‹ Traitâe âelâementaire de physiqueChapitre 88 sur 255 · TENSION MAXIMUM DES VAPEURS · texte numérisé non relu

TENSION MAXIMUM DES VAPEURS

681. Définitions préliminaires. — Vaporisation et vapeurs. — L'action de la chaleur sur la matière n'a pas seulement pour effet de la faire passer de l'étal solide à l'état liquide (667), mais encore de l'état liquide à l'état de fluide aériforme. Ce phénomène est désigné sous le nom général de vaporisation, et l'on appelle vapeurs les fluides aériformes qui résultent de ce changement d'état.

Évaporation et ébulUtion. — Dans le cas où les vapeurs ne se forment que lentement à la surface des liquides, on dit qu'il y a évaporation, tandis qu'on désigne sous le nom d1 ébullition la production rapide de vapeurs dans la masse môme d'un liquide.

Liquides volatils et liquides fixes. — On appelle liquides volatils ceux qui peuvent se vaporiser à toute température, et liquides fixes ceux qui ne donnent de vapeurs à aucune température : telles sont les huiles grasses. Pour certains liquides on observe une limite de température à la vaporisation; par exemple, on verra (709) que l'acide sulfurique ne donne plus de vapeurs au-dessous de 30°. Pour d'autres liquides, comme l'alcool, l'éther, le sulfure de carbone, on ne connaît point de limite à la vaporisation.

Solides volatils. — Il est des corps solides, comme la glace, l'arsenic, le camphre et les matières odorantes, qui donnent immédiatement des vapeurs sans passer par l'état liquide. Â une température suffisamment élevée, tous les métaux se vaporisent.

Coloration des vapeurs. — • Les vapeurs sont transparentes, comme les gaz, et généralement incolores; il n'y a qu'un petit nombre de liquides colorés dont les vapeurs soient elles-mêmes colorées.

682. Force élastique des vapeurs. — Comme les gaz, les vapeurs ont une force élastique, en vertu de laquelle elles exercent sur les parois des vases qui les contiennent des pressions plus ou moins considérables. Pour montrer la tension des vapeurs, on remplit à moitié de mercure un tube de verre recourbé en siphon

(fig. 714); puis, ayant fait passer une goutte d'éther dans la courte branche, qui est fermée, on plonge le tube dans un bain d'eau à 45° environ. Le mercure s'abaisse alors lentement dans la petite branche, et l'espace ab se remplit d'un gaz dont la force élastique fait évidemment équilibre à la colonne de mercure cd et à la pression atmosphérique qui s'exerce en d. Or ce gaz n'est autre chose que de la vapeur d'éther. Si l'on refroidit l'eau du vase, ou si l'on retire le tube du bain, ce qui produit le même effet, la vapeur qui remplit l'espace ab disparaît rapidement, et la goutte d'éther se reforme. Si, au contraire, on chauffe davantage l'eau du bain, le niveau du mercure descend au-dessous du point fr, ce qui indique un accroissement de tension.

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