‹ Traitâe âelâementaire de physiqueChapitre 7 sur 255 · Du latin incidere, tomber · texte numérisé non relu

Du latin incidere, tomber

RÉFLEXION SPECULAIRE. 595

de manière à apercevoir la même étoile dans le bain de mercure Cela a lieu lorsqu'on reçoit dans la lunette les rayons réfléchis DA correspondant aux rayons incidents E'D qui viennent de l'étoile. Or on trouve que les deux directions successives de la lunette, et par suite les deux rayons EA et DA, font des angles égaux avec l'horizontale AH : d'où il est facile de conclure que l'angle

Fig. 452,

d'incidence E'DE est]égal à l'angle de réflexion EDA. En effet, DE étant la normale à la surface du mercure, cette droite est perpendiculaire à AH, le triangle AED est isocèle, et les angles ADE et AED sont égaux; mais, les deux rayons lumineux AE et DE, étant parallèles à cause de la grande distance de l'étoile, les angles AED et EDE' sont égaux comme alternes-internes : donc EDE' = EDA.

413. Réflexion irrégulière OU Diffusion. — La quantité de lumière réfléchie régulièrement, d'après les lois précédentes, est loin de représenter la totalité de la lumière incidente. Celle-ci se partage en deux parties lorsqu'elle tombe sur une surface plus ou moins imparfaitement polie : une portion est réfléchie régulièrement, suivant les lois précédentes; une autre portion est renvoyée, éparpillée dans toutes les directions : on dit qu'elle est réfléchie irrégulièrement ou diffusée.

La lumière réfléchie irrégulièrement se désigne sous le nom de lumière diffuse; c'est grâce à elle que nous voyons les corps éclairés. En effet, la lumière réfléchie régulièrement ne donne pas l'image du corps qui la réfléchit, mais bien celle du corps qui l'émet. Par exemple, si dans une chambre obscure on fait tom-

ber un faisceau de lumière solaire sur une surface bien polie, plus celle-ci réfléchit régulièrement la lumière, moins elle est visible des diverses parties de l'enceinte. L'observateur qui reçoit dans l'œil le faisceau réfléchi ne voit pas le corps lumineux, mais seulement l'image du corps réfléchissant. Qu'on affaiblisse le pouvoir réflecteur de la surface polie en y projetant une poussière légère, la proportion de lumière diffuse augmente, l'image solaire s'affaiblit, et le réflecteur devient visible de toutes les parties de l'enceinte.

414. Intensité de la lumière réfléchie et de la lumière diffusée. —

Nous verrons plus tard que la lumière se réfléchit régulièrement d'après les mêmes lois que la chaleur rayonnante, et dans la même proportion. Les pouvoirs réflecteurs pour la lumière sont donc les mêmes que pour la chaleur, et ils varient, de la même manière, avec Y angle d'incidence; ainsi, pour le verre et les substances transparentes, le pouvoir réflecteur (c'est-à-dire le rapport du faisceau lumineux réfléchi au faisceau incident) varie depuis 0,05 pour l'incidence de 20°, jusqu'à 0,546 pour l'incidence de 80°. La concordance est la même entre les deux pouvoirs réflecteurs (calorifiques et lumineux) des substances métalliques polies.

Quant à la proportion de lumière diffuse, elle ne varie pas seulement avec le degré de poli de la surface diffusante, mais avec la nature du corps, avec sa couleur et avec Yangle des rayons incidents. Ce sont les surfaces mates qui

Fig. 455.

diffusent le plus, et en particulier les surfaces d'un blanc mat. L'éclat d'une feuille de papier blanc, lequel résulte de son grand pouvoir diffusif, est d'autant plus vif que la surface est éclairée plus normalement. Si l'on se place pour regarder la feuille dans des directions de plus en plus obliques, on voit s'affaiblir sensiblement son éclat, ce qui prouve une diminution correspondante dans la proportion des rayons diffusés. En revanche, la propor-

Page 1