DEUXIÈME PARTIE
Les phénomènes divers dont l'ensemble constitue la physiologie du cœur, n'ont été bien analysés que dans ces derniers temps; et comme l'étude de ces phénomènes à l'état anormal a répandu les plus vives lumières sur le mécanisme qui les régit à l'état normal , il nous parait indispensable de donner à cette étude une place dans la seconde partie de nos prolégomènes. Nous commencerons toutefois par l'analyse des phénomènes qui caractérisent l'exercice normal de l'action du cœur.
SECTION PREMIÈRE
PHYSIOLOGIE DU COEUR A l'ÉTAT NORMAL.
Le cœur étant un organe essentiellement musculaire , son action doit essentiellement aussi consister et consiste, en effet, en des mouvements. Or, ces mouvements , en raison de la structure mécanique de l'organe et en raison du milieu avec lequel il se trouve pour ainsi dire en rapport, accomplissent les principaux actes de la circulation du sang. Aussi le cœur est-il justement défini le principal agent ou l'organe central de celle circulation. Je commencerai par l'exposition ou la description des divers mouvements du cœur, et je ferai connaître ensuite les efforts des physiologistes pour la détermination du principe de ces mouvements.
ARTICLE PREMIER
§ le.. Analyse des mouvements du cœur : — de leur rhythme ; de leur force ; — de leur étendue. — Mécanisme du cœur dans la circulation.
Pour répandre le plus de clarté possible sur le sujet que nous allons étudier, je diviserai les mouvements du cœur en deux ordres , les uns extérieurs et visibles , les autres intérieurs et cachés (mouvements valvulaires) , presque entièrement négligés ou mal appréciés par les physiologistes.
i° Mouvements extérieurs ou de s/stole et de diastole.
ilaller conclut des expériences qu'il a faites sur ce sujet, que les ventricules et les oreillettes sont le siège de contractions et de dilatations alternatives, dont l'ordre de succession est le suivant.
Les oreillettes se contractent simultanément pendant que les ventricules sont en repos. Peu après elles se relâchent, et c'est alors que les ventricules se contractent à leur tour d'une manière simultanée comme les oreillettes. Celte contraction est suivie d'un relâchement qui constitue un véritable état de repos pour les ventricules, et c'est pendant ce repos que recommencent les contractions des oreillettes, et ainsi de suite.
On donne le nom de systole au phénomène de contraction des diverses cavités du cœur, et celui de diastole au phénomène de dilatation.
« Si le cœur d'un animal vivant est mis à découvert, dit M. Magendie , on reconnaît aisément que les oreillettes et les ventricules se resserrent et se dilatent alternativement. Ces mouvements sont tellement combinés, que le resserrement des oreillettes arrive concurremment avec la dilatation des ventricules, et, vice versa , que la contraction des ventricules coïncide avec la dilatation des oreillettes. »