‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 88 sur 142 · DURER ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

DURER ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR

essentiellement différentes, selon qu'elles étaient aiguës ou chroniques : je veux dire que Corvisart enseignait qu'on ne peut pas , à la vérité , nommer organiques la péricardite et r inflammation du cœur à l'état aigu, et qu'on devait, au contraire, appliquer cette dénomination aux mêmes maladies à l'état chronique. En effet, si la péricardite et la cardite aiguës ne méritent pas d'être rangées dans la classe des maladies organiques aiguës du cœur, à quelles autres maladies Corvisart réservera-t-il cette place ? « à quelques «ruptures partielles, semblables à celle dont il a donné un «exemple, ou d'autres analogues.» [Ouv. cit., pag. 4o6.) Voilà pourtant la singulière conclusion à laquelle ce grand médecin a été logiquement réduit, pour avoir classé et défini comme il l'a fait les inflammations du cœur.

Ln esprit de cette trempe ne pouvait manquer de s'apercevoir qu'il y avait quelque chose de choquant à ne placer dans la classe des maladies organiques aiguës du cœur que quelques ruptures partielles de cet organe, telles que celle dont il a rapporté une observation, ou d'autres analogues. Aussi s'est-il empressé de citer deux cas de maladie organique du cœur, autres qu'une rupture, dans lesquels les symptômes ont affecté une marche aiguë. Malheureusement, Corvisart ne s'explique point sur l'espèce ou la nature de ces maladies, ainsi que le prouvera la citation du passage suivant de son ouvrage : « J'ai vu dernièrement, dit-il, un «homme d'environ 76 ans, succomber en quatorze jours à «tous les signes et à tous les symptômes d'une véritable » maladie organique du cœur (1), sans le moindre indice «antécédent de cette affection.

« J'ai vu encore , poursuit-il , un homme âgé de 55 ans,

«qui avait toujours joui d'une bonne santé , éprouver

«l'invasion subite d'une affection organique du cœur (2) ,

(1) Laquelle?

(2) Laquelle encore ?

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» accompagnée sur-le-champ des symptômes les plus manifestes et les plus graves : il y succomba au bout de cinq »mois. » (Oiw. cit., pag. 4o(i.)

Corvisart n'ayant point exposé les symptômes observés dans les deux cas qu'il a cités , polir montrer des exemples de la marche aiguë des maladies organiques du cœur autres que les inflammations de cet organe, il est tout-à-fait impossible ( il n'est pas fait mention de l'ouverture des corps) de savoir positivement à quelle catégorie de maladies il faut rapporter ces deux cas. Mais les faits nombreux que j'ai recueillis, depuis huit années, sur les maladies vraiment aiguës du cœur, me portent à croire qu'il existait chez les deux sujets observés par Corvisart, soit une péricardite ou Une cardite, maladies dont le diagnostic, de l'aveu de cet illustre auteur, était encore alors enveloppé d'épaisses ténèbres , soit plutôt une endocardite , maladie qui n'était pas alors connue , même de Corvisart.

D'un autre côté , en plaçant la péricardite et la cardite chroniques parmi les maladies organiques du ccôur, et en excluant de celte catégorie les mêmes maladies à l'état aigu , Corvisart frappait d'un coup imprévu sa division des maladies organiques du cœur en aiguës et en chroniques. Car comment la péricardite et la cardile, qui, pour avoir en quelque sorte le droit de siéger parmi les maladies orjganiques, doivent êlre nécessairement chroniques , auraientelles pu revêtir les deux formes assignées par Corvisart aux maladies organiques dd cœur (1) ?

(1) Au reste, je suis obligé de relever ici une contradiction que la rapidité avec laquelle Corvisart a dû composer son ouvrage ne lui a sans doute pas permis d'apercevoir. Après avoir formellement établi, comme nous venons de le voirt que les maladies organiques du cœur peuvent être dislinguées en aiguës et chroniques, il pose en principe, un peu plus loin , « que les ma- » ladies aiguës du cœur ne peuvent pas être rigoureusement placées dans le rang » des maladies organiques » ( p. 417). Il ajoute que les maladies qu'il appelle aiguës , sont la péricardite aiguë et la cardile, et, dans une note précédente, il

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