‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 108 sur 125 · ABSENCE DE CERTAINES PARTIES DU COEUR · texte numérisé non relu

ABSENCE DE CERTAINES PARTIES DU COEUR

tion dans son Traité des maladies du cœur. M. Breschet en a recueilli un exemple (1).

OBSERVATIONS {89 et 490*.

Le docteur Turner a publié un cas dans lequel les deux oreillettes manquaient. {Journal général de Médecine, t. XCVI,p. 55.)

M. Destrés a communiqué à l'Académie royale de médecine un exemple d'imperfection du cœur, que je vais rapporter.

(J) On ne saurait trop répéter que beaucoup de faits relatifs aux monstruosités en général , et à celles du cœur en particulier, ne doivent être admis qu'avec une grande défiance, ou devraient même être considérés comme faux ou mal observés. Ces réflexions s'appliquent au fait suivant , qui a été publié par M. Mauran ( the american Journal ofthe Médical Sciences ).

a Le 19 mars 1827, je fus appelé, dit M. Mauran, pour examiner un enfant » nouveau-né, qui, quoique petit, paraissait sain. Il respirait assez bien, mais b aussitôt qu'on le changeait de position, il éprouvait la plus grande difficulté » à crier et à respirer, etc. Une dizaine de jours après, la mort eut lieu dan« » un accès de suffocation.

» L'ouverture fut faite quinze heures après la morl. Le cœur n'offrait que » deux divisions, dont l'une était formée par l'oreillette 1res développée , située à » gauche et remplie d'un sang noirâtre et fluide... Le ventricule étant ouvert par » une section verticale dirigée du sommet de l'organe vers l'insertion de l'aorte, * on s'aperçut qu'il n'y avait évidemment qu'une oreillette et un ventricule commuât niquant par une large ouverture au pourtour de laquelle existait une valvule tri- » cuspide. L'artère pulmonaire naissant du ventricule par un tronc commun avec » l'aorte au côté gauche, passait en arrière, fournissait ses branches accoutumées, » et h canal artériel s'ouvrait dans l'aorte descendante , tandis qu'il était oblitéré » à son insertion au ventricule , où il formait un véritable cul-de-sac. Le ventri- » cule avait la forme d'un triangle dont l'angle supérieur donnait naissance à » l'aorte , qui , du reste , présentait ses divisions ordinaires. »

M. Mauran ne dit rien du mode de disposition et d'insertion des veines caves et des veines pulmonaires. Dans les réflexions jointes à son observation , il dit que l'artère pulmonaire était oblitérée près du cœur.

Qu'un enfant dont l'artère pulmonaire était oblitérée, dont le cœur n'avait qu'une oreillette et un ventricule, ait vécu pendant une quinzaine de jours, respirant assez bien , paraissant sain , voilà certainement un de ces prodiges dont il est permis au moins de s'étonner un peu !

Chez un fœtus monstrueux, né à cinq mois et demi, on trouva ce qui suit :

Le cœur, très volumineux, était situé à droite , la pointe sous les fausses côtes de ce côt^, la base répondant aux vertèbres. Il n'y avait qu'une oreillette communiquant avec les deux ventricules. Les veines pulmonaires s'ouvraient directement dans le ventricule gauche. Le ventricule droit n'avait pas de valvule triglochine ; le gauche, pas de valvule mitrale. Les artères aorte et pulmonaire étaient sans valvules sigmoïdes. La première de ces deux artères , après avoir donné le tronc brachiocéphalique , la carotide gauche et le canal artériel, se terminait par la sous-clavière gauche. C'était l'artère pulmonaire, qui, après avoir donné de gros rameaux aux poumons, et reçu le canal artériel, montait devant l'aorte au sommet de la cavité gauche du thorax, puis, se recourbant le long du rachis , fournissait les mésentériques, la splénique, l'hépatique, les rénales, les crurales, et se terminait par les artères omï/ïïicales.

Le côté gauche de la poitrine était occupé par l'estomac et les intestins grêles (1). La moitié gauche du diaphragme n'existait pas, etc. (2).

A l'occasion des cœurs pourvus d'une simple oreillette et d'un seul ventricule , M. Isid. Geoffroy-Saint-Hilaire dit que, dans tous les faits de ce dernier genre, il existe, à parler rigoureusement, une large communication entre les

(1) Là se trouve sans doute la cause véritable du déplacement du cœur à droite.

(2) Dans les cas d'imperfection du cœur que nous venons de rapporter, cet organe offre chez l'homme la plus grande analogie avec celui d'animaux des classes inférieures. De la, cette loi fameuse que chez l'homme, le cœur, dans le cours de son évolution , offre successivement et Iransitoirement diverses dispositions qui sont permanentes dans les animaux vertébrés inférieurs. S'il en était réellement ainsi , ce qui ne me paraît pas encore rigoureusement démontré, on aurait reproduit, sous une nouvelle forme, il est vrai, l'idée de la ressemblance des monstres humains avec les bêtes.

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deux oreillettes et les deux ventricules , et qu'il ne manque aucune partie , la cloison exceptée ; « peul-èlre , ajoute-l-il, » en est-il de même du cas de Turner, d'ailleurs trop mal » décrit et trop peu authentique pour mériter aucune con- » fiance ^1). >

III. Dans un cas rapporté ci-avant toutes les valvules du cœur manquaient.

Deux autres de nos observations sont relatives à l'absence d'une des valvules de l'artère pulmonaire. Dans un de ces cas, les deux valvules restantes étaient placées transversalement, une antérieure, une postérieure; elles étaient très larges, et formaient entre elles et le calibre de l'artère deux culs-de-sac très profonds.

IV. Dans quelques cas de hernie du cœur, cet organe est dépourvu de péricarde. M. Breschet a déposé dans les cabinets de la Faculté une pièce représentant ce dernier vice d'organisation. Des faits semblables ont été observés par divers auteurs.

Régis rapporte qu'il a disséqué deux petits chiens qui, en naissant , offraient le genre de lésion qui nous occupe. {Journal des savants , 1681.)

Je vais rapporter dans la note ci-dessous un cas d'absence du péricarde, dans lequel on trouvera des circonstances tellement incroyables, qu'on sera véritablement étonné qu'un pareil fait , d'abord publié dans un journal américain (The american journal of the médical sciences , février 1 855), ait pu être reproduit dans plusieurs journaux français, sans un seul mot de critique (2).

(1) Suivant quelques observateurs tels que Billard, p?.r exemple, « au lieu » de rencontrer une absence complète d'une des moitiés latérales du cœur, » on ne trouve quelquefois qu'une scissure profonde entre les deux venlri- » cules , dont l'un , beaucoup plus petit que l'autre , semble avu'r été arrêté » dans son développement.» {Traité des mnlad.des en/Unis. Paris, 1S37, p. 603.)

(2) En 1828, M. Robinson, de Péter.~burg (Virginie), fut appelé auprès d'une femme qui venait d'accoucher. Oi lui présenta un fœtus a terme, né

ARTICLE DEUXIÈME

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