‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 117 sur 142 · PRONOSTIC ET COMPLICATIONS DE LA PERICARDITE · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET COMPLICATIONS DE LA PERICARDITE

leurs ont rencontré de complètes adhérences du péricarde au cœur, chez des individus dont la circulation et la respiration n'avaient éprouvé aucune espèce d'obstacle provenant de la présence de ces adhérences (1).

Disons toutefois ici que les adhérences générales et complètes sont moins communes peut-être à la suite de la péricardite qu'à la suite de la pleurésie, ce qui pourrait dépendre des mouvements forts et continuels dont le cœur est incessamment agité. Aussi les plaques fibreuses, fibrocartilagineuses, etc., sont-elles plus communes que les adhérences proprement dites à la suite de la péricardite. Ces plaques, quand elles sont saillantes, inégales, rugueuses, les granulations et les végétations plus ou moins dures qui peuvent hérisser la surface du péricarde, rendent moins libre et moins facile le glissement du cœur, et l'on entend ordinairement, ainsi que j'en ai cité des exemples, un bruit particulier, indice de ce frottement accidentel; mais aucun fait ne me porte à croire qu'il en résulte, dans les cas ordinaires, un obstacle notable aux fonctions du cœur.

La péricardite chronique, avec épanchement purulent, séro-sanguinolent, ou séro-pseudo-membraneux, doit inspirer de sérieuses inquiétudes, au moins dans l'état actuel de nos moyens thérapeutiques. On ne saurait donc trop s'appliquer à reconnaître de bonne heure la péricardite - et

(1) Corvisarlest donc réellement et heureusement tombé dans l'erreur (?rretir déjà relevée parLncnnec),en disant: «De même que je ne crois pas- qu'il » soit possible de vivre et de vivre sain, avec l'adhérence complète et immé- » diate des poumons aux surfaces adjacentes ; de même je pense que l'adlié- » rence totale du péricarde au cœur est nécessairement accompagnée d'un «dérèglement dans les fonctions de cet organe, que la mort en est la suite >• inévitable , plus prompte ou plus tardive suivant l'âge, le sene, le fempé- » rament, la profession, les dispositions morales. »

Tout récemment encore (juillet 1840), nous avons ouvert un individu chez lequel le péricarde adhérait de toutes parts au cœur, et qui pendant la vie n'avait offert aucun trouble de la circulation.

â la combattre par ces méthodes vigoureuses qui préviennent si heureusement le passage de la maladie à l'état chronique.

II. La marche et la durée de la péricardite varient suivant un grand nombre de circonstances, telles que le genre de cause qui a produit !a maladie, l'âge, le tempérament, Fétat de simplicité ou de complication, le traitement, etc.

Quelques péricardiles paraissent marcher avec une rapidité si effrayante, qu'elles foudroient pour ainsi dire les malades. C'est ainsi que le sujet de la première des observations de péricardite rapportées dans la Clinique médicale de M. Andral fut emporté en 27 heures. On sait aussi que la péricardite à laquelle succomba le grand Mirabeau produisit des accidents si rapidement mortels, qu'on fit courir le bruit d'un empoisonnement.

Les péricardiles si rapidement mortelles sont presque toujours compliquées, soit d'une violente pleurésie, soit d'une endocardite sur-aiguë, etc.

Lorsque la péricardite est chronique, elle peut durer plusieurs mois. Quant aux produits organisés qu'elle amène à sa suite, ils persistent, comme nous l'avons vu, un temps indéterminé , sans troubler notablement la santé.

Une péricardite de moyenne intensité, traitée , dès son début, par notre méthode, se termine, en général, d'une manière heureuse, vers la fin du premier septénaire : il y a quelques exceptions à cette règle.

III. Nous avons déjà tant de fois été forcé de parler des complications de la péricardite, que je n'ai pas cru devoir consacrer ici un article particulier à ce sujet. Les faits consi gnés dans ce chapitre prouvent jusqu'à l'évidence que la péricardite est le plus souvent compliquée d'une inflammation soit aiguë, soit chronique, de la membrane interne du cœur, de la plèvre, du péritoine et des membranes synoviales des articulations. J'ai cité un cas bien remarquable où la rate elle-même avait été prise d'une inflammation

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