‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 111 sur 142 · TROIS. CATEG. D'OBSERVATIONS DE PERICARDITE · texte numérisé non relu

TROIS. CATEG. D'OBSERVATIONS DE PERICARDITE

puisque la péricardite chronique s'associe si fréquemment aux lésions de l'endocarde , et, qu'on me permette de le dire d'avance , à l'endocardite également chronique.

Mais enfin, dira-t-on, il est pourtant des cas où la péricardite chronique existant indépendamment de toute lésion de la membrane interne du cœur ou des valvules, on a observé les symptômes que vous rapportez aux lésions organiques de ces valvules. Je n'ignore pas qu'il a été publié et qu'il se publie encore chaque jour des observations de ce genre ; mais j'oserai affirmer que les faits dont il s'agit ont été pour la plupart mal observés, et que jusqu'ici, peu de médecins ont examiné et examinent le cœur avec tout le soin que nous y apportons nous-mème. On insiste et l'on dit : n'y eût-il qu'un seul fait de péricardite chronique avec symptômes d'obstacle mécanique à la circulation, il faudrait convenir que cette maladie peut, en l'absence de toute lésion organique des valvules et de leurs orifices, donner lieu à des phénomènes que vous rapportez spécialement à cette dernière. J'en conviens très volontiers ; mais je déclare en même temps qu'on ne trouve encore dans la science aucun fait bien observé qui établisse incontestablement qu'une péricardite chronique a été accompagnée des principaux symptômes locaux et généraux que nous attribuons aux grandes lésions des valvules, sans la coexistence de quelqu'une de ces lésions.

J'espère que le lecteur n'ira pas conclure de ce qui vient d'être dit, que la péricardite chronique, a mon avis, ne donne jamais lieu à quelques accidents d'obstacle a la circulation. Non; je pose seulement en fait que , par ellesmêmes, les lésions exclusivement propres à la péricardite n'entraînent pas le plus souvent de trouble notable dans les actes de la circulation et de la respiration , et que dans les cas où elles en déterminent, il est porté à un moindre degré que dans les grandes lésions organiques des valvules. J'ajoute que ces dernières lésions, pour quiconque s'est fami-

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liarisé avec leur étude, sont, en général, aussi faciles à diagnostiquer qu'une maladie chirurgicale des plus vulgaires , un rétrécissement de l'urètre , par exemple ; tandis que, dans bien des cas, plusieurs des lésions organiques du péricarde échappent à tout diagnostic positif, et peuvent seulement être présumées, si l'on possède, pour éclairer son jugement, une connaissance détaillée des antécédents (1).

Nous pourrions traiter actuellement des rapports qui existent entre les maladies de la substance musculaire du cœur elle-même et la péricardite chronique ; mais il nous paraît plus convenable de réserver cette question , ainsi que celle de l'évolution de l'exsudation péricarditique ou du mécanisme des transformations de la matière organisable et plastique , pour l'histoire générale de la péricardite, dont il est temps que nous nous occupions.

SECONDE SECTION

ARTICLE PREMIER

DESCRIPTION DES LESIONS 00 CARACTÈRES ANATOMIQCES.

Dans l'exposition des caractères anatomiques ce la péricardite, nous suivrons l'ordre d'après lequel nous avons classé nos observations.

(1) Je n'ai pas besoin de faire observer ici que , dans tout ce passage, nous avons fait abstraction de Yépauchement liquide qui accompagne certaines péricardites chroniques. Il est clair que , dans un cas d'énorme épanchement , et par suite de compression du cœur, des poumons et des gros vaisseaux, on peut observer les sjmptômes d'obstacle à la circulation et à la respiration qui signalent les grandes lésions valvulaires. Mais c'est dans ce cas surtout que les signes locaux ne permettent pas de confondre la péricardite chronique avec ces dernières.

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