‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 118 sur 142 · DU TRAITEMENT DE LA PERICARDITE · texte numérisé non relu

DU TRAITEMENT DE LA PERICARDITE

§ Ier. Préceptes généraux.

Comme toutes les autres phlegmasies en général, la péricardite aiguë réclame l'emploi des émissions sanguines, du repos, de la diète, des boissons adoucissantes, rafraîchissantes et des applications émollientes.

Mais jusqu'ici cette méthode n'avait pas été mise en usage avec une suffisante énergie, dans les cas, d'ailleurs bien rares, où la péricardite avait été formellement diagnostiquée. Aujourd'hui que le diagnostic de cette maladie repose sur les signes les plus certains, j'ose affirmer qu'en appliquant, avec une hardiesse éclairée, la nouvelle formule des émissions sanguines au traitement de la péricardite aiguë, on obtiendra des succès vraiment inespérés. Tel est du moins le résultat auquel me conduisent les huit dernières années de ma propre expérience. J'ai vu céder rapidement à des émissions sanguines généreuses, réiléréesplusieurs fois dans l'espace de trois, quatre et cinq jours, presque toutes les péricardites que j'ai rencontrées , et le nombre en est aujourd'hui très considérable (il s'élève à 60 au moins) (1).

(1) Aux cas de guérison, recueillis à la clinique, qui seront rapportés plus bas, on peut ajouter celui d'un jeune homme auprès duquel me Gt appeler l'un de nos plus savants confrères de la ville, M. le docteur Forget (aujourd nui professeur à la Faculté de Strasbourg), aux soins duquel il était conûé. Trois fortes saignées du bras et deux applications de sangsues sur la région précordiale triomphèrent d'une péricardite, annoncée entre autres signes pathognomoniques , par la matité de la région précordiale et le bruit de frottement péricardique (une très violente réaction fébrile existait chez ce jeune malade). I. 34

Il n'est pas nécessaire de dire que les saignées, tant générales que locales , doivent être proportionnées à l'intensité de la maladie, à l'âge, à la force, au tempérament, au sexe du sujet, aux complications, etc.

Règle générale : chez un sujet dans la force de l'âge, atteint d'une péricardite intense, trois ou quatre saignées du bras, de trois à quatre palettes, dans les deux ou trois premiers jours, secondées par l'application de vingt-cinq à trente sangsues ou de ventouses scarifiées (3 ou 4 palettes pour chaque fois), réitérée deux ou trois fois dans l'espace de temps indiqué, suffiront à la guérison de la maladie (1).

Ceux qui voudraient avoir des détails plus étendus et des résultats numériques précis sur cette formule» les trouveront dans notre Clinique médicale et dans notre Traité du rhumatisme articulaire, auxquels nous renvoyons pour éviter des répétitions superflues. On y verra combien la dose do sang diffère selon les degrés d'intensité de la maladie. Celte distinction , cette catégorisation des cas selon leurs degrés d'intensité ou de gravité, est une donnée sans laquelle le praticien ne saurait appliquer d'une manière éclairée, et partant avec succès, aucune méthode thérapeutique en général, et particulièrement la nouvelle formule. Ce serait, en effet, une erreur très dangereuse que d'appliquer aux cas légers la formule qui convient aux cas graves, et réciproquement. Or, ainsi que je l'ai tant de fois déclaré, rien n'est plus difficile que celte catégorisation : elle exige une longue habitude clinique et d'heureuses dispositions pour l'exercice de notre art.

(1) Depuis sept ans environ, nous avons remplacé, à la clinique et dans notre pratique de la ville, l'usage des sangsues par les ventouses scarifiées, appliquées suivant la méthode allemande, par M. Buchel , et nous en avons obtenu les plus heureux succès. Par celte méthode des émissions sanguines locales, nous avons l'avantage de connaître exactement la quantité du sang reliré|(chaque application est de deux à quatre palettes).

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