Diminution considérable du rhumatisme des genoux
(1) Au lieu des ventouses que j'avais prescrites, on appliqua 60 sangsues aux senoux.
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(la circonférence du gauche n'est plus que de 1 2 pouc 6 lig. (35o mill.) et celle du droit de i3 pouces (5G4 mill.); persistance de V hémiplégie avec forte déviation de la bouche à gauche , et demi-occlusion de l'œil gauche ; pouls à 92 , ferme et dur. {Sinapismes ; un bouillon.)
3o. Le malade se découvre à chaque instant et s'est enrhumé ; les articulations sont en hon état ; pas de contracture notable des membres paralysés; bouche moins déviée; parole conservée ; pouls à 96.
irr et 2 décembre. Occlusion de Vœil gauche; quelques fourmillements et de la raideur dans le bras paralysé; le malade remue bien la langue; il peut siffler; il voit bien des deux yeux ; quelques hallucinations par intervalles ; alors il ne sait pas où il est, et on observe un peu d'incohérence dans les idées ; pouls a 100.
Looch avec thridace ; bouillon ; un biscuit, avec eau rougie. (Le a on donne un grain d'émétique dans un pot de bouillon de veau.)
3, 4» 5 et 6. Amaigrissement notable ; selles liquides rendues dans le lit ; crampes dans les membres paralysés ; immobilité du membre inférieur et léger mouvement volontaire dans le supérieur ; la langue se sèche ; soif vive ; haleine fétide ; pouls de 84 à 92. (£Vm de riz, sirop de coings; lavement avec amidon; bouillon et soupe,.)
7, 8 et 9. Fourmillements douloureux dans le côté paralysé ; les selles sont rendues dans le lit, toujours diarrhéiques; pouls à 116-120.
10 et 11. Peu de changement.
12 et i3. D'énormes escarres sont constatées à la cuisse et au sacrum. [Chlorure et quinquina pour pansement.)
i4» i5 et 16. Le malade exhaie une odeur gangreneuse des plus fétides ; par intervalle , un peu de vague dans les idées; délire calme.
17, 18, 19 et 20. Les escarres sont détachées; la diarrhée a diminué; la langue est rougeole pouls à 120, assez fort.
21. On découvre un épanchement à la partie inférieure du côlé gauche de la poitrine (matilé ; souffle bronchique ; égophonie). (Un vésicatoire sur le côté malade.)
Les jours suivants , les escarres augmentent en étendue et en profondeur ; la paralysie persiste ; la faiblesse fait des progrès continuels , et le malade s'éteint le 7 janvier i836, à neuf heures du matin.
Autopsie cadavérique , 24 heures après la mort.
Org. circulât, et respirât. — Adhérences du feuillet pariétal du péricarde avec le feuillet cardiaque : en quelques points des adhérences ont lieu au moyen d'une matière molle, glutineuse , amorphe; partout ailleurs , elles sont constituées par du tissu cellulaire bien organisé ou du tissu celîulo-fibreux ; belle injection avec arborisation et rougeur foncée de la surface du cœur. Cet organe est bien conformé , bien proportionné, mais il participe un peu de l'émaciation générale. Les cavités droites contiennent des concrétions fibrineuses développées avant la mort; les valvules droites sont à l'état normal.
Les ^valvules aortiques ont plus que doublé d'épaisseur, mais sont d'ailleurs bien conformées ; même hypertrophie delà valvule bicuspide ; celle-ci est également bien conformée , si ce n'est quelle s'est un peut rétractée en s' épaississant : elle a une teinte légèrement opaline , et elle est parsemée , surtout à sa face auriculaire , de végétations cornées , cartilagineuses, analogues à de petites verrues , de la grosseur d'un grain de millet ou de chènevis (ces végétations sont évidemment de date très ancienne , et leur première origine remonte très probablement à une endocardite coïncidant avec la première attaque de rhumatisme); les tendons de la valvule bicuspide, hypertrophiés comme elle, sont raccourcis, en sorte que le sommet des colonnes charnues qui les fournissent est très rapproché de la valvule (1).
(1) Par une omission que je ne puis m'expliquer aujourd'hui, il n'est fait aucune mention de l'état de la plèvre et des poumons dans les notes qui
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Centres nerveux. Épancliement considérable de sérosité à la base du crâne ; infiltration et opacité des méninges, de la pie-mère surtout, avec injection capillaire, principalement dans les deux tiers postérieurs de l'hémisphère gauche. Dans cette étendue , la substance cérébrale , dépouillée de ses membranes , est légèrement grenue à sa surface, et fortement ramollie, ce qui lui donne de la ressemblance , sous le rapport de sa consistance , avec une poire pourrie ; cette espèce de pulpe est d'un jaune sale et s'écrase sous la moindre pression ; le ramollissement s'étend à une profondeur de deux pouces , devenant de plus en plus prononcé, et se transformant en un foyer de matière crémeuse à l'union du lobe postérieur avec le lobe moyen. Ce foyer pourrait contenir un petit œuf de poule; on le poursuit dans presque toute l'étendue du lobe moyen , et il ne se termine que vers la scissure de Sylvius ; la partie antérieure du corps strié est saine ; un petit foyer de ramollissement existe dans la partie postérieure.
Réflexions. — Ce malade est l'un des premiers , le premier réellement, si je ne me trompe , qui m'ait mis sur la voie de la découverte de la loi de coïncidence de l'endocardite avec le rhumatisme articulaire aigu (endocardite rhumatismale). En effet, ayant ausculté les bruits du cœur chez ce malade , à une époque où il ne restait plus rien du rhumatisme articulaire aigu dont il avait été affecté , je ne fus pas médiocrement surpris de trouver un très beau bruit de soufflet, tel que je l'avais rencontré si souvent dans les cas de lésion organique des valvules avec un certain rétrécissement des orifices du cœur. La santé parfaite dont jouissait le malade avant le développement de son rhumatisme ne permettait pas de soupçonner chez lui la préexistence de la lésion organique des valvules dont je viens de parler.
m'ont été remises par le chef de clinique pour la rédaction de cette observation. J'avais noté moi-même oe qui est relatif à l'état du coeur.
l36 MALADIES DU CŒUR EN PARTICULIER.
Quoi qu'il en soit, profondément frappé de l'existence du bruit de soufflet du cœur chez quelques autres sujets convalescents ou déjà bien guéris d'un rhumatisme articulaire aigu, ce fut alors que je résolus d'explorer attentivement et minutieusement le cœur chez tous les individus atteints d'une pareille maladie ; et de cette exploration naquit, non sans peine, la découverte de la loi de coïncidence de l'endocardite avec le rhumatisme articulaire aigu telle qu'elle a été formulée dans ce Traité.
L'affection encéphalique survenue chez ce sujet n'auraitelle pas, elle aussi, quelque rapport avec le rhumatisme articulaire?
Jeune homme de 22 ans. — A la suite de plusieurs allaques de rhumatisme articulaire aigu , palpitations, double bruit de râpe sec ; claquement sec, parcheminé au second temps , matité très étendue, etc. — Mort. — Végétations verruqueuses, analogues aux poireaux vénériens sur les valvules aortiques et bicuspide qui sont hypertrophiées; adhérences fibro-cartilagineuses du péricarde avec la pointe du cœur ; hypertrophie générale du cœur ; concrétions fibrineuses dans les cavités de cet organe ; emphysème pulmonaire . etc.
Ainfray, âgé de 22 ans, fut admis à la Clinique le 25 mai 1 836 , et couché au n° 22 de la salle Saint-Jeande-Dieu.
D'une constitution lymphatique; peau fine, pâle; cheveux châtains; poitrine étroite.
Il y a huit ans, ce jeune homme fut atteint d'un rhumatisme articulaire aigu, pour lequel il resta alité pendant deux mois. Ce rhumatisme occupa les diverses articulations des membres supérieurs et inférieurs. Pendant son cours, il survint une épistaxis très considérable. Le malade fut saigné une fois , et on lui appliqua vingt-quatre sangsues.
Au bout de deux mois, le malade ne pouvait encore s'habiller seul : il prit alors des bains de vapeur qui le soulagèrent ; mais depuis cette maladie il ne s'est jamais complètement bien porté, et il éprouva des palpitations , des
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étouffements qui augmentèrent beaucoup deux ans environ après la maladie ci-dessus indiquée.
Depuis les six dernières années, il a essuyé, chaque année, plusieurs nouvelles attaques de rhumatisme articulaire qui ne furent combattues que par le repos, des bains et des cataplasmes.
Il y a quatre ans, il fut admis à l'hôpital de la Pitié pour ses battements de cœur. On lui fit une saignée, et il y prit des médicaments dont il ne peut indiquer la composition ni le nom. Au bout de six semaines, il sortit un peu soulagé.
Depuis trois à quatre jours, il s'est manifesté de la douleur et du gonflement aux genoux, et le malade est entré à la clinique de la Charité.
A la visite du 16, voici quel était son état.
Voussure évidente de la région précordiale , dont la matité est de 4 pouces G lignes (120 mill.) verticalement et 4 pouces 7 lignes (122 mill.) transversalement; frémissement vibratoire léger, profond , dans la région des cavités gauches ; on remarque que les rameaux veineux de la région du sein gauche sont très sensiblement plus développés que ceux de la région du sein droit ; la pointe du cœur soulève fortement le cinquième espace intercostal qui est manifestement élargi; les deux bruits du cœur sont remplacés par un double bruit de frottement imitant le bruit de râpe sec , ayant son maximum d'intensité dans la région des cavités gauches; et par intervalles, au deuxième temps des mouvements du cœur, on distingue un bruit de claquement sec, parcheminé ; vers la pointe du cœur, le bruit de frottement isochrone à la systole tend à devenir sibilant ; le double bruit de frottement se propage dans tous les environs de la région précordiale , et on l'entend assez distinctement jusqu'à la partie postérieure du thorax; il me semble que le frottement s'opère à la fois et à la surface du péricarde et surtout aux orifices gauches du cœur.
Pouls tendu, vibrant, régulier, à 88 ; palpitations etétouffement quand le malade marche, surtout en montant ; point d'oedème ; légère teinte violacée du visage , et particulièrement des lèvres.
Bonne résonnance dans les deux côtés de la poitrine ; le murmure vésiculaire est accompagné d'un léger râle crépitant, fin , sec , à la partie inférieure de la région postérieure de la poitrine; 20 inspirations par minute.
Peau sèche , d'une chaleur modérée , température abdominale à 35° ; rien de notable du côté du ventre : le foie ne dépasse pas notablement le rebord cartilagineux des côtes ; point de céphalalgie ; sommeil assez calme.
Diagnostic. — Lésion organique des valvules du cœur avec énorme hypertrophie de cet organe (16 à 20 onces ou 5oo à 625 gram.); le tout suite d' endo-péricardite rhumatismale.
Prescription. — Saignée 3 pal/.; till. orang. sir. gom.; pot. gom. poudre digit. 3 décigr. ; lav. émoll.; 5 bouill.; 1 crème de riz.