‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 89 sur 142 · DURÉE ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

DURÉE ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR

Les fails particuliers que nous rapporterons clans le cours de cet ouvrage pourront seuls nous fournir quelques données approximatives sur la durée des maladies aiguës et chroniques du cœur. Nous verrons alors que, pour le calcul de celte durée, il faut prendre en sérieuse considération les moyens employés contre la maladie , l'âge , le tempérament du sujet, les complications , etc., etc.

Je ne puis trop insister sur lanécessitéde tenir le compte le plus sérieux du mode de traitement quand il s'agit d'apprécier la durée des inflammations en général et de celles du cœur en particulier. En effet, depuis huit ans que nous avons mis en pratique une nouvelle formule des émissions sanguines , plus de 2,000 faits sont venus démontrer que nous avions abrégé de plus de moitié la durée de ces maladies, prévenu leur passage à l'état chronique , en même temps que réduit la mortalité presque à zéro.

II. Les différentes terminaisons que peuvent présenter les diverses espèces de maladies comprises dans la catégorie dont nous nous occupons, et spécialement les inflammations , constituent , à n'en point douter, l'une des questions les plus délicates, les plus intéressantes et malheureusement les pluscontroversées de la médecine clinique. Depuis plusieurs années , nous n'avons cessé de la discuter, pour notre part , avec toute la bonne foi et toute l'indépendance dont nous sommes capable, et nous avons la satisfaction de croire que ces discussions n'ont pas été complètement inutiles au succès de la bonne cause. Toutefois , la conviction n'a pas encore pénétré clans tous les esprits, et l'on ne saurait trop redoubler d'efforts pour le triomphe plein et entier de la vérité.

Nous avons dit, et tout le monde en convient, cjue les

déclare que « ce mot aicju ne doit s'entendre que par rapport à la rapidité de » l'invasion ou de la marc lie , et non par rapport à la nature inflammatoire a (p. 40G). On voit que Corvisart s'est un peu écarté ici de cet esprit de précision et de clarté qu'il possédait à un si haut degré.

inflammations aiguës du cœur , comme celles de lous les organes en général, pouvaient , dans certaines circonstances, se transformer en inflammations chroniques. Pour avoir une idée large et complète de toutes les terminaisons des inflammations aiguës des divers tissus du cœur, considérées sous le point de vue de l'anatomie pathologique , il est indispensable de suivre d'un œil attentif les altérations ou transformations variables dont sont susceptibles , et les tissus frappés d'inflammation, etles produits sécrétés anormalement sous l'influence de cette sorte d'opération morbide. C'est en suivant cette méthode , à la fois pratique et philosophique ; c'est en se conformant aux lois les plus évidentes de la saine observation, en se dégageant de tout esprit de système, que l'on parvient, sans rapprochement forcé, à rattacher aux effets d'une inflammation actuelle ou passée , certaines productions accidentelles ou organiques du cœur, qui , jusque là, avaient été regardées comme des maladies absolument indépendantes de tout travail inflammatoire , soit aigu, soit chronique (i). Certes, et cet ouvrage en fait foi , je n'ai point négligé l'étude des maladies qui ne sont nullement le résultat d'un processus inflammatoire quelconque ; je n'ai point dit ni écrit, ainsi que l'a prétendu Laënnec, que maladie et inflammation fussent deux mots synonymes , identiques ; je crois même avoir multiplié autant et plus que Laënnec les classes et espèces

(1) Je dis certaines productions accidentelles, et non pas toutes les productions accidentelles. Sans cette réserve expresse que j'ai faite en tout temps, on pourrait m'imputer l'absurde pensée de placer aussi au rang des productions consécutives à l'inflammation, non seulement les calculs urinaires, mais les vers, mais les insectes divers, qui se développent accidentellement dans certaines régions du corps.

Je n'ignore pas que quelques personnes m'ont, en effet, accusé d'avoir soutenu que toutes les productions accidentelles indistinctement étaient un résultat de l'inflammation. Mais qu'est-ce que cela prouve, sinon que ces personnes m'ont fait dire en cette occasion ce que je n'avais jamais dit?

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