‹ Traitâe clinique des maladies du cœurChapitre 27 sur 125 · PARTOUT OU IL EST FRAPPE D'INFLAMMATION , CE TISSU TEND A PASSER A · texte numérisé non relu

PARTOUT OU IL EST FRAPPE D'INFLAMMATION , CE TISSU TEND A PASSER A

« l'état cartilagineux ou osskux. Ces diverses altérations ont pour effet » commun de rétrécir les divers orifices du cœur, de s'opposer au libre jeu >■ des valvules, et, par conséquent, de gêner le cours du sang... Ainsi donc » un.grand nombre de rétrécissements des différents orifices du cœur, pro- » duits soit par des végétations qui recouvrent la membrane , soit par des «concrétions cartilagineuses ou osseuses qui la soulèvent, reconnaissent » pour point de départ une inflammation aiguë ou chronique de la mem- » brane qui tapisse les cavités du cœur. » (Andral, Clin, médicale, t. Ier, p. 53-56 ;<J<M. de 1829.)

On le voit, les idées de M. Andral sont au fond exactement les mêmes que les nôtres.

HISTOIRE GÉNÉRALE DR l'en OOCARDITE. 320,

seule et môme maladie, que les formes variées sous lesquelles peut se révéler en quelque sorte l'endocardite aux diverses périodes, aux divers âges de sa complète évolution. Nous pouvons hasarder quelques mots maintenant du mode de développement et d'accroissement des produits accidentels dont nous avons en quelque sorte découvert la cause primitive, originelle , c'est-à-dire l'acte générateur. Toutefois, ce ne serait pas ici le lieu de trop s'appesantir sur ce point de patliogénie ou d'organogénie anormale (1).

Les lois qui président à la formation et au développement des produits accidentels, des tissus anormaux, n'étant qu'une modification de celles auxquelles sont soumis la formation et le développement des tissus normaux, il est évident que la connaissance de celles-ci doit jeter une vive lumière sur la connaissance des autres. Malheureusement le mécanisme de la génération , du développement et de la nutrition des tissus normaux est encore enveloppé d'épaisses ténèbres. A défaut de notions précises sur la nature intime de cette opération vitale , exposons celles que nous possédons sur quelques unes de ses conditions observables.

Quel que soit en lui-même l'acte qui régit le développement d'un tissu ou d'un organe quelconque , il ne peut s'accomplir qu'a la condition d'une circulation dans ce tissu, dans cet organe. Aussi les observateurs ont-ils remarqué que plus l'afflux actif au sang y était considérable , plus le mouvement nutritif était rapide. C'est, par exemple, ce qu'on a observé en étudiant l'acte de l'ostéogénie. Le sang que la circulation fournit à l'organe qui croît et se développe, est en effet la source des matériaux de cet accroissement et de ce développement, et ces matériaux diffèrent selon la nature du tissu ou de l'organe dont on

(1) Dans un Système de médecine exacte •', que nous nous proposons de publier, nous tâcherons de traiter cette question avec tous les développements qu'elle comporte.

étudie l'évolution. Sans cette circonstance, on ne saurait concevoir pourquoi les tissus et les organes ne sont pas partout exactement les mêmes. La raison pour laquelle l'os s'empare de la gélatine et du phosphate calcaire du sang, le foie d'autres éléments, etc., etc., nous est inconnue en elle-même et se perd dans les mystères des affinités vitales électives. Du reste, on admet généralement aujourd'hui que la matière plastique du sang tend en quelque sorte de son propre mouvement à s' 'organiser , quand elle se trouve placée dans des conditions convenables.

Cela posé, voyons jusqu'à quel point on peut appliquer au développement des productions d'origine inflammatoire les considérations précédentes. Qu'est-ce que l'inflammation ? une opération morbide aussi inconnue dans sa nature intime que la nutrition et la sécrétion elles-mêmes, dont elle n'est réellement qu'une modification. Quels sont les principaux phénomènes qui se passent au moment où cette opération morbide s'accomplit dans toute son énergie ? une congestion active , un afïlux de sang plus considérable qu'à l'état normal , un développement insolite de l'organe, une sécrétion qui diffère à la fois de la sécrétion normale et par la quantité et par la qualité du produit qui en résulte. Au sein de ce produit existe une matière plastique , contenant , comme nous l'avons vu , le germe de l'organisation, et qui s'organisera effectivement, si certaines circonstances extérieures ne viennent pas troubler l'exercice du nisus formativus. Mais il est clair comme le jour que le tissu qui s'organisera et se développera dans la partie qui , jouant pour ainsi dire le rôle de matrice , a reçu le sécrétant accidentel où résident les rudiments d'un tissu de nouvelle formation; il est évident, disons-nous, que ce tissu offrira des différences selon la nature, la composition de la partie enflammée , de même que dans l'évolution normale les produits de cette évolution varient selon la nature des organes où elle s'opère. De là , ces nombreuses

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