‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 62 sur 142 · SB · texte numérisé non relu

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l64 PHYSIOLOGIE DU CŒUR

» Si le choc de la pointe du cœur contre la paroi thoracique est l'effet purement passif de la contraction des oreillettes, l'intensité du choc doit toujours prouver l'intensité de la contraction auriculaire; et toutes les lois que dans une affection organique du cœur, on voit la cage thoracique violemment ébranlée par les battements de la pointe, on doit conclure qu'il y a contraction violente des oreillettes, dépendant d'une hypertrophie de leurs parois. Celte induction pathologique demandait à être confirmée par les faits ; j'ai consulté ceux que contient le Traité des maladies du cœur de M. le professeur Bouillaud , et j'ai obtenu le résultat suivant : Il y a seize observations d'hypertrophie des oreillelles, unie à celle des ventricules; ce sont celles qui portent les nos 21, 25 , ô 1 , 53 , 54 , 58 , 5q , 77 , 85 , 116, 121 , 1 24 ' (|l> 1 54 ; eh bien ! dans toutes, le choc de la pointe contre la paroi thoracique est exprimé en termes plus ou moins significatifs. On peut y remarquer que l'ébranlement thoracique est d'autant plus fort, qu'une hypertrophie considérable des oreillettes coïncide avec une hypertrophie également considérable des ventricules, et cela n'a rien d'étonnant ; car que faut-il pour produire un choc violent? un corps choquant volumineux et une force énergique qui le mette en mouvement.

» Il fallait une seconde série d'observations pour faire la contre-épreuve ; ainsi après avoir montré qu'un choc notable de la pointe du cœur contre le thorax coïncide avec l'hypertrophie des oreillettes, il fallait savoir ce qu'il advient quand cette hypertrophie n'existe pas, et qu'il n'y a que Celle des ventricules. L'ouvrage de M. Bouillaud ne contient que trois observations de cette dernière espèce; elles portentles nos 67 , 117, 1 55. Dans toutes les trois, les battements sont peu sensibles; dans deux» il n'y est pas fait mention du degré d'épaisseur des parois auriculaires, ce qui fait penser qu'elles n'avaient pas attiré l'attention sous Ce rapport; dans une, la i 17e, l'oreillette droite avait

a l'état anormal. i65

bien des parois épaisses , mais la gauche était extrêmement petite en comparaison du ventricule correspondant , qui avait une capacité triple de celle qui lui est naturelle , et des parois de six lignes d'épaisseur (i). »

SECONDE SECTION

PHYSIOLOGJE DU COEUR A l'ÉTAT ANORMAL.

Les phénomènes de l'action du cœur à l'état anormal constituant un des objets capitaux de la pathologie de cet organe, seront longuement étudiés dans la partie du présent ouvrage spécialement consacrée à l'histoire des diverses maladies dont il traite. Nous devons donc, dans ces prolégomènes , nous borner à considérer les lésions fonctionnelles du cœur sous un point de vue général, et à faire ressortir, autant que possible, les preuves que leur connaissance fournit à l'appui de la doctrine développée dans la précédente section.

Dans un premier article, nous nous occuperons des troubles ou des lésions que peuvent offrir les battements du cœur sous le tripl j rapport de leur rhythme, de leur force et de leur étendue. Nous étudierons, dans un second article, les modifications que diverses maladies font subir aux bruits normaux du cœur, elles bruits nouveaux, en quelque sorte accidentels , que déterminent certaines de ces maladies. Cet article sera suivi de deux autres où nous analyserons les bruits des artères et les bruits qui accompagnent l'état de grossesse.

(1) On voit combien notre esprit est ingénieux à trouver des preuves à l'appui deses conceptions les plus erronées. Les observations que M. Beau invoque en faveur de son opinion ne sauraient démontrer que le choc de la pointe du cœur contre la poitrine est d'une intensité proportionnelle à la force de contraclion des oreillettes, puisque, de toute évidence, ce choc n'est pas isochrone à la*y*toie auriculaire, mais bien à la systole venlriculaire

lOO PHYSIOLOGIE DU COEUR.

ARTICLE PREMIER

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