‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 36 sur 142 · IDÉE GÉNÉRALE DU CŒUR. J · texte numérisé non relu

IDÉE GÉNÉRALE DU CŒUR. J

Surmontées, à leur partie antérieure, de X appendice auriculaire (sorte de prolongement qu'on a comparé à une oreille de chien, et dont le bord libre est découpé), les oreillettes reçoivent l'insertion de plusieurs veines , qui sont, pour la droite, les veines caves supérieure et inférieure , et, pour la gauche , les quatre veines pulmonaires. Ce rapport des différentes parties du cœur avec les gros vaisseaux a fait nommer le ventricule droit , ventricule pulmonaire; le gauche, ventricule aortique ; l'oreillette droite, sinus des veines caves; et l'oreillette gauche , fines des veines pulmonaires.

Les quatre cavités dont le cœur est composé ont des parois d'inégale épaisseur. Ces cavités sont disposées de manière que les cavités gauches et droites, ainsi qu'il a été déjà dit, ne communiquent point immédiatement les unes avec les autres (1). Mais les deux cavités de chacune des moitiés du cœur communiquent entre elles au moyen d'une ouverture à laquelle on donne le nom d'orifice auriculo-ventriculaire. On voit à l'intérieur des oreillettes les orifices des veines caves et pulmonaires. De toutes ces veines, la seule dont l'orifice soit garni d'une valvule, est la veine cave inférieure. Cette valvule, que l'on appelle ordinairement valvule d'Eustache , est beaucoup trop étroite pour pouvoir fermer entièrement l'orifice auquel elle est adaptée. La cavité de l'oreillette droite offre aussi l'ouverture des veines cardiaques ou coronaires.

L'oreillette d'un côté est séparée de celle du côté opposé par une cloison commune, qui présente , à l'intérieur de l'oreillette droite , un léger enfoncement presque circulaire que l'on appelle fosse ovale , et qui est la trace d'une ouver ture qui ne se rencontre dans l'état sain que chefc le fœtus î

(1) Cette communication a lieu dans le fœtus ; mais chez l'individu qui a respiré , elle constitue un véritable vice de conformation dont nous parlerons ailleurs.

8 ANATOM1E DU COEUR.

cette ouverture est connue sous le nom de trou de Botal.

La cavité des ventricules , séparés l'un de l'autre par une cloison commune, présente les orifices des artères pulmonaire et aorte.

Les orifices aortique et pulmonaire , ainsi que les orifices auriculo-venlriculaires droit et gauche, sont munis de replis membraneux que l'on désigne sous le nom de valvules. Les valvules aortiques et pulmonaires sont au nombre de trois pour chaque orifice, et elles sont désignées sous le nom de valvules sygmoïdes , dénomination qui donne une idée assez exacte de leur configuration; elles portent aussi le nom de seniï-lunaires. Le bord libre de chacune de ces valvules offre à sa partie moyenne un petit tubercule que l'on appelle tubercule a" Arautius. Les valvules qui sont adaptées aux orifices auriculo-ventriculaires ont leur bord libre découpé en un grand nombre de dentelures, et, déplus, profondément divisé en trois languettes principales dans le ventricule droit, et en deux seulement dans le ventricule gauche. C'est d'après cette disposition que l'on a donné le nom de valvule tricuspide ou triglochyne à celle qui borde l'orifice auriculo-ventriculaire droit, et le nom de bicuspide ou mitrafe, à la valvule auriculo-ventriculaire gauche. Lorsque les valvules sont rapprochées, elles bouchent en quelque sorte hermétiquement, à la manière de soupapes , les orifices auxquels elles sont adaptées.

Les orifices auriculo-ventriculaires, dont la circonférence est elliptique , tandis que celle des orifices aortique et pulmonaire est circulaire , sont bordés par une ligne ou zone blanchâtre, plus apparente du côté des oreillettes, et qui est due à la saillie formée par un anneau fibreux ou tendineux, renfermé dans l'épaisseur même du cœur. Vu du côté de l'oreillette, l'orifice auriculo-ventriculaire gauche est souvent comme plissé ou froncé, disposition qui, lorsqu'elle est très prononcée , rappelle celle de l'anus.

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