‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 83 sur 142 · CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES CAUSES DES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS GENERALES SUR LES CAUSES DES MALADIES DU COEUR

Le sujet que nous allons examiner n'est pas aussi rebattu qu'on pourrait se l'imaginer. Je dirai plus : ce sujet, loin d'être usé , est , sous certains points de vue , l'un des plus neufs de la pathologie.

Sans doute, les causes des maladies du cœur, comme celles de tout organe chargé d'une fonction spéciale , offrent des particularités que ne présentent pas celles des autres organes; mais il n'en est pas moins vrai que plusieurs des maladies du centre circulatoire, même des plus graves, se développent sous les mêmes influences que la plupart des maladies des autres organes en général. Il est assez étonnant que cette importante vérité aitété jusqu'ici , sinon entièrement méconnue, au moins si peu cultivée et si mal fécondée.

I. Il n'est, à rigoureusement parler, aucun de ces modificateurs physiques et moraux, dont l'élude appartient à l'hygiène, qui ne puisse, dans un certain concours de circonstances , être considéré comme une cause , soit prédisposante, soit déterminante, de quelque maladie du cœur. Gela se comprend aisément quand on réfléchit au rôle multiple et compliqué que joue le cœur, ainsi qu'à ses étroites relations avec les autres organes de la vie intérieure ou extérieure, et par suite avec les objets extérieurs euxmêmes (1). Plusieurs conditions des circumfusa et des appli-

(1) Parmi les causes de quelques maladies du cœur, il faut réellement ranger l'eiercice même des fonctions dont cet organe est cbargé. Après avoir dit que l'action du cœur est l'une des principales causes de la fréquence de ses maladies, Corvisarl poursuit ainsi : « Q'iel est le viscère dont la conti- » noité d'action soit comparable à celle du cœur ? Il n'y en a pas (le poumon » excepté). Bichai a dit avec vérité que les organes de la vie animale ont leur » intermittence d'action ; il a également bien vu que ceux de la vie organique

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cata, les exercices violents, les imprudences de régime, les affections morales vives, etc., etc.; voilà une première catégorie de causes plus ou moins puissantes de maladies du cœur. Mais ce n'est pas tout : par une sorte de fâcheux privilège, le cœur étant un des organes les plus éminemment sympathiques , trouve dans quelques affections aiguës ou chroniques des autres organes, dans les maladies fébriles particulièrement, une nouvelle source d'états morbides, malheureusement encore trop peu étudiée avant nous.

Diverses maladies du cœur peuvent devenir causes déterminantes d'autres maladies de cet organe. C'est ainsi , par exemple, qu'un rétrécissement de quelqu'un des orifices finit par déterminer une dilatation de la cavité du cœur située derrière lui ; que de violentes palpitations peuvent donner lieu u la rupture d'une colonne charnue ou d'un tendon valvulaire, ou des parois du cœur elles-mêmes, etc. , etc.

» n'agissaient pas toujours avec la même intensilé , et il aurait très bien pu » appeler celte diminution rémillence d'action. Mais le cœur lui seul dans le * corps'n'a, absolument parlant , ni intermittence, ni rémillence, il a rigou- » reusement pérennité d'action. {Il y a quelque exagération dans cette assertion » de Corvisart , comme le prouve ce que nous avons dit à l'article Physiologie » du cœur : si le cœur se repose peu de temps, il se repose très fréquemment....) » Du moins , si le cœur accomplissait l'énorme séi ie de ses pulsations, depuis » le moment où il commencée battre jusqu'à la mort, sans que rien lendît » à la troubler, sans qu'aucun obstacle le contraignit à des efforts nombreux >• et puissants !.... Mais les cris, les vagissements de l'enfance, les ris, les » pleurs, la danse, la course, le saut, la lutte, 1 escrime, l'usage des instru- » menls à vent, la lecture, la déclamation, le chant, l'acte et les excès véné- » riens , les efforts de tous les genres , les altitudes de toutes les espèces , la » toux et toutes les autres affections morbifiques des organes de la respiration, l'aclion musculaire, les influences atmosphériques ; voilà , certes, » une immensité effrayante de causes dont les effets sont inévitablement res- » sentis par le cœur, et qui sont autant d'entraves plus ou moins fortes à la » facilité, à la liberté et à la régularité de son action.... Oserai-je grossir le » tableau de ces entraves, en y ajoutant celles produites par la nature ou » l'abus de mille alimentsou assaisonnements divers, des boissons fermentées, » des acres, des virus, des émanations, des métiers ?... » {Essai sur les maladies du cœur, dise, prél., p. xxvnt et suiv.)

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Sous le point de vue de leur nature , les causes des maladies du coeur peuvent êlre réduites à trois grandes classes, savoir : 1° les causes mécaniques et traumatiques ; 2° les causes physico-chimiques ; 5° les causes morales. Chacune de ces classes comprend d'ailleurs un très grand nombre d'espèces.

Ce n'est pas le lieu de parcourir ici , avec tous les détails que le sujet pourrait comporter, la longue série des différentes espèces de causes déterminantes des nombreuses maladies du cœur, mais il nous paraît nécessaire de consacrer quelques lignes à l'examen des influences morales et des conditions atmosphériques.

IL On a fait jouer aux affections morales un rôle immense clans la production des maladies du cœur en général , et l'auteur italien d'un ouvrage assez récent sur ces maladies, lS\, Schina, n'a pas craint de consacrer près d'un demivolume au développement de cette thèse (i). La question dont il s'agit a été discutée par Corvisart avec cette supériorité de talent que personne ne lui contestera. Il nous semble seulement que cet illustre observateur aurait encore •mieux mérité de la science , s'il eût spécifié plus amplement qu'il ne l'a fait les maladies du cœur à la production desquelles les passions contribuaient principalement. « Si quel- » qu'un pouvait nier de bonne foi, dit-il , ou douter seule- » ment des fatales influences physiques des passions sur le » cœur, qu'il lui suffise de savoir qu'il se déchire dans un » accès de colère , et cause la mort subite ; et je ne suis pas »le seul médecin qui ait pensé que ses lésions organiques » ont été plus fréquentes dans les horribles temps de la résolution que dans le calme ordinaire de l'ordre social.»

(I) Notez que les considérations de M. Schina roulent presque exclusivement sur TaihoUr-propre; on pourrait, sans dimiriuer en rien la valeur de T'esllrriable ouvrage de notre confrère d'au-delà les monts, en retrancher pres- 'rjlie'éntierement, comme une sorte de hovs-d' 'œuvre, cette oiseuse et éùorme dissertation.

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