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grande des sujets , l'acuité plus ou moins marquée de la maladie , etc. , etc.
L'influence qu'exercent certaines maladies dites organiques du cœur sur la circulation en général et spécialement sur celle de quelques viscères, comme les poumons, le foie , la rate et le cerveau, est très grande. Souvent les lésions secondaires ou symptomatiques qui en résultent onl été prises pour des maladies primitives de ces organes, et quelques unes d'elles ont même été confondues , par des médecins peu versés dans l'art du diagnostic, avec des maladies purement nerveuses. Qui ne sait qu'avant les beaux travaux de Corvisart, on plaçait parmi les individus attaqués d'un asthme nerveux, essentiel, une foule de sujets qui étaient atteints d'une grave lésion organique du cœur ou des gros vaisseaux ! Il est triste de le dire , mais de nos jours encore une pareille erreur n'est que trop fréquemment commise. On trouvera dans l'histoire particulière de chacune des maladies du cœur, tous les détails nécessaires sur les effets que nous devons seulement signaler ici, et nous tâcherons d'en démontrer d'une manière claire et précise le mécanisme (1). Contentons-nous de faire remarquer ici que ces effets offrent dans leur siège, ou si l'on veut dans leur localisation, des différences relatives au siège de la maladie dans telle ou telle cavité du cœur; et cela se conçoit sans peine, quand on connaît bien les rapports analomiques et physiologiques de l'une et l'autre moitié du cœur, du cœur droit et du cœur gauche. Lclaircissons ceci par quelques exemples : lorsque le ventricule gauche est le siège d'une grande hypertrophie , la face est
(V Testa et quelques autres médecins ont mis au rang des aceidents des maladies du cœur, la fonte de l'œil et la gangrène des membres. De tels accijen's, heureusement fort rares, Be sont point une conséquence directe et nécessaire des maladies du cœur. Nous verrons plus loin quelles sont les lésions du système artériel qui doivent en être considérées comme la véritable cause.
généralement rouge ; animée, les yeux brillants ; il survient des étourdissements ; lorsque la réaction est portée à son dernier terme, des hémorrhagies nasales fréquentes, ordinairement très considérables, et l'hémorrhagie cérébrale elle-même , peuvent se manifester. Lorsque , au contraire, ce qui est plus rare, le ventricule droit est fortement bypertrophié , on voit survenir assez facilement de légers crachements de sang, et dans certains cas extrêmes , une sorte d'apoplexie foudroyante du poumon. L'explication d'une telle différence est trop simple et trop évidente par elle-même pour qu'il soit nécessaire de la développer. Supposons maintenant que le cours du sang à travers les cavités etles orifices du cœur rencontre un puissantobstacle, comme il arrive dans certaines lésions organiques des valvules avec rétrécissement très prononcé des orifices auxquels elles sont adaptées : assurément, quel que soit le siège de cet obstacle, il se manifestera un trouble notable dans la circulation artérielle , veineuse et capillaire. Mais ce dérangement de la circulation et les circonstances qui s'y rattachent, offriront néanmoins quelque différence, selon que l'obstacle siégera dans le cœur droit ou dans le cœur gauche. L'obstacle existe-t-il dans le cœur gauche, le système des veines pulmonaires et par suite le poumon lui-même en ressentiront les premiers effets, puis, de proche en proche, lescavités droites, les veines qui se dégorgent dans l'oreillette droite, etc., etc. Est-ce, au contraire, dans le cœur droit que se rencontre l'obstacle, les veines caves supérieure et inférieure, celles du foie, de la rate, du cerveau, de la face, qui viennent s'y décharger immédiatementou presque immédiatement, se gorgeront pour ainsi dire de sang , et de la des congestions passives dans les diverses parties que nous venons de nommer. Ces congestions ontétéfaussementrapporlées à certaineslésions des cavités droites exclusivement, puisque, comme nous venons de le voir, elles accompagnent aussi celles des cavités gauches; mais il est certain, cependant,
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qu'elles s'opèrent plus rapidement et à un plus haut degré dans le premier cas que dans le second, tandis que l'engorgement passif des poumons n'est pas une conséquence aussi immédiate et nécessaire des obstacles à la circulation dans les cavités droites, que de ceux qui siègent dans les cavités gauches (1).
III. Cela posé, occupons-nous de la question du diagnostic anatomique et du diagnostic médical. On a récemment reproché à l'école organique de ne faire entrer dans le grand problème du diagnostic des maladies que la détermination des conditions anatomico-pnthologiques proprement dites. S'il est, en effet, bien vrai que l'école organique ne recherche
(1) Je ne puis m'empêcher de relever ici une erreur échappée à M. Hope, dans l'Introduction de son excellent ouvrage sur les maladies du cœur. Après nous avoir loué de ce que , évitant la méprise dans laquelle étaient tombés nos prédécesseurs, nous n'avions point assigné à toutes les maladies du cœur u:ie série de symptômes communs, il nous reproche d'avoir dit : « que les symptômes du retard qu'éprouve la circulation résultent, dans toutes les circonstances , d'un obstacle mécanique apporté au cours du sang. » Un tel reproche est vraiment surprenant de la part d'un auteur qui parait avoir lu avec attention ce que nous avons développé dans le Traité des maladies du cœur de 1824. On a précisé, en effet, dans cet ouvrage, les conditions dans lesquelles la dilatation , l'hypertrophie et le ramollissement du cœur donnaient lieu aux symptômes dont il s'agit. Voici, par exemple, ce qu'on lit à la page 384 : « Il est bien clair que la dilatation du cœur a pour résultat » d'affaiblir la puissance contractile de la substance musculaire de cet organe, » comme si les fibres charnues perdaient en force ce qu'elles gagnent en » étendue. Ainsi donc, si nous concevons celte dilatation , en faisant abstrac- » lion de la cause qui l'a déterminée, nous lui donnerons pour signes la fai- » blesse et la mollesse du pouls, les hydropisies et les hémorrhagies passives, » en un mot, tous les phénomènes que nous savons être le résultat d'un » obstacle à la circulation. » Comment , après avoir lu ce passage, M. Hope a-l-il pu dire que, contrairement à noire opinion, il a essayé de démontrer que la dilatation peut d'elle-même produire les symptômes de gêne ou d'embarras de la circulation ! Nous sommes donc d'accord sur ce point avec M. Hope; mais ce que nous ne pouvons admettre avec lui, c'est que ces symptômes soient rarement produits d'une manière bien prononcée par un obstacle viécanique.
dans le diagnostic des maladies en général, que l'élément dont il s'agit, certes, ce n'est pas nous qui défendrons un système aussi peu philosophique, aussi étroit, je dirais presque aussi grossier. 11 est, j'en conviens, certaines lésions purement anatomiques, telles que des solutions cle contiguïté ou de continuité, des obstacles mécaniques, etc., dans lesquelles, par delà le diagnostic anatomi'que, il n'y a pour ainsi dire plus rien. Mais hors les lésions de cette catégorie, le diagnostic doit pénétrer plus loin, plus avant, plus profondément, pour être complet et réellement physiologique, ou si l'on veut médical. Etant données les conditions anatomico-palhologiques ou les altérations organiques, il reste encore effectivement à dégager une importante inconnue du problème, savoir: le mode de lésion des actions organiques ou vitales qui a présidé au développement de ces altérations. Voilà , s'il m'est permis de parler ainsi, l'X dont le vrai médecin doit chercher la valeur. Et qu'on ne croie pas que, par une de ces palinodies non moins communes en médecine qu'ailleurs , je vienne professer aujourd'hui des doctrines que j'aurais combattues à une autre époque; ce que j'écris aujourd'hui, je l'écrivais il y a dix ans, lorsque je m'élevais contre le système de nomenclature et de classification anatomique de quelques auteurs modernes (1).
(1) A l'occasion d'un des meilleurs ouvrages de l'époque actuelle, je m'eiprimais ainsi sur le système de nomenclature et de classification de son ingénieux et savant auteur : « On peut lui reprocher d'avoir pris l'anatomie » pathologique pour fondement de la classification et de la nomenclature de » son ouvrage. Ce n'est, en effet, ni dans les symptômes, ni dans les alté- » rations anatomiques, mais bien dans la nature intime, dans la physiologie » des maladies, qu'il faut chercher les bases d'une classification et d'une «nomenclature rationnelles... Le mot ramollissement du cerveau, employé » pour désigner l'inflammation de cet organe, n'indique qu'une des circon* » stances anatomiques delà maladie : or, comme les caractères anatomiques «d'une maladie varient suivant ses périodes et ses terminaisons, il s'ensuit » que, pour la désigner d'après ces caractères, il faut lui affecter autant de
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Qu'on n'aille pas, toutefois, dénaturant notre pensée, nous reprocher maintenant de négliger le diagnostic anatomique , parce que nous établissons qu'il n'est pas en général le dernier mot de la science, et que celle-ci n'est pleinement satisfaite qu'autant que, dans un grand nombre de cas, au diagnostic dit anatomique, on peut joindre le diagnostic physiologique ou médical. Notre finale profession de foi, c'est que rien de ce qui concourt à composer l'histoire complète d'une maladie quelconque ne doit être oublié. Par conséquent, la connaissance de l'élément anatomico - pathologique fait partie des données capitales nécessaires à la solution du problème du diagnostic , sans que, néanmoins, dans l'ordre des maladies dites organiques ou vitales , elle puisse être considérée comme la seule inconnue dont il faille s'enquérir. Dans ces cas, la grande et principale inconnue, je le redis, c'est réellement cet acte vital, sous l'influence duquel se développent les altérations organiques ou anatomiques elles-mêmes. Mais je ne pousserai pas plus loin une discussion qui se représentera nécessairement lorsque nous aurons à nous occuper de la nature des maladies du cœur et de leur classification.
» noms différents qu'il y a de différences dans les altérations anatomiques : » système de nomenclature infiniment vicieux... Autant vaudrait, comme le » faisaient les anciens , donner à une seule et même maladie autant de noms » qu'elle peut offrir de différences dans ses symptômes. Quel est le seul ca- » ractère qui ne ehange pis au milieu des métamorphoses continuelles que » subUseut et les symptômes et les altérations anatomiques? c'est évidem- » ment la nature de la maladie (*).» Il est évident que les réflexions précédentes s'appliquent entièrement à la question que nous agitons en ce moment ,
(*) Traité de l'encéphalite , Pari?, iSj5, prtf., pag. x et %ii
3o4 MALADIES DU COEUR EN GÉNÉRAL.
ARTICLE TROISIÈME