‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 55 sur 142 · MOUVEMENTS DIT COEUR · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS DIT COEUR

M. le docteur Hope a fait récemment de belles expériences sur les mouvements que nous analysons, Je vais en présenter ici les résultats. Elles ont été pratiquées sur des grenouilles , des lapins et des ânes. Nous parlerons particulièrement de celles qui ont été faites sur les ânes(i).

« Le premier mouvement du cœar qui interrompt l'intervalle de repos , c'est la systole de l'oreillette. Cette systole consiste en un mouvement de contraction très léger et bref, plus considérable dans l'appendice qu'ailleurs, et se propageant vers le ventricule par une sorte de mouvement vermiculaire, dont la fin semble se continuer avec la systole de ce ventricule.

» La systole ventriculaire commence subitement et est suivie de la diastole. On reconnaît à la vue et au toucber que la contraction du ventricule consiste en une secousse énergique et soudaine, accompagnée de la dépression du centre ou corps du ventricule. Le choc de la pointe du cœur contre les côtes et le pouls des artères les plus voisines du cœur, sont isochrones à la systole ventriculaire; le pouls des artères éloignées du cœur, comme la radiale, suit la contraction ventriculaire à un intervalle à peine appréciable.

» A la systole des ventricules succède leur diastole, pendant laquelle ils reviennent, par une expansion instantanée, sensible au toucher et à la vue, au même état où ils étaient pendant le repos. Le mouvement de diastole est accompagné d'une légère rétraction des oreillettes et de l'éloignement de la pointe du cœur des parois de la poitrine.

» Vient ensuite l'intervalle de repos , pendant lequel le ventricule demeure dans un état de plénitude sans distension. Après ce repos, recommence avec la régularité

(1) Voyez l'ouvrage de M. Hope sur les maladies du cœur; voyez aussi dans le Journal hebdomaire de médecine (t. II, année 1834 ), la traduction de cette partie de l'ouvrage de M. Hope, par M. le docteur Sureau,

la plus parfaite , la série des mouvements indiqués cidessus (1). »

L'ensemble de ces mouvements et le repos qui les suit constituent un battement complet, et, si j'osais le dire, une révolution du cœur. Le nombre des contractions ventriculaires , et partant de chacun des autres temps dont se compose l'action totale du cœur, est de 60 à 72 par minute, chez l'homme sain ; par conséquent, de 3, 600 à 4?32o par heure, et de 86,4oo à io3,68o par jour.

Le cœur parcourt donc la révolution de ses divers mouvements en une seconde environ , chez l'adulte. La durée respective des différents mouvements qui constituent un battement complet du cœur, a été fixée ainsi qu'il suit par Laënnec : la systole ventriculaire occupe la moitié environ de la durée totale du battement ; la systole ventriculaire en occupe un quart, et l'autre quart est consacré au repos. D'où il suit que, sur vingt-quatre heures, les ventricules ont douze heures de repos et les oreillettes dixhuit. Le repos des ventricules est de plus longue durée encore , dans le cas où le pouls est lent , de 48 à 5o pulsations à la minute, par exemple (2).

On donne le nom de rhythme des battements du cœur à

(1) Les phénomènes que j'ai observés sur le cœur mis à nu de deux lapins et d'un coq ne diffèrent guère de ceux décrits par M. Hope. Dans deux expériences sur des chiens, M. Marc d'Espine n'a pu voir les oreillettes ni se contracter ni se dilater. Les appendices seuls battaient pendant la dilatation brusque des ventricules. Ce même observateur dit aussi avoir trouvé que la contraction ventriculaire précédait le pouls et que la diastole le suivait.

(î) Suivant M. Hope , le repos proprement dit des ventricules ne durerait que six heures sur vingt-quatre. Mais si nous admettons, ajoute-t-il, que la diastole est aussi un moment de repos pour ces mêmes ventricules, nous aurons les douze heures de repos assignées par Lacnncc. Il pense aussi que, selon toute probabilité , la durée du repos des oreillettes est égale à celle du repos des ventricules.

. Laënnec a négligé dans son calcul le petit repos qui existe entre la systole et la diastole ventriculaires.

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