‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 74 sur 142 · TJKE ALTÉRATION DES ACTIONS VITALES · texte numérisé non relu

TJKE ALTÉRATION DES ACTIONS VITALES

Quoi ! il n'y aurait rien de phvsique dans un bruit de souffle produit ainsi qu'il \ient d'être dit! Quoi! ce serait à un influx nerveux , à une altération des actions vitales , qu'il faudrait attribuer le bruit de soufflet qu'on produit en comprimant une artère! Autant vaudrait affirmer que c'est

BRUITS ANORMAUX DES ARTÈRES. «j55

également à une altération des actions vitales, à une anomalie de l'influx nerveux, qu'il faut rapporter le bruit de soumet auquel on donne lieu en comprimant des tuyaux inertes à travers lesquels on fait couler un liquide; car, dans les deux cas , le phénomène s'opère absolument de la même manière.

Mais c'en est assez et trop , je le crains , sur un article que nous avions déjà été forcé de discuter à l'occasion des bruits anormaux du cœur. Cessons, dans l'intérêt même des lois -vitales proprement dites , de les invoquer là où elles ne sont pas applicables, et n'allons pas , par un système cje vitahsme mal entendu, ravir à la saine médecine l'un de ses plus beaux privilèges, celui de lever, pour ainsi dire, une ample contribution de lumières sur les sciences physiques, et de s'enrichir de leurs conquêtes. Sans doute, il faut procéder avec sagesse aux applications des connaissances physiques aux phénomènes de l'économie vivante; sans doute aussi , il est des phénomènes de celle économie vivante, qui, tout physiques qu'ils sont, ne sauraient encore être pleinement expliqués par les lois ou les principes de la physique actuelle. Mais qu'est-ce à dire , sinon que celte science elle-même , particulièrement dans son application aux phénomènes physiques des corps vivants, est encore bien loin d'avoir atleint son dernier degré de perfection ?

Depuis la première édition de cet ouvrage, il a été fait dans notre service des expériences qui démontrent toute l'influence qu'exerce le plus ou moins de densité du sang sur la production du bruit de diable des artères. Nous avions bien déjà signalé formellement cette condition du bruit dont il s'agit; mais, pour plus de précision , et pour procéder en celte matière conformément à nos principes à' exactitude médicale , il fallait déterminer, par l'emploi de V 'aréomètre , les divers degrés de densité du sang chez les individus qui présentent le bruit de diable et chez ceux qui lie le présentent pas. Or, ces expériences ont été faites sous

m es y eux par MM. Renauldinet Babin, alors élèves externes dans mon service. Elles ont eu lieu sur 27 malades. On en trouvera tous les détails ailleurs (1). Je me contenterai d'exposer ici le résumé de ces recherches et les conclusions qui en résultent.

Des 27 malades dont la densité du sang a été déterminée par l'aréomètre, i3 ont offert le bruit de diable, et 1 3 ne l'ont pas présenté (y). Ces derniers n'avaient été saignés qu'une seule fois, et n'étaient pas d'ailleurs, avant la saignée , dans des conditions favorables à la production de ce bruit. 1 2 des premiers avaient été saignés plusieurs fois (3 ou 4 fois au moins), au moment de l'apparition du bruit de diable. Chez un seul, il se manifesta après une seule saignée.

Voici maintenant les conclusions que nous avons à rappeler ici, en commençant par les maladesdelapremière série:

I. i° Le bruit de diable s'est manifesté 7 fois sur i3, lorsque la densité du sang est descendue à 5° 1/2 de l'aréomètre de Baume.

2° Trois fois le bruit indiqué ne s'est fait entendre qu'à l'instant où la densité a été de 5° 1 /4, et une fois qu'à l'instant où l'aréomètre a marqué 4° i/4- Par contre, deux fois , le bruit de diable s'est fait entendre lorsque la densité du sang était encore de 6° 1/4 et de 5° 3/4.

Quoi qu'il en soit, ce bruit s'est donc manifesté dans les i5 cas, lorsque la densité du sang est descendue au-dessous de 6° 1/4.

3° En auscultant tous les jours les malades , on a reconnu que le bruit de diable diminuait d'intensité à mesure qu'ils approchaient de la convalescence , et qu'il

(1) Clinique médicale de l'hôpital de la Charité. Paris, 1837, t. III, p. 315. Chlorose, Anémie, Hydrémie.

(2) Chez le malade restant, le bruit de diable existait avant la saignée qui lui fut pratiquée , et le sang de cette saignée avait une densité de 6° 1/2 seulement. C'étaitun sujet atteint d'un rhumatisme articulaire aigu, mais d'une constitution détériorée.

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disparaissait complètement un certain nombre de jours après qu'on leur avait donné des aliments. Sur 8 de ces malades, 2 n'avaient plus le bruit de diable 6 jours après avoir été mis au quart d'aliments : 1 quatre jours après, 1 cinq jours après, 1 sept jours après, 1 huit jours après, 2 neuf jours après.

Dans quelques cas, le bruit a disparu lorsque les malades ne mangeaient encore que le huitième d'aliments.

II. Chez les 10 malades qui ne furent saignés qu'une fois et qui n'offrirent point le bruit de diable , la densité du sang était : à 70 1/4 dans un cas, à 70 dans un cas, à 6° 3/4 dans un cas, à 6° 1/2 dans un cas , à 6° dans sept cas, à 5° 3/4 dans un cas (1).

De tous ces faits on est autorisé à conclure que, règle générale , le bruit de diable existe chez les individus dont le sang est d'une densité de moins de 6° à l'aréomètre de Baume , et qu'il n'existe pas, au contraire , chez les sujets dont le sang est d'une densité qui dépasse 6°. Les exceptions à cette règle générale tiennent à la présence de certaines autres conditions que l'observation a déjà fait connaître ou qu'elle fera connaître ultérieurement, telles que la force et la rapidité de la circulation , l'épaisseur plus ou moins grande des parois artérielles, le plus ou moins de poli de leur surface interne, les dispositions variables des parties qui les environnent, etc., etc.

Dans un travail remarquable sur les bruits anormaux des artères (2) , M. Max. Vernois , après avoir signalé une

(1) Postérieurement à l'époque où nous reçûmes dans notre service les 27 malades dont il vient d'être question, nous avons eu occasion de répéter les expériences ci-dessus résumées. Chez deux femmes qui présentaient le bruit de diable avant les saignées qu'on fut obligé de leur pratiquer, la densité du sang fut de 5° 1/5, puis 5° chez l'une qui fut saignée deux fois, et de 5° 3/4 chez l'autre qui ne fut saignée qu'une fois.

(2) Eludes physiologiques et cliniques pour servir à l'histoire des bruits des artères. Paris, 1337, in-4, figures.

cause nouvelle des bruils de souffle, sur laquelle nous allons bientôt revenir, ajoute : « Je n'ai point parlé de l'altération chimique du sang, ou physique seulement, par son mélange à des corps étrangers , comme cause de bruits de souffle : Vhydrémie de M. Bouillaud cependant semble être pour lui une cause très réelle. Je crois qu'on n'a pas fait à ce sujet des expériences analytiques assez nombreuses pour se prononcer définitivement; au surplus , si cette cause agit , voici comment je le conçois : des globules étrangers de pus ou d'eau (1), ou d'excès de sérum venant à se mêler aux globules normaux du sang , il en résulte un trouble moléculaire tel , que les rapports naturels de ces globules entre eux sont détruits , et que , désunis , troublés, dérangés, les conditions de frottement sur les parois sont augmentées ; ce sont des corps étrangers dont l'économie soujfrante tend a se débarrasser, et de la enfin il y a production de bruits de sduj/Ie; c'est , Je crois , la seule explication rationnelle probable. »

Quoi qu'il en soit de l'explication de M. Vernois , et je doute que l'excellent esprit de cet observateur distingué en soit aujourd'hui complètement satisfait; quoi qu'il en soit, dis-je, de cette explication , ce qu'il y a de bien certain , c'est qu'il n'est pas de cause plus puissante, plus efficace , £lus constante de certains bruits de souffle des artères que celle àù sujet de laquelle M. Vernois prétendait qu'on n'avait pas fait des expériences analytiques assez nombreuses pour se prononcer définitivement.

Les dernières expériences que no vis venons de citer établissent physiquement , incontestablement, l'existence et l'importance de cette cause. Nous avons traité et guéri plusieurs centaines d'individus atteints de diverses phlegmasies aiguës et graves , par une nouvelle formule d'émissions sanguines qui nous a permis d'étudier directement l'influence de Yhydrémie , de la diminution, de densité du sang

'1) L'expression de globules est bien peu exacte en ce qui concerne l'eau.

sur la production du bruit de souffle artériel en général et de l'espèce particulière désignée sous le nom de bruit de diable. Or, ces recherches , poursuivies chaque jour depuis sept à huit ans, et dont le nombre est aujourd'hui vraiment immense, nous ont, je le répète, démontré, jusqu'à la dernière évidence, qu^il existe un rapport constant entre l'apparition des bruits indiqués et un certain degré d'hydrémie ou de liquidité augmentée du sang.

Au reste, pour la production des bruits de souille intermittents et continus des artères, M. Vernois reconnaît l'influence des aulres causes que nous avons signalées, telles que la compression prochaine ou éloignée des artères, les changements de qualité du sang (chlorose, etc.) et de quantité (hémorrhagies générales ou locales, anémie), etc.

M. Vernois croit, il est vrai, qu'il y a aulre chose que d'entièrement physique dans l'explication des bruits artériels, et il prétend en cela différer de notre opinion. Mais cette autre chose consistant uniquement en ce qu'il attribue aux artères une contraction active, un retrait {rarement -vital , je puis assurer à M. Vernois que je n'ai jamais nié le fait dont il s'agit, ajoutant seulement que les bruits des artères n'en sont pas moins pour cela des phénomènes d'acoustique, et partant soumis aux lois qui régissent cette importante branche de la physique. II. Vernois s'exprime ensuite ainsi :

« Dans tous les cas où il y a perte de sang subite ou habituelle , ou bien dans les cas où il ne se fait pas assez de sang, le système artériel ne pouvant éprouver de vide intérieur, les parois des vaisseaux, par une force contractile qui leur est inhérente et n'existe que pendant la vie , se resserrent, se plissent ti l'inférieur, et, les conditions de frottement se trouvant exagérées , le souffle apparaît d'autant plus prononcé , que la quantité de sang<j«i circule dans les vaisseaux est plus faible. Les bruits de frottement étant en rapport, pour leur intensité, avec le développement des plis

li60 BRUITS ANORMAUX DES ARTÈRES.

intérieurs des artères, et ceux-ci étant d'autant plus nombreux qu'il y a moins de sang qui les traverse, il s'agit de savoir pourquoi l'on remarque des inégalités dans les bruits de souffle, et il est très facile de s'en rendre compte. Dans l'état normal, tous les vaisseaux ne sont pas distendus par la même quantité de sang ; la pesanteur agit mécaniquement sur la direction de ce fluide ; ainsi , il y a moins de sang dans les vaisseaux placés au-dessus du cœur que dans ceux qui sont au-dessous. Ce phénomène devient encore plus saillant dans les cas d'hémorrhagie ou de défaut de formation du sang. Les vaisseaux supérieurs doivent donc à leur intérieur offrir plus de plis que les inférieurs ; et là est surtout le mystère : i° de la fréquence plus grande des bruits de souffle dans les carotides que dans les crurales; '2° de la fréquence plus grande de ce bruit à droite qu'à gauche. L'insertion oblique du tronc brachio-céphalique s'oppose â ce qu'il pénètre autant de sang de ce côté que de l'autre . . . Il est facile de concevoir maintenant pourquoi on remarque si rarement des bruits de souffle dans les artères crurales : la position horizontale ou verticale même , que les malades gardent toujours dans ce cas, détruit les conditions de frottement nécessaires à la production de ces bruits. En effet , le sang, cédant à l'influence de la pesanteur, distend les vaisseaux , efface les plis que la présence d'une moindre quantité y ferait naître , et rend l'observation muette à ce sujet. »

Les aperçus de M. Vernois sont fort ingénieux sans contredit; mais la doctrine exclusive qu'il s'efforce d'établii repose sur de pures suppositions dont il n'appartient qu'à l'observation exacte de déterminer la valeur. Ou je me trompe fort, ou M. Vernois fait jouer aux plis encore imaginaires des artères un rôle beaucoup trop important (1). En

(1) Nous citerons plus loin une ouverture dans laquelle les artères, examinées avec soin, chez une femme qui avait présenté les bruits que nous étudions, n'offrirent aucune lésion de leur membrane interne.

effet , il est un très grand nombre d'individus chlore-tiques ou antres, chez lesquels existe un bruit de souffle musical ou non, un bruit de diable, dont les artères, loin d'être rétrécies, revenues sur elles-mêmes, sont larges , volumineuses, flasques, ainsi que j'ai eu soin de le noter précédemment.

Je ne saurais donc trop engager les vrais observateurs à poursuivre l'étude des causes réelles des diverses variétés de souffle et de sifflement des artères, bien convaincu d'ailleurs que plus ils seront versés dans les connaissances de l'acoustique des corps inertes, plus ils seront aptes à réussir dans la solution des problèmes d'acoustique vivante que nous leur proposons.

Pour compléter cet article, il ne me reste plus qu'à rapporter un certain nombre d'observations particulières propres à donner une idée des principales variantes du bruit de diable et des sifflements modulés des artères.

Je pourrais rapporter plus de deux cents observations de ce genre ; cependant je n'en ajouterai qu'une nouvelle aux seize que j'ai consignées dans la première édition de ce traité (r).

Cette nouvelle observation par laquelle je commencerai , est curieuse , en ce que le chant ou sifflement modulé dont elle offre un exemple a été traduit en notes musicales. Ce cas est relatif à une femme.

Pai-mi les seize autres cas , il n'en est que trois qui aient pour sujets des individus du sexe masculin , chez lesquels les sifflements musicaux des artères sont moins communs que chez les femmes (2).

(1) J'en ai publié d'autres exemples dans le tome troisième de ma Clinique médicale, à l'article Chlorose, anémie el hydrémie. On pourra les consulter,

(2) Cette opinion est confirmée par les recherches de M. Vernois, relatives aux souffles intermittents et continus pris ensemble. On peut voir dans sa dissertation les résultats numériques aHxquels il est parvenu*

q6q bruits anormaux des artères.

3° Observations de bruits musicaux des artères.

Première observation. — Guay (Marie-Louise), âgée de 18 ans , boutonnière , mariée , fut admise à la Clinique , le i4 juillet 1840. Elle est d'une constitution de force moyenne, d'un tempérament lymphatique. Piéglée pour la première fois à i4 ans , elle le fut toujours irrégulièrement et peu abondamment. Il y a 18 mois, ses règles furent supprimées brusquement par un bain froid , et ne reparurent qu'il y a 3 mois, époque depuis laquelle elles ont été assez régulières ( elles sont venues pour la dernière fois le 7 de ce mois et ont duré 4 jours). Cette jeune femme est sujette à une leucorrhée habituelle à la fin des époques menstruelles (cette leucorrhée a été presque continuelle pendant les i5 mois d'aménorrhée). Depuis son enfance jusqu'à i5 ans» elle eut des engorgements sous-maxillaires, et des gourmes jusqu'à 16 ans.

La malade est, depuis un temps fort éloigné et qu'elle ne peut préciser, sujette à des palpitations avec étouffements dès qu'elle monte pu marche vite ; elle éprouve aussi de temps en temps des maux d'estomac, et chaque matin des expuitions aqueuses salées, assez abondantes.

Elle n'a jamais fait de traitement bien suivi. L'an dernier seulement, après 6 mois d'aménorrhée, un médecin lui fit une saignée du pied qui , on le pense bien , ne rappela pas ses règles.

État actuel. — Visage généralement assez pâle , jaunâtre ; appétit capricieux, nul depuis quelques jours; appétence des acides ( la malade a souvent bu du vinaigre ); peau de chaleur normale; pouls à 92-95 , peu développé; pas de matité précordiale anormale; bruits du cœur sans souffle, assez bien frappés ; bruit de diable dans ia carotide droite , offrant la plus grande analogie avec le bourdonnement d'une mouche , et accompagné d'un frémissement vibratoire bien distinct pour le doigt; un peu de souffle par intervalles dans

la carotide gauche; rien de bien notable pour les fonctions respiratoires.

Le i5 juillet, h ma première visite, je fis noter ce qui suit : ce matin, à peine le stéthoscope est-il appliqué sur la carotide droite, qu'on y entend un véritable chant sur deux tons, rappelant assez bien cette musique monotone des Bayadères , comparaison que nous avons déjà indiquée précédemment , ou bien le bourdonnement bruyant çè'vn frelon. Le bruit musical disparait complètement lorsque la malade fait des efforts prolongés, etrevient aussitôt que ces efforts cessent. Le premier des deux sifflements dont se compose celte sorte d'air, correspond à la diastole artérielle, le second à la systole, et suit le premier presque sans intervalle; survient ensuite un, repos, puis l'air recommence. Si Ton comprime légèrement l'artère ou qu'on la rapproche du larynx , le sifflement devient presque continu, et se renforce; il est comme suspirieux , plaintif, et tire sur le son de la musette. L'examen prolongé pendant plusieurs minutes, donne toujours le même résultat. Aucune autre artère ne présente actuellement de sifflement musical.

16 et 17. — Dans la position assise ou couchée, la carotide droite fait entendre distinctement son chant accoutumé, avec quelques variations, selon que l'artère est plus ou moins pressée par le stéthoscope , plus ou moins rapprochée du larynx (le sifflement est aussi plus fort, plus continu, quand la malade est assise dans son lit que quand elle reste couchée).

18, 19, 20. — Le sifflement carotidien continue à se faire entendre, tantôt composé de deux sifflements correspondant à la diastole et à la systole artérielle suivis d'un repos bien marqué, tantôt semblable au bourdonnemenlcontinu d'une grosse mouche. Point de souffle du cœur.

Soulagée par l'usage des pilules de lactate de fer, la malade demande sa sortie.

J'engageai M. Andry à faire noter par son ami, M. le

docteur Devilliers fils, très versé dans la musique, ['espèce d'air que jouait l'artère carotide de notre malade, et voici la note qui m'a été remise à ce sujet.

Le 16 juillet, M. le docteur Devilliers fils ausculte la malade, et note le chant suivant :

PPP

La première note est intermédiaire entre Yut dièze et le ré naturel. Du ré au//?, le son glisse sur le mi sans s'y arrêter. Le fa est très marqué, et le son revient vers le ré ou Yut d'une manière insensible.

Le 18 , le son rendu par l'artère est un mi qui s'enfle à chaque pulsation et monte un peu en même temps.

Autre variation notée par M. Devilliers :

Réflexions. — A l'occasion de cet exemple de sifflement musical des artères , M. le docteur Devilliers m'a communi que les réflexions suivantes, que je m'empresse de consigner ici.

« Les bruits dits musicaux produits par les vaisseaux ar- » lériels ne sont pas susceptibles d'être rendus par des notes » d'une manière bien exacte , parce que ce ne sont que des »so/*.yplus ou moins sensibles, plus ou moins variés qui «n'équivalent que très rarement à des tons ou aux modifi- » cations du ton qu'on est convenu d'appeler notes. Ces bruits » artériels tiennent le milieu entre le son physique et la note «musicale. Cependant lorsque le son de l'artère est unique

» et bien frappé , il se rapproche beaucoup de la note mu- » sicale, ainsi qu'on a pu l'observer à certains moments chez » la malade que j'ai examinée clans le service de M. Bouillaud. »I1 s'éloigne , au contraire, du caractère de cette note mu- » sicale, lorsqu'il est varié , composé de plusieurs sons qui »ont des ondulations diverses. Ces sons, ainsi modifiés , «semblent avoir un mouvement de va-et-vient qui répon- » drait à la diastole et à la systole : mais ce qu'il faut remar- «quer, c'est que le son musical de l'artère semble toujours » commencer par la note la plus grave , aller jusqu'à la plus » aiguë en augmentant de force et d'intensité, et redescendre «jusqu'à la plus grave en diminuant et en se terminant » d'une manière insensible ; les sons simples , les cris plain- » tifs, le souffle des artères, suivent la même marche. Mais, » je le répète , les sons musicaux produits dans ces vaisseaux «ne sont jamais exactement déterminés comme les notes » de la gamme, et on ne peut les juger et les noter que par » approximation et d'une manière assez imparfaite. Il en est «d'eux à cet égard comme des bruits variés que produit «le vent en passant à travers les fissures d'un apparte- «ment. »

Seconde observation. Un jeune homme de 16 à 17 ans, pâle, jaune, chétif, était entré à la Clinique (n° i5 , salle Saint-Jean-de-Dieu) , pour des coliques nerveuses, accompagnées de crampes. Chez lui , les artères carotides et les sous-clavières nous présentèrent le rudiment du bruit de diable. Si l'on exerçait sur elles une compression graduée, pas trop forte cependant, le bruit montait, parcourait une sorte de gamme, et se transformait en une espèce de grondement très fort.

Troisième et quatrième observations. Un jeune homme, pâle , d'une constitution nerveuse , brun , fut admis dans le service de la Clinique (n° 1 2, salle Saint-Jean-de-Dieu) pour un rhumatisme articulaire aigu des plus violents, qui ne céda qu'à des saignées répétées. L'état anémique et près-

q66 bruits anormaux des artères.

que chlorotique avait été nécessairement rendu plus évident encore par l'effet des émissions sanguines. ïl me vint à l'idée, pendant la convalescence, d'examiner si, comme j'étais porté à le croire , les artères ne donneraient pas le bruit de diable. Or, je constatai à diverses reprises, ainsi que plusieurs des assistants, un bruit de diable dans les deux carotides et surtout dans la droite. Ce bruit imitait celui d'un soufflet à double courant, mais était plus ronflant. Dans l'artère crurale, on entendait un léger murmure qui semblait surajouté au bruit ordinaire. Les bruits du cœur étaient clairs , mais sans souffle. Le pouls n'offrait pas de fréquence notable; il était flasque , comme si l'artère n'eût été qu'incomplètement pleine de sang.

Il existait le 2 5 octobre 1 834? au n° i5 de la salle Saint- Jean-de-Dieu , un jeune homme assez fortement constitué , mais habituellement pâle , chez lequel on entend clans la carotide droite un assez beau bruit de diable, presque roucoulant, s'arrêtant brusquement si le malade fait un effort. Comme ce jeune homme a été plusieurs fois saigné pour une pneumonie , il est probable que ce cas rentre dans la même catégorie que le précédent (1).

Cinquième observation. Une jeune femme , d'une constitution un peu lymphatique, fut reçue à la Clinique (n° 1 1 , salle Sainte-Madeleine) pour une violente péripneumonie. Elle était à peine convalescente, qu'elle fut prise d'une péritonite qui se prolongea pendant plusieurs semaines. Nous eûmes le bonheur de guérir ces deux graves maladies, mais ce ne fut pas sans de fortes et nombreuses saignées, secondées par une diète absolue d'abord, puis un régime

(1) J'ai répété cette expérience chez une foule d'autres sujets placés dans des circonstances semblables, et j'en ai obtenu le même résultat. Je n'ai pas, sans douic , entendu le bruit, de diable chez tous les, sujets qui ont été eopieusemenl>aignés ; mais, d'api es les faits que j'ai observés, je suis porté à croire qu'il manque rarement chez ceux qui, avant les saignées , avaient la constitution qui prédispose à ce bruit. [Voij. pog. 25G-57.)

très sévère. La malade étant ainsi tombée clans une sorte d'état d'anémie et de chlorose, nous fûmes curieux d'ausculler ses artères. Les carotides et les sous-clavières battaient largement dans l'espace sus-claviculaire amaigri , ce qui contrastait avec la faiblesse des battements du cœur et la petitesse du pouls radial. Nous entendîmes un très beau bruit de diable dans les artères carotide et sous-clavière du côté droit. En palpant légèrement ces artères, on sentait un frémissement vibratoire ou cataire, comme si on eût touché une lame de verre en vibration. Il semblait que ces artères ne fussent pas assez pleines et que les molécules du sang se choquassent clans leur intérieur. Il n'existait pas de souffle bien notable au cœur.

Sixième observation. Une jeune fille, non réglée depuis quelques mois , légèrement chlorotique , d'une moyenne maigreur, sujette a des palpitations, à des maux de cœur , etc. , fut couchée au n° 12 de la salle Sainte-Madeleine, n'offrant alors qu'un bruit de diable médiocre dans les carotides. Plus tard (le 6 janvier 1 834)» je constatai l'existence du bruit de diable dans l'artère crurale gauche ; clans l'artère crurale droite existait un sifflement musical qui se rapprochait du roucoulement, mais ayant un timbre si désagréable, que M. Jules Pelletan le compara au coassement de la grenouille. — Le lendemain (7 janvier), j'entendis dans la carotide droite un bruit qui me parut imiter une espèce de bruit de grelot.

Septième observation. Une jeune fille d'environ 20 ans, blonde, lymphatique, d'un embonpoint assez considérable, mais ayant les chairs molles et flasques, fut amenée à la Clinique pour y être traitée d'un très violent rhumatisme articulaire aigu (n° 5 , salle Sainte-Madeleine). La maladie ne céda qu'avec une certaine lenteur à l'emploi des émissions sanguines.

Pendant la convalescence, nous fûmes curieux de constater si l'anémie accidentelle de cette jeune fille serait,

comme l'état chlorotique et anémique proprement dit, accompagnée du bruit de diable. Nous le rencontrâmes . en effet, d'une manière très marquée, dans la carotide gauche (1).

Comme cette malade était naturellement un peu pâle et disposée réellement à l'état chlorotique , je regrette de n'avoir pas constaté chez elle quels étaient les battements artériels avant les saignées.

Huitième observation. Une jeune fille de 21 ans, très nerveuse, très impressionnable, comme elle le dit, mal réglée, surtout depuis deux mois, sujette à des épistaxis, à des palpitations, à des maux de tête, etc., ayant le teint chlorotique, fut reçue à la Clinique , !e 19 juillet 1 854-

Pouls assez fort et plein , à 92 ; battements du cœur assez forts pour soulever l'oreille pendant l'auscultation avec le cylindre, accompagnés de bruits un peu clairs. On entend dans les carotides et surtout dans la droite un léger bruit de diable. (Sous-carb. de fer; extrait de quinq.)

28 et 3o. Renflement de diable très fort, se transformant en roucoulement sous une légère pression, mêlé par intervalles d'une sorte de chant un peu aigre, comparable au bourdonnement de certains insectes , celui de la mouche , par exemple.

Neuvième observation. Une femme pâle, affectée de leucorrhée , offrant le premier degré de la chlorose , fut couchée au n° 1 de la salle Sainte-Madeleine. Chez elle , on entendait un bruit de diable dans la carotide gauche, ainsi que dans l'artère crurale du même côté; dans celle-ci le bruit est accompagné d'un sifflement en quelque sorte modulé, analogue au roucoulement de la tourterelle. Une autre fois, le même chant, ou, si l'on veut, le même air, se fit entendre dans l'artère crurale droite. Le bruit de

(1) Ce fait a élé consigné dans la dissertation inaugurale de M. Edoux , de Limoges, sur la chlorose. (Paris, août 1834.)

BRUITS ANORMAUX DES ARTÈRES. l6Ç)

diable persistait dans la carotide gauche. La carotide droite ne nous l'offrit jamais.

Dixième et onzième observations. Le 24 novembre, j'examinai au bureau central une jeune chlorotique de 18 ans, ayant un embonpoint assez prononcé. Je trouvai un très fort bruit de diable dans la carotide gauche.

Le lendemain, 25 novembre , une jeune chlorotique de 16 ans, assez grasse, non réglée, m'offrit un bruit de diable avec roucoulement ou sifflement musical , occupant encore la carotide gauche.

Douzième observation. Dans le courant de Tannée 18Ô4, on m'amena une jeune fille de 9 ans 1/2 , grande pour son âge, maigre, ayant les yeux battus, le teint d'un jaune verdàtre , sujette depuis un an à des palpitations, qu'on avait prises pour un indice de lésion organique du cœur (1). Je reconnus à la première vue un état chlorotique qui me parut lié à de mauvaises habitudes. Je saisis avec empressement l'occasion de vérifier si le bruit de diable existerait chez une chlorotique d'un âge aussi tendre. Je constatai ce bruit, à un haut degré, dans la carotide gauche. Il existait un bruit de soufflet bien marqué clans la région du cœur, sans qu'on pût, d'ailleurs, soupçonner la moindre trace d'un rétrécissement organique des orifices.

Treizième observation. Une femme de 44 ans avait été admise à la Clinique ( n° ier, salle Sainte-Madeleine), pour une leucorrhée très ancienne (il existait un polype clans l'utérus) ; elle était alors parvenue à un degré de marasme fort avancé et présentait un aspect chlorotique ou anémique. Les veines sous-cutanées paraissaient contenir un

(1) Rien n'est plus commun, je ne saurais trop le répéter, que de voir ainsi confondre l'état chlorotique, anémique, nerveux, avec une lésion organique du cœur.ei ayiren conséquence. C'est là une grave erreur, puisque le traitement de l'un est diamétralement opposé, presque sous tous les rapports, à celui de l'autre.

2/0 ÊRTJITS ANORMAUX DES ARTERES.

sang peu coloré et ténu; elle éprouvait des battements de cœur et des étouffcments au moindre exercice; mouvements du cœur faibles , sans cboc bien appréciable contre la poitrine ; léger bruit de souffle accompagnant le premier bruit du cœur. Les battements des artères carotides sont très visibles, ce qui tient moins à leur force qu'au peu d'épaisseur de la peau qui les recouvre. Sur le trajet de l'artère carotide gaucbe , on entend un bruit de diable très distinct, qui n'existe point dans la carotide droite; il disparaît par intervalles, et à sa place on entend alors le bruit de souffle intermittent ou bien une sorte de bruit de flot un peu clair. Lorsque le bruit de diable a lieu, si la malade fait un effort et suspend ainsi sa respiration, il disparait tout-à-coup et laisse à sa place le bruit de souffle intermittent. Les battements de l'aorte ne sont point accompagnés du bruit de diable ou de soufflet. Dans l'artère crurale gauche existe un souffle continu , analogue au bruit de diable de la carotide du même côté. Dans l'artère crurale droite, on n'entend qu'un bruit de souffle intermittent qui se renforce considérablement sous une compression modérée.

Vers les derniers jours de février i854, il survint une métrorrhagie foudroyante : le sang recueilli dans un vase ne fournil que des ca-illots peu abondants, mous et peu colorés. Cependant, la pâleur devient cadavérique, le pouls misérable ; les battements du cœur s'affaiblissent à tel point , que l'on ne distingue plus le second bruit qui les accompagne normalement, et la malade succombe, ayant conservé jusqu'au dernier moment toute sa connaissance (1).

(1) Pour ne point tourmenter cette malheureuse à l'agonie, je n'auscultai point les artères. Il est probable que le bruit de diable, loin d'avoir cessé, était encore plus prononcé, vu le rappoit qui existe entre lui et les peites de sang. Je tiens de M. le professeur Andral que le bruit de diable qu'il

A l'ouverture du cadavre » qu'on p^ut lire en détail dans la note ci-dessous, nous ne rencontrâmes aucune lésion organique ou de structure interne dans les artères qui naissent de l'aorte (si les plis supposés par M. Vernois, dans les cas de ce genre, eussent existé, nous les eussions certainement observés) ; celle-ci ne contenait presque point de sang, et le peu qu'elle en contenait ressemblait à de l'eau à peine rougie (1).

avait constaté chez une femme anémique par suite d'une affection chronique de l'utérus, augmentait à chaque hémorrhagie qu'elle éprouvait, à des intervalles assez rapprochés.

(1) La peau est décolorée, les organes intérieurs sont également pâles et comme exsangues. Il existe cependant une assez grande quantité de graisse dans le tissu cellulaire sous-cutané et dans l'épiploon.

Le cœur est d'un grand tiers plus gros que le poing du sujet. Ses cavités droites sont seules à nu ; les gauches sont recouvertes par la partie inférieure du poumon gauche. Le péricarde est sain et ne contient pas de sérosité. Le cœur est recouvert de graisse : il pèse 13 onces 7 gros (425 gram.), après avoir été lavé et vidé du sang qu'il contenait (ce sang était coagulé en partie et en partie liquide: les caillots étaient mous, d'un rouge très faible et comme lavés).

Le volume du cœur tient surtout au ventricule gauche, qui a une forme arrondie et s'élève un demi-pouce (14 mill.) au-dessus de l'autre. La circon férence du coeur a 9 pouces 5 lignes (255 mill.), le diamètre vertical du cœur est de 4 pouces 3 lignes (115 mill.). Le ventricule droit, ayant un peu plus de capacité qu'à l'état normal, a 3 lignes (7 mil!.) d'épaisseur à la partie moyenne de ses parois. L'orifice de l'artère pulmonaire a 3 pouces 1 ligne (83 mill.) de circonférence. Les valvules semi-lunaires sont bien conformées, minces, et paraissent être un peu plus grandes que normalement; l'orifice nuriculo-ventriculaire droit est également un peu plus large qu'a l'état normal : il a 4 pouces 2 lignes (113 mill.). La valvule tricuspide, un peu plus ample qu'à l'état normal , ne présente point d'épaississement. L'oreillette droite est dilatée €t pâle ; ses colonnes charnues sont plus développées qu'à l'état normal.

Lorsqu'on verse de l'eau dans l'aorte , les valvules aortiques s'abaissent et bouchent complètement l'orifice ventriculo-aorlique. Le ventricule gauche a sa cavité moitié moindre que celle du droit: il ne peut guère contenir que le doigt indicateur. L'épaisseur de ses parois, assez uniforme de la base

1"j1 BRUITS ANORMAUX DES ARTERES.

Les cinq observalijjps suivantes sont extraites de l'ouvrage de Laënnec. Dans les quatre premières, le chant artériel a été noté.

Quatorzième observation. Chant assez monotone , mais fort distinct , et se passant dans l'artère carotide droite, chez une dame nerveuse et phthisique : il roule sur trois

jusqu'à la pointe, a 10 à 11 lignes (23 à 25 mill.). Les colonnes qui s'insèrent à la valvule bicuspide sont très développées. Les valvules aortiques sont épaissies et présentent quelques laines cartilagineuses à leur base. Des taches jaunâtres très multipliées parsèment le commencement de l'aorte. La circonférence de l'orifice aortique a 2 pouces 8 lignes (72 mill.). L'oreillette gauche a environ le tiers de moins de capacité que la droite, et elle communique librement avec le ventricule correspondant. La valvule bicuspide a ses deux lames très développées, un peu hypertrophiées; elle peut fermer hermétiquement l'orifice auquel elle est adaptée; le bord adhérent de cette valvule présente quelques légères taches jaunes, analogues à celles de l'aorte. La circonférence de l'orifice auriculo-ventriculaire gauche a 4 pouces 2 lignes (113 mill.). L'intérieur de la cavité ventriculaire gauche est pâle. Les parois de l'oreillette gauche sont un peu plus épaisses qu'à l'état normal ; sa membrane interne se sépare facilement en deux lames, dont l'une est accidentelle. L'aorte pectorale et abdominale est dans l'état normal , ainsi que les artères qni en naissent. Elle ne contient presque point de sang, et ce qu'elle en contient ressemble à l'eau à peine rougie.

L'utérus , un peu plus volumineux qu'à l'état normal , contient un polype qui s'insère au fond de l'organe au moyen d'un pédicule du volume d'une grosse plume d'autruche. 11 est pyriforme, sa surface est bosselée par des excroissances polypeuses parasites. De semblables excroissances existent dans les différents points de la matrice. La base du polype est libre d'adhérence , flottante, et touche le col de l'utérus qui est entr'ouvert. Le gros polype présente quelques stries rouges qui paraissent être formées par de la fibrine concrète (il existait un caillot de sang dans la cavité de l'utérus). La substance du polype est d'un gris blanchâtre , analogue à la couleur du pancréas. Sa consistance est très grande, et l'instrument ne le divise qu'en criant. Le tissu du polype ne parait pas contenir de vaisseaux sanguins , et en le déchirant on ne fait sortir aucune goutte de sang.

Membrane muqueuse gastrique d'une pâleur générale, mamelonnée. Pâleur semblable de la muqueuse des intestins grêles ; teinte ardoisée de celle du gros intestin.

Les poumons sont pâles.

BRUITS ANORMAUX DES ARTÈRES. a^3

notes formant à peu près un intervalle d'une tierce majeure (1).

^-^^mB^mm

Le son était faible et comme éloigné, un peu aigre et fort analogue à celui d'une guimbarde. Le passage d'une note à une autre était évidemment déterminé par la diastole artérielle , qui, dans les tenues mêmes, rendait parfaitement la légère saccade que les musiciens expriment par un coulépointé.

Le son était lié â un léger frémissement de l'artère, qui, dans ses diastoles, semblait venir frotter en vibrant l'extrémité du stéthoscope. De temps en temps, d'ailleurs, la mélodie cessait tout-à-coup et faisait place à un bruit de râpe très fort. « Celte alternative, dit Laënnec, faisait un » effet dont je ne puis donner l'idée , au risque d'employer tune comparaison bizarre, qu'en le comparant à une mar- » che militaire, dans laquelle les sons des instruments guer- » riers sont de temps en temps interrompus par le bruit srauque du tambour. »

Au bout de quelques minutes, il n'existait plus dans la carotide droite qu'un bruit de soufflet , médiocre quant à l'intensité, mais extrêmement diffus et presque continu. La carotide et la sous-clavière gauches étaient dans l'état naturel ainsi que le cœur. Le pouls donnait 84 pulsations par minute.

Quinzième et seizième observations. Chant rencontré chez

(1) Ajoutons avec Laënnec pour le lecteur musicien, que la note la plus aiguë était fausse et un peu trop basse, mais pas assez pour pouvoir être marquée d'un bémol; que, sous le rapport de la valeur ou durée, ces notes étaient assez égales entre elles ; la tonique seule était de temps en temps prolongée , et formait une tenue dont la valeur variait.

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