‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 85 sur 142 · CLASSIFICATION DES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES MALADIES DU COEUR

die du cœur en particulier, de quelle manière on peut, dans des cas moins évidents que les précédents, satisfaire à la question que nous agitons. Disons seulement ici par anticipation, que ce n'est qu'en pesant, avec l'attention la plus éclairée , toutes les circonstances de la maladie qu'on a sous les yeux, qu'on peut alors résoudre complètement, ou du moins d'une manière très approximative, le problème de diagnostic différentiel ci-dessus posé.

Nous dépasserions trop le cercle de ces généralités, si nous insistions plus long-temps sur la question de la nature des maladies du cœur , et nous nous hâtons de passer à celle de leur classification.

II. Si nous avions une bonne classification des maladies en général, notre tâche serait facile: il ne nous resterait qu'à l'appliquer, avec quelques modifications , aux maladies du cœur. Malheureusement il n'en est point ainsi ; et depuis que la classification de Pinel s'est écroulée sous les efforts d'un puissant génie, il n'existe plus en médecine de système nosologique généralement adopté.

A défaut d'un tel système , le plus grand œuvre de la science , on est bien forcé d'en chercher un pour les nombreuses maladies qui sont l'objet de cet ouvrage. Les principaux auteurs qui ont écrit sur ces maladies ont cru, je le sais, pouvoir s'en dispenser : mais ce n'est pas vaincre une difficulté que de reculer devant elle. Mi Corvisart, ni Laënnec n'ont essayé de remplir celte condition sine quâ non de tout édifice vraiment scientifique. Il était digne cependant de l'esprit sévère et philosophique de Corvisart de débrouiller en quelque sorte le chaos des maladies du cœur, de grouper les faits, et de les coordonner entre eux conformément aux lois de l'affinité logique.

Pour classer les maladies du cœur d'une manière lumineuse et satisfaisante, c'est leur nature même qu'il faut prendre pour base, et non leurs symptômes ou leurs caractères anatomùjues. Si l'on prenait, par exemple , les carac-

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tères anatomiques pour fondement d'une classification, une seule et même maladie, la péricardite , si l'on veut, appartiendrait à une foule d'espèces différentes, puisque ses caractères anatomiques sont très variés. Il en serait de même si les symptômes étaient pris pour fondement d'une classification nosologique (1).

M. le docteur Scbina est le seul auteur, à ma connaissance, qui ait tenté de soumettre lesmaladies du cœur aune classification fondée sur leur nature. 11 les a divisées en deux ordres, dont chacun renferme deux classes. La première classe comprend les'maladies dynamiques (apparente/nente dinamiche) ; la seconde, les maladies organiques avec prédominance dynamique [organiche con predominio'dinajnico); la troisième , les maladies dynamiques avec prédominance organique [dinamiche con predominio orqanico) ; la qua- Irième, lesmaladies simplement organiques {s emplie emente organiche) .

Entre les deux premières et entre les deux dernières classes, l'auteur a placé un genre mixte : celui qui se trouve entre les deux premières classes est consacré aux maladies dynamico-organiques avec prédominance dynamique [dinamïco^organiche con predominio dinamico) , le genre intermédiaire aux deux dernières classes embrasse les maladies dynamico-organiques avec prédominance organique (dtnamico-organiche con predominio orgattico).

Cette classification n'est pas aussi claire qu'on pourrait ledésirer, et les espèces comprises dans chaque classe et ■dans les deux genres mixtes, -n'ont pas toujours été, ce nous semble, distribuées d'une wianière bien méthodique. Ainsi, par exemple, l'inflammation se trouve à la fois et dans la première classe, et dans la troisième, et

(1) On peut bien classer les symptômes et les caractères anatomiques des maladies, mais entre cette classification et un véritable système nosologique, il y a une immense différence.

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