DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXVII
latations ou des anévrismes du cœur et de l'aorte (1). Un peu avant la publication du traité De sedibus et causis morborum , etc. , avait paru le volumineux traité de Sénac sur la structure et les maladies du cœur, ouvrage qui est la représentation assez fidèle des connaissances très incomplètes qu'on possédait alors sur un certain nombre de lésions organiques du cœur.
Dans son Essai sur les maladies et les lésions organiques du cœur et des gros çaisseaux , Corvisart laissa bien loin derrière lui tous ceux qui jusque là s'étaient occupés du même sujet. De l'époque où parut cette belle monographie , date réellement une ère nouvelle pour l'histoire des maladies du coeur. Corvisart établit une nouvelle division des anévrismes de cet organe, décrit plus exactement que ses prédécesseurs la péricardite , les indurations, les végétations des valvules et le rétrécissement qui en est la suite ; il applique au diagnostic de plusieurs maladies du cœur la précieuse méthode d'Avenbrugger qu'il avait naturalisée en France , ou plutôt qu'il avait en quelque sorte inventée une seconde fois; enfin , Corvisart montre, plus clairement encore que nul ne l'avait fait avant lui , le rôle que jouent les
(1) Morgagni n'oublie point de noter le rapport qui existe entre certaines dyspnées et certaines maladies du cœur, et dit, en parlant des causes de la dyspnée en général : « Earum praecipu®, et saepius quam aliqui putant, aut ad » aquamspectanteffusam, aut ad cordis, majorumque vasorumdilatalionem.» Cet illustre observateur a placé en tète de ses 17eet 18e lettres le titre suivant, qui fait assez comprendre qu'il avait bien su rattacher certaines difficultés de respirer à la cause indiquée : « Sermo est de respiratione l/esa a cordis aut magnjE artère intra thoracem anburysmatibus. » Mais Morgagni ne se doutait guère de tout ce qui restait à Taire pour analyser exactement les divers éléments morbides compris sous ce nom à' anévrismes.