il I y a grande probabilité de neige. En été, lorsque à la baisse du baromètre se I joint une chaleur accablante, qu'en même temps l'hygromètre est à Phumi- I dite et que des cumulus se montrent à l'horizon, on est menacé d'un orage.
1211. Pronostics tirés des mouvements de l'aiguille aimantée. — D'après les observations de M. Marié-Davy, la boussole doit être rangée parmi les instruments propres à donner des indications utiles sur les probabilités des changements de temps. Voici, en effet, comment s'exprime ce savant dans! Y Annuaire météorologique de 1876, page 179 : « De l'étude que nous en avons} commencée avec M. Descroix, il résulte déjà que les perturbations, ou del moindres anomalies, constatées dans la déclinaison, accusent presque toujours, et plusieurs jours à l'avance, le passage d'une bourrasque un peu forte dans le nord-ouest de l'Atlantique, ou l'arrivée des vents pluvieux. On peut donc ainsi être mis sur ses gardes, sauf à demander à d'autres signes l'indication, soit de la marche que suivra la tempête, soit de la région d'Europe sur laquelle s'étendront les pluies. »
1212. Pronostics fournis par le spectroscope. — M. Piazzi Smyth, à Edimbourg, en observant l'atmosphère avec le spectroscope, a reconnu, dans le spectre de la partie basse du ciel, une bande particulière, qui, lorsqu'elle se montre, est un pronostic de pluie encore plus certain que les indications du baromètre. Le savant astronome a fait cette remarque pour la première fois, à Païenne, en 1872. Depuis, il l'a répétée en France et à Edimbourg. C'est surtout en été que M. Smyth trouve le spectroscope efficace pour annoncer la pluie; en hiver, il préfère le baromètre.