‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 132 sur 142 · QUATRIÈME CATÉGORIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME CATÉGORIE

OBSERVATIONS DE CARDITE TERMINEE PAR INDLRATIO.N.

Parmi les observations qui ont été rapportées sur l'induration du cœur , il en est beaucoup dans lesquelles l'induration était la suite d'une péricarclite ou d'une endocardite plutôt que d'une cardite proprement dite. Il est néanmoins des cas où l'induration a été réellement consécutive, sinon aune cardile simple, du moins à une cardite compliquée d'endocardite ou de péricardite (je n'ai jamais rencontré que cette dernière espèce de cardile).

Albertini parait avoir observé un cas d'ossification de l'une des oreillelles.

Gorvisart a trouvé une fois la substance du cœur tellement dure quelle résonnait comme un cornet (1) , bien qu'elle eût conservé sa couleur rouge. Il a rencontré une autrefois un endurcissement cartilagineux de la pointe du cœur.

Burns dit avoir eu l'occasion de voir le tissu des ventricules parfaitement ossifié, de telle sorte quil ressemblait à celui des os du crâne.

M. Renauldincommuniquaà Gorvisart l'observation d'une sorte de pétrification du cccur.

Broussais a vu deux fois le cœur endurci et semblable à une noix de coco.

Les observations que nous avons rapportées dansles chapitres itret3e de cet ouvrage, offrent plusieurs cas à' induration du cœur : chez le sujet de l'observation 21e, une induration fibro-cartilagineuse et comme lardacée ou squirrheuse du péricarde s' 'était propagée au tissu propre du cœur. Chez le sujet d'une autre observation, une des colonnes charnues était transformée en tissu fibro-cartilagineux . La section de cette colonne

(() Laënnec dit aussi avoir rencontré un cas où le ventricule droit du cœur, hypertrophie , résonnait à la percussion comme un de ces cornets de cuir qui servent a jouer au irictrae.

QUATRIEME CATEG. D'OBSERVATIONS DE CARDITE. 6ll

faisait voir que la substance musculaire était entourée d'une sorte de coqueftbro-cartilagineuse. Chez le sujet d'une troisième observation (recueillie par Dance), la plus grande partie des colonnes charnues du ventricule gauche étaient décolorées et converties en une sorte de tissu fibreux , blanc et résistant.

Je vais rapporter brièvement ici quelques autres cas d'induration du cœur.

OBSERVATION 61e.

Femme de 33 ans. — Symptômes d'hypertrophie du cœur, avec induration des valvules et rétrécissement d'un orifice. — Hypertrophie et dilatation du ventricule droit , dont les parois ont une consistance très grande , comme si elles eussent subi un commencement d'induration cartilagineuse. — Induration de la valvule milrale, et rétrécissement de l'orifice correspondant.

Louise Neuray , âgée de 53 ans, éprouvait, à la suite d'une chute sur la région précordiale, les symptômes caractéristiques d'une induration des valvules du cœur avec rétrécissement d'un orifice et hypertrophie des ventricules : bruit de soufflet, battements violents, surtout dans la région du ventricule droit, etc. (La malade assurait sentir très bien que les palpitations étaient plus fortes dans cette région que dans celles des cavités gauches.) — La mort arrive le (j janvier i8i3.

autopsie cadavérique.

Entre autres lésions du cœur, nous constatâmes les suivantes : Le ventricule droit est d'environ un tiers plus grand qu'à l'état normal (la dilatation est surtout très prononcée vers i'insertion de l'artère pulmonaire). Les parois de ce ventricule ont de 5 à 5 lignes (7 a 11 mill.) d'épaisseur. Leur tissu est d'un rouge rose, d'une consistance très grande, comme si elles avaient subi un commencement d'induration cartilagineuse. — Valvule bicuspide transformée en un anneau d'un tissu blanc, résistant , tendineux ou fibrocartilagineux , resplendissant, etc.

6l5 MALADIES DU COEUR EN PARTICULIER.

OBSERVATION 62e.

Homme d'environ 50 ans. — Symptômes de maladie organique du cœur. — Mort par suite d'une apoplexie pulmonaire. — Indurations de plusieurs colonnes charnues du ventricule gauche , etc.

Un ancien , professeur de belles-lettres, âgé d'une cinquantaine d'années, offrait, depuis long-temps, les symptômes d'une maladie organique du cœur , lorsqu'il fut admis à l'hôpital Cochin , où il succomba , le i3 octobre 1822, à une attaque véritable à* apoplexie pulmonaire foudroyante, — Le ventricule gauche du cœur était dilaté et épaissi ; le tissu de ses colonnes charnues était profondément altéré, ramolli et facile à déchirer dans les unes, dur et résistant dans les autres. Les colonnes ainsi indurées étaient d'un blanc jaunâtre , décoloration qui tranchait avec la rougeur vive du tissu des parois , etc.

OBSERVATION 63f (I).

Homme de 48 ans. — Mort au milieu des symptômes d'un obstacle à la circulation à travers le cœur. — Induration des piliers charnus du ventricule droit et de la portion droite de la cloison intcrvenlriculaire.

Un jardinier, âgé de 4& ans, mourut à l'hôpital Cochin (le 21 janvier 1820) , au milieu de symptômes qui annonçaient un grand obstacle à la circulation. — Les piliers charnus du -ventricule droit avaient augmenté de 'volume, et telle était leur densité, quen les tirant fortement en sens contraire, ils semblaient se casser plutôt que se déchirer. Les parois de ce ventricule , agrandies et épaissies , présentaient la même dureté que les piliers. La cloison -ventriculaire était très épaissie, et tandis que la moitié droite de cette cloison était endurcie, la moitié gauche avait conservé sa densité ordinaire.

(1) Observation de Berlin.

HISTOIRE GÉNÉRALE DE LA. CARDITE. 6l3

Femme d'environ 50 ans, morte avec des signes de lésion organique du eœur. — Ventricule gauche offrant au toucher une fermeté et une résistance telles que l'on aurait cru presser un os ou tout autre corps analogue.

Une femme d'environ 5o ans fut apportée à l'hôpital Cocliin , où elle mourut au bout de quelques heures. Son pouls était à peine sensible , irrégulier , intermittent ; la main appliquée sur la région précordiale sentait les battements du cœur, qui, dans un point assez circonscrit, étaient brusques et accompagnés d'un frémissement cataire. — Le cœur avait un volume considérable. Les parois du ventricule droit, un peu plus épaisses que dans l'état naturel, étaient molles et faciles à déchirer. Le ventricule gauche offrait au toucher une fermeté et une résistance telles, que l'on aurait cru presser un os ou tout autre corps analogue. Ses parois, ainsi endurcies, avaient l'épaisseur de deux travers de doigt, et sa cavité, presque effacée, était remplie par une concrétion polypeuse , de la grosseur d'une petite sangsue.

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