SECONDE CATEG. D'OBSERVATIONS DE PÉRICARDITE. 1±<Î
Vent, scarif. "h pal. i/2.
5o doc. Bruits du cœur un peu lointains, sans souffle ; pouls à 1 7)2 -)5(> , petit , échappant au doigt; extrémités froides ; l'enflure des jambes conserve l'impression du doigt.
Vésicat. a la paît. ant. sup. thorax • viol. guùn. s. gom. 2 pots ; julep f h/7 cl. 3o centigr.; diète.
5i déc. Oppression moins forte; yeux saillants, un peu égarés; extrémités moins froides; pouls à 128, petit; respiration moins soufflante en arrière en haut, presque toutà-fait pure, un peu humide, et râleuse vers la partie externe du scapulum gauche, avec retentissement notable de la voix dans la même région ; 44 respirations par minute ; les battements du cœur se font sentir à la main dans leur lieu accoutumé ; les bruits secs, mais sans souffle, réguliers et précipités comme le pouls; urines rendues la veille, opalines, pâles , sans dépôt, acides, sans odeur bien notable, se troublant et précipitant par l'acide nitrique , de manière à prendre la couleur et la consistance du sirop d'orgeat ; la matière précipitée est en grumeaux blancs , analogue à V albumine précipitée du sérum du sang. Le précipité est insoluble dans un excès d'acide.
2 vèsicat. camphrés aux cuisses. Sol. sir. gom. "5 p.; julep sir. d 'et 'her , 5o grammes.
\" janv. Même état d'anxiété et d'oppression ; le pouls toujours petit, à 120; les crachats sont rouilles, un peu moins muqueux; commencement de bouffissure au visage ; un peu d'œdème aux mains , les membres inférieurs toujours très enflés.
L'urine, acide, de même couleur que la veille , un peu mousseuse à sa sur/ace , précipitant des flocons blancspar l'acide nitrique [le précipité ne se redissout pas par un excès d'acide) ; elle prend une teinte opaline et se trouble par l'action de la chaleur t mais ce trouble n'est pas en proportion du précipité par l'acide nitrique.
2 janv. L'oppression a un peu diminué,- la malade a
dormi quatre heures cette nuit; crachats séro-muqueux ; les derniers sont salis par une petite quantité de sang , ce qui leur donne un aspect hriquetê foncé ; pouls à 1 1 2 , plus développé, plus résistant; chaleur passable; respiration bonne en arrière, légèrement rude pendant les fortes inspirations ; respiration à 28.
Julep sir. d'éther, 5o gram.; cat. sinap.; 1 bouilL; lait coupé décoct. orge.
4 janv. La malade peut rester couchée la tète non élevée; elle se plaint, depuis la veille, d'un mal dégorge assez fort (un peu de rougeur de l'arrière-gorge), la chaleur est un peu revenue aux extrémités; pouls meilleur, à 92-96.
7 janv. La malade continue à pouvoir rester couchée horizontalement ; sa respiration est de plus en plus dégagée ; les battements du cœur se font de mieux en mieux sentir et soulèvent assez fortement les doigts; ils sont accompagnés , surtout vers les cavités gauches , <F un bruit de frottement sec , superficiel , râpeux , beaucoup plus fort pendant la systole que pendant la diastole, continuant pendant la cessation des mouvements de la respiration , et qui nous parait du a un frottement pericardique ; en dehors et au-dessous du sein, le bruit se change en un bruit de froissement diffus , analogue à celui d'une étoffe de soie , ou même d'une jeuille mince de parchemin [bruit de frou-frou.) Le double claquement valvulaire , masqué par ce bruit dans la région précordiale, se dégage à mesure qu'on s'approche de la partie supérieure de la poitrine.
Aucune douleur dans la poitrine en général, ni dans la région précordiale en particulier.
Le pouls continue à être fréquent , i32, encore peu développé, régulier; la respiration à peu près normale sans frottement pleural distinct soit à droite, soit à gauche. Expectoration presque nulle.
^ isage toujours anxié , un peu livide ; les yeux saillant* j largement ouverts.
SECONDE CATÉG. d'oBSERVATÏONS DE PÉRICARDITE. /[Q.3
Diagnostic et pronostic de ce jour. Péricardite et peutêtre un peu (T endocardite [bruit de frottement péricurdupie) ; affection chronique probable , mais nia/ déterminée, des poumons [symptômes de suffocation avec hémoptysie assez abondante). Casus gravissimus.
Vésicat. o"1, i5 ré g. précord.; in/, guim. sir. gorri. 2 p.; pot. gornm. sir. pointe asperges 00 gram.; 1 bouillon.
8 janv. Hier au soir à la visite, l'état de la malade était à peu peu près le même que le matin. — Ce malin , sur les 5 heures, elle a éprouvé des Convulsions, et au moment de la visite elle en éprouve une seconde attaque , qui présente tous les caractères de l'épilepsie. ( Convulsion des membres, les doigts serrés, et le pouce tourné vers la paume de la main; dilatation de la pupille, renversement des yeux ; écume à la bouche ; respiration stertoreuse* ) L'attaque a duré environ deux à trois minutes.
Immédiatement après, la pupille est devenue sensible à la lumière ; extrémités froides ; le poids de la radiale est d'abord nul; cependant, il revient peu à peu* mais filiforme , à 72, régulier ; les battements du cœur sont distincts , avec le bruit râpeux indiqué la veille , surtout pendant la systole, toujours diffus.
La mort arrive à 2 heures de l'après-midi.
autopsie cadavérique, 43 heures après la mort.
Organ. circul. — Le cœur n'est à découvert que dans une étendue sensiblement normale ; il se trouve en Contact avec la paroi pectorale correspondante. Du feuillet qui recouvre le ventricule gauche à la portion correspondante du feuillet pariétal , existent des lames et des filaments encore mous , qui établissent une légère adhérence entre ces parties. Le feuillet pariétal du péricarde à gauche est tapissé par une couche pseudo-membraneuse , mince , amorphe; au-dessous d'elle, rongeur et injection médiocre. Le feuillet viscéral correspondant est revêtu d'une couche semblable,' le côté droit du cœur tStfffa nuiltàjMrt ste frace* d& ^uudo^thambmmst
l\ll\ MALADIES DU CŒUR KN PARTICULIER.
Le péricarde, avant d'être ouvert, semblait notablement distendu par un épanchement ; mais la sérosité occupait la partie la plus déclive (postérieure et inférieure) de la poche péricardique, en sorte que le cœur ne se trouvait nullement pressé par le liquide , lequel aurait pu remplir environ les trois quarts d'un verre à boire; ce liquide était un peu fauve , légèrement trouble.
Le cœur est d'un bon tiers plus volumineux qu'à l'état normal ; ses cavités droites sont remplies de concrétions qui se sont en partie écoulées à l'ouverture des gros ■vaisseaux. L'une d'elles, sous forme de ruban pZbrineux , s'étend dans l'artère pulmonaire.
Les valvules droites présentent une teinte opaline , elles sont bien conformées. — La valvule tricuspide est un peu épaissie. — Pas de rougeur de l'artère pulmonaire.
Le ventricule gauche , assez robuste , forme à lui seul plus des trois quarts de la masse du cœur. // contient une concrétion fibrineuse blanche , résistante , élastique , réfléchie autour de la valvule tricuspide et de ses tendons ; cette concrétion s'étend au loin dans l'aorte , et se termine en queue dans l'aorte descendante, artère d'ailleurs tout-à-fuit saine.
Les valvules aortiques et bicuspide opalines, épaissies ; le bord libre de la valvule mitrale est un peu fibro-cartilaginisé. — Les orifices sont libres.
Organ. respirât. — Le poumon gauche offre quelques adhérences avec le péricarde, au moyen de brides celluleuses. Incisé dans toute son étendue , il n'a rien présenté de remarquable.
Le poumon droit, adhérent de toutes parts avec la plèvre costale, par des brides cellulo-fibreuses, très difficiles à rompre , et qui semblaient avoir rapproché les parois costales de l'axe de la cavité, n'offrait aucune altération nolable, si ce n'est une congestion plus forte encore que le gauche. Aucun foyer tuberculeux, ni granulations nulle part.
SECONDE CATÉG. D'OBSERVATIONS DE PïmiCARDITE. 4'-^
Cent. nerv. — Le cerveau, de bonne consistance, ferme , un peu congestionné.
Réflexions. — Jusqu'au moment où nous entendîmes le bruit de froissement ou de frou-frou périenrdique , notre diagnostic était indécis, li me parait certain que la péricardite existait à une époque bien antérieure à celle où nous l'avons positivement diagnostiquée , et qu'elle était la cause de la plupart des accidents éprouvés par la malade. La toux, l'hémoptysie, l'oppression, nous avaient fait craindre quelque affection chronique des poumons; mais l'état dans lequel nous avons rencontré ces organes après la mort n'a pas justifié nos conjectures , conjectures qui ne se seraient probablement pas présentées à notre esprit si nous avions observé la malade dès l'origine de sa maladie, et si du moins , à l'entrée , nous eussions été mieux éclairé sur les antécédents.
Quoi qu'il en soit, ce fait, comme tant d'autres , est bien propre à mettre en lumière toute l'importance des méthodes physiques d'exploration.
Les convulsions épileptiformes qui ont commencé environ 24 heures avant la mort avec effacement complet d'abord , puis petitesse extrême du pouls, ne se rattacheraienlelles pas à la formation des concrétions trouvées dans le cœur? Nous discuterons ailleurs cette question, en ayant soin de rapprocher de ce cas ceux qui nous ont offert le même genre d'accident.
OBSEKVATIOÎY 16e.
Homme de 29 ans. — A la suite d'un rhumatisme articulaire très prolongé, palpitations , dyspnée , double bruit de soufflet râpeux et piaulement du cœur, etc. — Mort. — Adhérences générales anciennes du péricarde avec le cœur. — Epaississement, état fibro-carlilagineux etcrélar? des valvules gauches avec rétrécissement de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche. — Adhérences anciennes des deux poumons.
Berthier, âgé de 29 ans, boucher, fut admis à la Clinique le 28 octobre 1807. ïl fut atteint, il y a huit ans , d'un
rhumatisme articulaire qui dura six mois. (On lui fit deux saignées, et on lui appliqua deux fois des sangsues. ) Il y a trois ans, nouveau rhumatisme , qui ne dura que quinze jours , et qui fut borné au genou.
Depuis la première attaque de rhumatisme , le malade est resté sujet aux palpitations. Trois semaines avant son entrée, son ventre et ses jambes ont commencé à enfler.