‹ Traitâe clinique des maladies du cœur (volume 2)Chapitre 91 sur 142 · DURÉE ET TERMINAISONS TES MALADIES DU COEUR · texte numérisé non relu

DURÉE ET TERMINAISONS TES MALADIES DU COEUR

III. La marche de la plupart des maladies du cœur, considérées sous le point de vue du type, est le plus ordinairement continue. Quelques unes affectent le type intermittent : ce sont les névroses de cet organe. Corvisart semble néanmoins porté à croire que les maladies organiques de cet organe elles-mêmes peuvent revêtir ce type. Après avoir tracé les différents degrés par lesquels passent, d'une manière continue, ces dernières maladies, il ajoute : « Il est «cependant des cas où elles sont marquées par des pa- »roxysmes semblables entre eux, et qui se renouvellent » avec une périodicité assez régulière pour qu'on puisse les «confondre avec certaines affections qui ont des accès périodiques, comme, par exemple, l'asthme. » Corvisart rapporte à l'appui de son opinion l'observation singulière (je me sers de son expression) d'un anévrisme de l'aorte, dont les symptômes avaient beaucoup d'analogie avec ceux de l'asthme convulsif.

Je ne pense pas qu'on puisse rigoureusement admettre que les maladies essentiellement organiques du cœur soient susceptibles de marcher sous le type intermittent. Ce serait même une sorte de contradiction dans les termes que l'admission d'une telle possibilité (1). J'aime mieux croire

d'un pouvoir qui lui est. inhérent. Lorsque la matière plastique et pour ainsi diret'idWe, sécrétée par l'effet de l'inflammation et fécondée parles tissus sur lesquels elle s'est déposée , jouit décidément de la vie , elle constitue un nouvel organe dont la durée n'a le plus souvent d'autre terme que celui de la durée de l'individu lui-même. Toutefois, ces organes ou productions parasites sont soumis, dans leur nutrition et leur développement, à quelques lois particulières qui peuvent, dans certains cas, en hâter la destruction et la mort, sans que les grandes fonctions en éprouvent un notable dommage.

(I) Je dis que ce serait une contradiction dans les termes, car, d'après la définition de Corvis.irt, une maladie organique est, comme nous l'avons vu, une dé(jéné ration de la condition naturelle d'un organe ou d'une de ses parties, suffisante pour que l'action facile , régulière et constante de cet organe, en soit lésée ou dérangée d'une manière sensible et permanente , c'est-à-dire par conséquent CONTlSUK ET NON INTERMITTENTE.

33a MALADIES DU COEUR EN GENERAL.

qu'elles peuvent, dans certains cas, coexister avec une névrose intermittente du cœur, et présenter ainsi, à la faveur de cette maladie surajoutée , la fausse apparence d'une périodicité , d'une intermittence qui leur soit propre. Mais si l'intermittence réelle est incompatible avec les véritables maladies organiques du cœur , dégagées de toute complication purement nerveuse, il n'en est pas de même de la rémiltence , sous cette condition toutefois que la rémittence elle-même n'est point alors soumise à cette loi de régularité qui la distingue dans les fièvres, assez rare d'ailleurs, dont elle constitue le caractère typique. Il n'est aucun observateur, un peu versé dans l'étude clinique des maladies organiques du cœur, qui ne sache combien il est fréquent de voir les symptômes de ces maladies présenter des paroxysmes plus ou moins violents , soit sans cause connue et appréciable, soit à la suite d'un excès de régime, d'un exercice forcé , d'une vive affection morale , de certaines constitutions atmosphériques , etc., etc.

ARTICLE SIXIEME

Page 1