‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 90 sur 142 · DURÉE ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

DURÉE ET TERMINAISONS DES MALADIES DU COEUR

de maladies. Mais de ce que le cœur, de même que tous les autres organes, n'est que trop susceptible de plusieurs modes morbides très différents, il ne s'ensuit pas nécessairement, je pense, que l'inflammation prolongée de la membrane interne de cet organe et du tissu fibreux sur lequel elle se déploie en certains points, ne puisse donner lieu à l'épaississement, à l'induration, aux végétations des valvules, ainsi que je me suis efforcé de le démontrer il y a plus de dix ans, et comme je le démontrerai plus amplement encore dans ce nouvel ouvrage. Ce rapprochement, d'ailleurs, ou si l'on veut celle théorie , n'a dû me coûter qu'un peu d'exercice du plus vulgaire esprit d'induction , et je suis loin de m'en glorifier. Mais j'ai du moins quelque droit d'être surpris de l'opposition qu'a fait éclater une doctrine si simple , si facile , et aussi claire en quelque sorte que la lumière du jour. Quoi ! ce rapport est si palpable, si évident, qu'il n'est point d'esprit assez dépourvu de pénétration pour ne le pas saisir immédiatement, et cependant ce n'est , au fond , que pour l'avoir signalé , que , de toutes parts , on s'est écrié que je voyais partout l'inflammation , et que je ne voyais rien autre chose ! Que la paix soit donc signée désormais , et qu'il me soit permis de ne plus craindre d'être accusé de vouloir substituer le mot inflammation à celui de maladie , lorsque je dirai qu'à la suite de l'inflammation du tissu séro-fibreux des cavités du cœur, il peut s'opérer diverses productions accidentelles , analogues à celles que déterminent si souvent la pleurésie et la péricardite. J'ajoute , pour bien faire comprendre ma pensée, que les productions dont il s'agit sont, jusqu'à un certain point, pour les maladies indiquées, ce qu'est la cicatrice pour une plaie et un ulcère; et que conséquemment de même que la présence d'une cicatrice suppose l'existence antécédente d'une ulcération ou d'une plaie , de même aussi , quand on rencontre les productions auxquelles nous faisons actuellement allusion, on peut avancer qu'elles ont

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été précédées d'une inflammation, dont elles ne sont que les reliquats , et si j'ose m'exprimer ainsi, que la cicatrice.

Je ne puis entrer ici dans des détails qu'il faut réserver pour l'histoire spéciale des inflammations du cœur. Mais je ne veux pas terminer ce sujet sans citer celte sentence de Corvisart, que je conseille à nos adversaires de vouloir Lien méditer : « Les maladies du cœur auxquelles je donne » le nom de chroniques organiques sont presque toutes des pw » duits , des suites ou des dégénérescences des inflammations » aiguës ( 1 ) . »

Corvisart , il est vrai , et je m'empresse de le déclarer, n'a point placé parmi les lésions chroniques organiques, c'est-àdire parmi les suites des inflammations du cœur, les adhérences de la memhrane interne de ce viscère , les végétations et l'induration des valvules; mais il ne faut pas oublier que Corvisart ignorait complètement l'inflammation aiguë de l'enveloppe dont il s'agit (endocarde). S'il l'eût bien connue, s'il l'eût bien suivie comme la péricardite dans toutes ses périodes, s'il en eût observé toutes les terminaisons , les rapports par lesquels les lésions organiques ci-dessus indiquées se rattachent à l'endocardite n'eussent point échappé à sa profonde sagacité, à son coup d'œil sûr et perçant, et il n'eût pas laissé à ses successeurs le facile accomplissement de ce nouveau progrès de clinique philosophique et rationnelle (2).

(1) Ouvrage cité, page 421.

(2) Ainsi que je l'ai dit métaphoriquement dans un autre ouvrage : filles de l'inflammation, certaines productions accidentelles peuvent survivre à leur mère, et développer quelquefois, à l'instar de corps étrangers, une autre inflammaTion. En tout cas, une fois organisées, ces productions, abandonnées à elles-mêmes, vivent de leur propre vie sur l'organe où elles se trouvent greffées, et s'il m'est permis de continuer la métaphore dont je me suis servi plus haut, elles ressemblent, jusqu'à un certain point, au produit de la conception qui, tout en empruntant à la mère les principes de sa vie intra-ulérine , ne les convertit pas moins en sa propre substance en vertu

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