REFLEXION SPECULAÏRE ET MIROIRS PLANS
417. Champ d'un miroir plan. — Il n'est pas nécessaire que l'objet lumineux soit placé juste en face du miroir pour que son image soit vue par un
Fig. 457.
observateur: il suffit que l'œil reçoive une portion du faisceau réfléchi. Cette condition sera évidemment remplie s'il se trouve dans l'espace P'MNQ", qu'on
appelle champ du miroir (lîg. 458). Cet espace est le lieu géométrique commun aux rayons réfléchis qui proviennent de tous les points de l'image.
En effet, pour l'extrémité P, ce lieu est déterminé par les rayons MP' et NP" qui correspondent aux rayons incidents PM et PN, et dont les prolongements iraient se couper au point P^ De même pour l'extrémité Q, ce lieu est déterminé par les droites MQ' et FsQ". Donc l'œil doit être placé dans la partie commune à ces deux lieux extrêmes, c'est-à-dire dans la région P'MNQ", pour qu'on puisse recevoir des rayons réfléchis provenant de tous les points de l'image, et, par suite, apercevoir l'image tout entière.
418. Images virtuelles et images réelles. — Ily a deux cas à distinguer dans la réflexion par les miroirs plans : le faisceau réfléchi peut être divergent ou convergent. Dans le premier cas, les rayons réfléchis ne se rencontrent pas; mais si on les conçoit prolongés de l'autre côté du miroir, leurs prolongements concourent en un même point (fig. 455 et 456). L'œil, impressionné alors comme si les rayons étaient partis de* ce point, y voit une image. Or celle-ci n'existe pas réellement, puisque les rayons lumineux ne passent pas de l'autre côté du miroir; elle n'est qu'une illusion de l'œil; on lui donne le nom d'image virtuelle. Dans le second cas, les rayons réfléchis sont convergents et ils vont concourir vers un point situé en avant du miroir et du même côté que l'objet. Là ils forment une image à laquelle on donne le nom d'image réelle, pour exprimer qu'elle existe réellement ; car elle peut être reçue sur un écran et agir chimiquement sur certaines substances. En résumé, on peut dire que les images réelles sont celles qui sont formées par les rayons réfléchis eux-mêmes, et les images virtuelles celles qui sont formées par leurs prolongements.
Les images réelles sont ordinairement obtenues à l'aide des miroirs concaves ou des lentilles convergentes. Mais les miroirs plans peuvent aussi donner des images réelles dans le cas où les objets lumineux eux-mêmes sont virtuels. On réaliserait ce cas en interposant un miroir plan MN (fig. 455) sur le trajet d'un faisceau convergent vers le point a : ce faisceau, arrêté dans sa propagation par le miroir, serait rejeté en avant et réfléchi de manière à venir converger vers le point A. C'est donc A qui serait une image réelle, tandis que le point «, n'étant que le point de concours géométrique des rayons prolongés virtuellement au delà du miroir, ne serait qu'un point lumineux virtuel.
419. Miroirs étamés. —Images multiples. — Les miroirs les plus simples sont les miroirs métalliques : ils n'ont qu'une seule surface réfléchissante et ne produisent qu'une seule image. Il n'en est plus ainsi des miroirs de verre : ceux-ci donnent naissance à plusieurs images, qu'on observe facilement lorsqu'on regarde obliquement dans une glace l'image d'une bougie. On voit